20 ans que la Réalité virtuelle s’expose à Laval et au monde

 

lettrelnew-11.jpg Le vertige ! 9000 m² pour 315 exposants ! Une fois encore, la ville de Laval a accueilli sur la place de Hercé, des exposants issus du monde universitaire ou de l’entreprise en provenance des quatre coins du monde, États-Unis et Chine inclus. Une fois encore, avec une certaine gourmandise, leglob-journal a arpenté les allées de Laval Virtual à la recherche de pépites. Voici des coups de cœur, avec toute la partialité qui l’accompagne.

Par Marrie de Laval

Depuis 1999, le Salon Laval Virtual consacré à la Réalité virtuelle ou augmentée a bien changé ! À ses débuts il se contentait de l’enceinte de la salle polyvalente, et le voici qui déborde sur l’ensemble de la place de Hercé, d’une partie du jardin du musée des Sciences et tente une implantation sur l’esplanade du Château neuf…Quel dommage qu’il n’existe pas un lieu unique et que le Laval Virtual Center de la Technopôle ne permette pas de regrouper les lieux de formation avec ceux du Salon, couplé à une facilité d’accès et de stationnement !

Toujours du « camping »!

A Ferrié, dans l’ancien casernement militaire, le projet de la cité virtuelle de la municipalité Garot prévoyait tous ces équipements, en un lieu unique. Avec des salles de conférences modulables. Le système de passerelle, entre la Place de Hercé et le Musée des Sciences, pour éviter de sortir de l’enceinte du Salon, tout performant qu’il soit, ne facilite pas l’accès aux personnes à la mobilité réduite. Bien des visiteurs ont préféré renoncer et quelques uns étaient très déçu de l’extrême dépouillement du pavillon réservé aux étudiants «une version cheap», alors que certains seront peut-être de futurs exposants. Sans parler de l’absence de bilinguisme sur la signalisation, les “flyers” et autres cartes de repérage, privilégiant la langue anglaise au détriment de la langue française, ce qui a eu le don d’agacer les « autochtones ».

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Pour cette dix-neuvième édition du salon, les halls d’exposition s’organisaient en un ordonnancement thématique. Il était malgré tout possible de s’y perdre, hélas. 20 ans de réalité virtuelle en 19 salons à Laval et bientôt deux ans d’implantation en Asie. Mais toujours du « camping »!

 

 

lavalvirtualbandeau2018icarus.jpgCurieusement, cette année, sur les cinq participants qui ont retenu notre attention, trois privilégient la lumière comme vecteur d’information tandis que les deux autres relèvent de l’immersion avec casques. Évidemment, l’attraction phare et remarquable était l’immersion, au propre comme au figuré, avec des dauphins, proposée par le dolphin swim club, une association venue des Pays-Bas.

Si tout le monde s’extasie sur l’effet bluffant de l’immersion et ses possibilités thérapeutiques, il est tout aussi intéressant de se pencher sur les contraintes techniques rencontrées. Tout d’abord avec la mise en eau de l’aquarium démontable.

Avez-vous remarqué l’épaisseur des parois pour résister à la pression de l’eau, ainsi que l’absence de déformation en regardant à travers les « fenêtres » pour observer les baigneurs ? Et la capacité du téléphone étanche ? Parce que tous ceux qui ont vu tomber leur smartphone dans des liquides n’ont pas eu le même bonheur !

Le Jeu de L’allumeur de réverbères

Honneur aux primés, avec le jeu de L’allumeur de réverbères réalisé par l’école ATI (Art et Technologie de l’Image), école publique aux enseignements transversaux pour des étudiants aux parcours éclectiques, rattachée à l’université Paris 8. Un jeu qui consiste en une animation interactive projetée sur un mur et est sensible aux interventions extérieures des joueurs. Équipé de buchettes blanches ou rouges, il faut organiser une chemin d’accès aux différentes plateformes pour que l’allumeur de réverbères puisse réanimer les becs de gaz. Le défi, en plus de bien organiser le chemin, est aussi ne pas passer devant le projecteur avec capteurs Kinect qui contrôle la profondeur de champs et la couleur, sous peine de tout éteindre.

