800 personnes à Laval pour dire : «Votons Liberté, Egalité, Fraternité!»

Dans la foule, des "gens" connus et des anonymes, comme Vous et Elle...

lettrea_big2-10-2.jpgA Laval, près de 800, se sont massés autour du square Boston à Laval pour dire «Non au FN et à ses slogans de haine». Des hommes, des femmes, des enfants, s’étaient placés autour du discours rassembleur de la LDH, la Ligue des Droits de l’Homme, lu par son président en Mayenne Alain Vignier. Et pour finir, des artistes mayennais, comme Archimède, MaeN, et Mazarin avaient répondu présents à l’invitation de la Ligue de l’Enseignement en Mayenne et à l’appel de plusieurs organisations mayennaises. Leglob-journal a choisi de publier le texte du discours qui a été lu sur le square Boston. Pour bien en saisir toutes les nuances 

Par Alain Vignier


A laval, près de 800 personnes pour dire le 7 mai votons Liberté, Egalité, Fraternité!Le 7 mai 2017, pour la seconde fois de notre histoire, le Front National sera présent au deuxième tour de l’élection présidentielle. Au 1er tour son score a même été supérieur à celui du 21 avril 2002.

A laval, près de 800 personnes pour dire le 7 mai votons Liberté, Egalité, Fraternité!

La planète entière et la France avec elle, tous nos frères et nos sœurs en humanité sont confrontés à de formidables défis, écologiques, démographiques, humanitaires, sécuritaires, économiques, sociaux, démocratiques. Ils s’entremêlent.
Les formules politiques traditionnelles font la preuve de leurs limites face à tant de complexité, à tant de menaces.

Alors, la peur est là : peur de l’autre, peur du lendemain, peur de l’inconnu, avec leur cortège de « passions tristes », selon la formule du philosophe Spinoza : le doute systématique, la mélancolie, la colère.

Alors la tentation est grande de croire pouvoir trouver refuge dans le rejet et la haine des « autres  », de l’étranger, dans la xénophobie, l’homophobie, le racisme… Dans les solutions miracles : la fermeture des frontières… Dans un pouvoir autoritaire et brutal… Dans l’usage incantatoire de mots choisis pour faire peur, déclamés sur un ton à faire frémir et d’autant plus effrayants qu’ils sont délibérément imprécis et balancés pêle-mêle pour mobiliser l’émotion et non la raison…

Nous savons bien la somme de tragédies dévastatrices, de guerres, de souffrances épouvantables et sans issue que cela a toujours provoqué et produit encore tous les jours sous nos yeux saturés par les médias et les réseaux sociaux.

Cette tentation, la France y est sans cesse soumise. Chacun de nous, électeur, y est soumis scrutin après scrutin. Le Front National en est la représentation poussée à la caricature, avec la brutalité simpliste et haineuse de ses slogans, avec ses perpétuels ajustements démagogiques au fil de la campagne. Il exploite sans scrupules les sentiments d’injustice et d’abandon éprouvés par bon nombre d’entre nous. Il exploite sans scrupules les dérives de cet exercice difficile qu’est la démocratie. Il en joue pour se rapprocher du pouvoir et mettre la main sur l’Etat.

Ses solutions sont des illusions. Elles n’ont pas encore été « essayées » dit-on. Cela ne leur confère ni légitimité ni aucune force. En matière d’économie, il a même cessé d’argumenter.

Il plonge ses racines dans les pages les plus sombres de notre histoire et il peine à dissimuler les nouvelles pousses qui resurgissent ou sont prêtes à resurgir. Quelques retouches sur les bordures du masque, aux couleurs de « monsieur 4,7% au premier tour », ne changent rien à ce qui est si mal masqué. Il y a quelque chose de diabolique dans cette forme de dédiabolisation.

Jamais, depuis bien longtemps, le bulletin de vote que chacun de nous a déposé ou va déposer dans l’urne n’aura pesé autant qu’en cette année 2017. Le 7 mai 2017, chaque voix comptera pour faire ou pour défaire la République. Les scrutins ont été et vont être si tendus que chaque abstention pourra être regardée comme une défaite de la démocratie.

 

Au deuxième tour de l’élection présidentielle, ce qui est fondamentalement en jeu, ce n’est pas simplement un programme électoral. Les programmes passent et ils s’effilochent au contact des réalités, tandis que le vrai combat continue, dans l’action quotidienne de la société civile, des associations, des syndicats, des partis politiques, à l’école, dans les mobilisations citoyennes de toutes sortes, dans l’action de chacun.

Et puis les élections législatives vont suivre dès le mois de juin. Elles seront d’une extrême importance et chacun aura là une nouvelle occasion de manifester ses préférences de citoyenne, ses préférences de citoyen.

Ce qui est en jeu au deuxième tour de l’élection présidentielle, c’est, sous les regards du monde entier, la République elle-même, son régime démocratique, sa devise Liberté, Egalité, Fraternité.
Sa laïcité, condition de l’absolue liberté de conscience de chacune et de chacun de nous. La République Française, son histoire, ses tourments, sa grandeur et son avenir, son message à l’Europe et au monde. Ce qui est en jeu, c’est que nous puissions continuer le combat pour une vie meilleure et plus juste dans le respect des libertés fondamentales, grâce au respect des libertés fondamentales de tous.

Le groupe Archimède (ici sur la photo), mais aussi MaeN et Mazarin ont chanté
Le groupe Archimède (ici sur la photo), mais aussi MaeN et Mazarin ont chanté

S’abstenir, mettre un bulletin blanc ou nul, n’est-ce pas comme voter Front National ? Chacun de nous s’interroge. Il en a le droit ; il en a le devoir. Mais l’heure est-elle encore à l’indécision ?

Le 7 mai, chacun de nous, propriétaire et responsable de son vote, sera acteur de la défense de la République pour faire reculer les obscurantismes qui ne cessent de vouloir la détruire, de l’extérieur sans doute, mais, maintenant et depuis trop d’années, de l’intérieur, et cela est infiniment plus grave. Ce sont les démocrates qui font la démocratie, ce sont les citoyens qui font la République.

Le 7 mai, votons. Votons pour la République, (si vous voyez ce que je veux dire…)
Votons Liberté, Egalité, Fraternité!

 

(c) Photos leglob-journal

Laisser un commentaire