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Les journalistes ? Des “empêcheurs de tourner en rond” ! Souvent, ils sont souvent perçus comme tels ! C’est le cas, pour certains, de ceux qui sont retenus en Afghanistan depuis le 30 décembre dernier. Et cela ne s’est pas arrangé depuis la promulgation de la Loi sur la Presse en 1881.

- Par leglob-journal.fr

Des journalistes français qui sont partis sur place pour témoigner de ce qui se passe d’autant que la France a engagé des troupes en Afghanistan : 3500 hommes, 41 soldats y sont morts à ce jour. Les forces occidentales et l’armée afghane ont entamé depuis plusieurs mois une offensive à Kandahar contre les insurgés, qui doit monter en puissance cet été. L’objectif de ces opérations est de remettre sous le contrôle du gouvernement afghan cette province-clé dans le bras de fer avec les talibans, dont le mouvement est né à Kandahar.

Aux ordres citoyens ! - Les deux journalistes pourtant aguerris, ont été enlevés sur une route de l’est du pays en compagnie de leur traducteur, leur "fixeur" (celui qui organise les rendez-vous) et leur chauffeur.

Lors des premiers mois de la crise des otages, des déclarations de responsables du gouvernement et de l’Élysée avaient mis en doute le professionnalisme des deux journalistes accusés de s’être mis eux-mêmes en danger. Inédit en France. Et du coup le silence avait entouré leur enlèvement pour « ne pas gêner les pourparlers avec les preneurs d’otages ». Un silence assourdissant relayé par les médias. Comme complices. Même s’ils s’en défendent le plus souvent, ils sont suivistes.

Mafalda, de Quino

Nul organe de presse n’envisagera d’aller à l’encontre de ce qui se dit ou se pense en plus haut lieu ! On n’ose pas déplaire. La pluralité de la presse finit là où commence l’uniformisation de la pensée que l’on qualifie d’unique. Les journalistes disent tous la même chose ou presque au même moment et malheur à celui ou celle qui va à l’encontre de ce qui est écrit par exemple dans les dépêches d’agences. Prière de ne pas diverger.

Propagande ? - L’exemple de Timisoara en décembre 1989, lors de la chute du régime Ceauşescu est symptomatique de ce point de vue. Symptomatique et historique ! Les médias occidentaux, et en particulier français, avaient annoncé quelques centaines de morts, puis jusqu’à 70 000 quelques jours plus tard. On parle alors de « charniers » découvert à Timisoara.

L’horreur ! Et un hebdo faisant l’événement le jeudi titre même le 28 décembre 1989 : « Dracula était communiste  ». L’affaire semble essentiellement due à une compétition des médias entre eux. Chacun reprenant l’information du concurrent en l’amplifiant. Faire tous la même chose au même moment, mais chercher tout de même à se démarquer !

Un phénomène que Pierre Bourdieu a nommé en sociologue « la circulation circulaire de l’information ». Tout est dit ! Finalement, c’est le journal Le Figaro, qui dans son édition du 30 janvier, un mois plus tard, révèle le pot aux roses. Qu’il s’agissait d’un faux, et que les morts montrés à la télévision avaient été déterrés du cimetière de la ville. Bigre !

Ça va mal ! - La force d’un journal ce serait oser se démarquer. Longtemps Le Monde a été un journal avec des Unes en décalage de celles de ses concurrents. Le quotidien du soir s’est d’ailleurs taillé une réputation de sérieux et de référence. Irremplaçable ! Le journalisme est-il fragilisé ? Car actuellement les problèmes financiers sont plus importants que les problèmes éditoriaux.

En 2009, le quotidien Le Monde était diffusé en baisse de plus de 4% par rapport à 2008. Du coup le groupe a enregistré en 2009 une perte nette de plus de 25 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 397 millions d’euros. Pas simple ! Alors, Il faut sauver le quotidien ! Le groupe Le Nouvel Observateur a décidé de voler à son secours. Il est en discussion avec Le Monde pour reprendre l’ensemble du groupe fortement endetté.

Solidarité ? Un quotidien endetté cela suscite également l’intérêt d’autres investisseurs ! Comme l’espagnol Prisa ( qui détient le quotidien El Pais) soutenu financièrement par un fond de pension états-uniens. Le groupe fondé et présidé par Claude Perdriel est actuellement actionnaire à hauteur de moins de 2% du Monde SA, la société qui coiffe l’ensemble du groupe Le Monde. Le Monde SA détient de son côté 6% du Nouvel Observateur. Les temps sont durs pour la Presse qui capte de moins en moins de lecteurs.

La faute aux images des "étranges lucarnes" et l’émergence de l’Internet ? On dit le journalisme en danger. Pourtant selon l’écrivain Albert Camus, le journalisme c’est "le plus beau métier du monde". Camus l’exerça dans Combat, Journal clandestin lié à la Résistance pendant l’occupation allemande. Autre époque.

Dans un éditorial sur Hiroshima en Août 45, il dénonçait déjà le « roman d’anticipation que les journaux nous proposent » les accusant de se livrer à des imaginations farfelues comparables à des romans de science-fiction. Camus fustigeait le caractère superficiel de l’information et l’attrait du sensationnel, la recherche du détail « pittoresque » au détriment du fond qui va avec.

Rien de bien nouveau donc depuis ! Le journalisme, c’est l’un de piliers de la démocratie ! La démocratie ? Simple ! Tant qu’il y aura des journalistes !


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29 juillet 1881 ! La démocratie : tant qu’il y aura des journalistes !

Publié le: 16 mai 2010
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