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Pour rester dans la projection lumineuse, l’Université de Tokyo, représentée par le jeune étudiant Noriyasu Obushi, proposait un jeu de balles projetées sur un mur. Le public devait alors pousser de la main ces représentations murales qui laissent des sillages, comme un effet de déplacement utilisé dans les dessins animés comiques. Cette façon d’interagir rappelle le projet LightAir du professeur Dzmitry Tsetserukou de l’institut Skoltech près de Moscou, présenté l’an passé.

Chez W.O.L, une récente start-up française encore en rodage, il s’agissait cette fois de proposer une version plus esthétique du célèbre QR code ( « Quick Response Code » ou « code barre 2D » de son vrai nom, “carré magique”, qui se lit par téléphones portables et tablettes ).

Un cube en cristal, facetté au cœur, est installé dans une console de bois précieux qui permet aux visiteurs, à travers la vue d’une application de Réalité augmentée sur un smartphone, de choisir parmi plusieurs pages en orbite autour du cube, de sélectionner un thème ou un produit proposé.

L’effet est surprenant et mérite d’être suivi pour qui veut disposer de bornes interactives originales dans des lieux peu appropriés à accueillir une certaine technologie jugée “trop” fonctionnelle. Il est vrai que le produit promet beaucoup. Sa commercialisation débutera en mai prochain. S’il est prioritairement tourné vers les institutionnels comme les musées ou des Salons, on peut imaginer que les particuliers pourraient y trouver leur compte comme album-photos.

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Enfin, les casques pour simuler la manutention ou la conduite d’engins de la société Alfi; entreprise à la pointe des technologies de simulation. Installée en plein champs, elle démontre qu’il est possible de se poser partout sur le territoire dès lors que la fracture numérique et fibrée disparaît. Tout reste possible. Et sa proposition de formation aux produits qu’elle vend lui vient de remon-tées de terrain.

Une «châtaigne»

Ainsi, un client regrettait que pour des raisons évidentes de sécurité il n’était pas possible de laisser “l’apprenant” faire certains gestes ou certaines manœuvres. Heureusement, par la grâce de la simulation et la Réalité virtuelle, il est possible d’aller jusqu’au bout, et de faire ressentir une « châtaigne », une décharge électrique en cas de mauvaise manipulation. Cela sera plus formateur, comme un enfant qui touche quelque chose de chaud retient mieux que si le parent dit seulement « non! ». Cruel mais formateur.

Cette technologie permet un gain financier pour certaines entreprises vis à vis de ses formateurs maison. Il n’est plus nécessaire de les envoyer en mission sur des sites à travers le monde. Tout se fait par connexion informatique, avec moins de monde.

Le casque pour simuler la manutention ou la conduite d’engins de société

Malgré la diversité des stands d’exposants bien des jeunes visiteurs ont regretté le manque « d’attractions », les files d’attente pour des démonstrations par casques pas toujours répliquées sur des écrans pour partager avec le public.

Alors, évidemment, comme le fait remarquer Marc-Henri Pamiseux allias @marcori53 sur Twitter : «Difficile d’évoquer la VR ou la VA sans mettre casque ou lunette»… Autrement dit comment faire démonstration de Réalité virtuelle ou de Réalité augmentée sans ces accessoires, sachant qu’en plus, c’est un Salon, donc un « truc » de professionnels ?

C’est juste oublier que deux jours sont réservés au public peu au fait des subtilités techniques et qu’il est nécessaire de les convaincre de l’utilité des produits qui seront prochainement mis sur le marché. Le problème est peut-être qu’avec trop « d’accessoires » entre l’utilisateur et l’application, le filtre devient un frein potentiellement générateur de frustration. Le positionnement du salon (professionnel ou grand public) est sans doute à revoir. Attention à l’accessoire qui pourrait à force devenir superflu?

(c) Photo leglob-journal

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