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Benoit Hamon a du pain sur la planche. Car pour lui le plus dur reste à faire. Le vainqueur de la Primaire (58,71 % face à Manuel Valls 41,29 %), - mais est-ce vraiment une surprise ? - vient de recueillir une légitimité par les urnes, même si 2 millions d’électeurs ne font pas une élection grandeur nature. Hamon va devoir à présent composer à gauche.

Par Thomas H.

D’abord avec le perdant. Manuel Valls. L’homme de la gouvernance, le régalien amoureux de l’ordre, quand Benoit Hamon préfère lui entendre le cœur de la France battre. Valls qui s’est illustré au pouvoir et qui s’est usé globalement pour s’en être servi, parfois à tort, sous le quinquennat de François Hollande, a été éliminé.

La prime au sortant devient donc par les temps qui court contre-productive. C’est la leçon immédiate qu’on peut tirer de ce second tour. Mais aussi des primaires en général, dont certains commencent à dire qu’il faudrait ne plus y avoir recours. Il n’empêche, les habits du pouvoir usés ont été abandonné pour ceux plus neufs et attrayants de la gauche Hamoniste.

Comme l’explique fort bien Michel Sorin dans son analyse, les électeurs cherchent surtout - dans le contexte de très grande incertitude dans lequel est plongé la planète - à éliminer ceux qui ont été aux responsabilités. Pour un ailleurs meilleur. Ce fut le cas pour Valls donc, mais aussi pour Sarkozy, Hollande, Duflot, Renzi en Italie, pour ne citer que ceux-là, sans oublier le Brexit et l’émergence de candidats de l’improbabilité comme Donald Trump.

Ensuite, Benoit Hamon qui s’y est franchement engagé dans son discours au soir de la victoire à la Mutualité se devra donc de se rapprocher de Yannick Jadot (EELV), Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et Pierre Laurent (PCF). Se rapprocher majoritairement surtout de cette France qui se dit « insoumise » mais peut-être aussi d’un mouvement qui semble En Marche forcée.

Il n’a pas le choix, sauf à perdre à tous les coups. Ces deux systèmes politiques qui ont choisi de faire fi des appareils politiques classiques comptent sur les remontées de la base populaire sur laquelle ils s’appuient, pour l’un assoir la victoire, pour l’autre composer un programme au plus près des demandes. Avec son programme social et écologique, qui met l’humain au cœur, Benoit Hamon le candidat PS y parviendra-t-il ?

Car le candidat Macron, fort de la couverture médiatique qui lui est accordée et de l’attrait de la curiosité, attire tel un aimant ; des quidams, des groupes de militants et des personnalités qui n’ont rien franchement de commun entre-eux, ni avec la politique prônée par Benoit Hamont. Des ex-UDI, des encartés à droite qui se disent « progressistes » et même des individus plus à droite encore lui donnent quitus, sans qu’il ne soit possible vraiment de savoir ce qui les motive réellement.

Au sein même du PS, les deux gauches qu’ont dit « irréconciliables » devront trouver les moyens de se parler, sans acrimonie, simplement parce qu’il le faut, car le spectre de l’élimination au second tour, face un choix entre une droite-ultra et l’extrême-droite, est encore présent même si la « casserole » Pénélopegate est passée par là.

Reste aussi comme inconnue, l’attitude de l’ancien rocardien, proche en son temps du rocardien Benoit Hamon qui se trouvait tous les deux dans l’équipe de Michel Rocard avec Manunel Valls, Claude Bartolonne ou Jean-Christophe Cambadélis. Mélenchon, car il s’agit de lui, fait figure d’« animal politique » impétueux. Comme Montebourg et Hamon qui ont stratégiquement choisi de se faire exclure du gouvernement Valls ; rappelons que Mélenchon avait claquer la porte du PS.

Devenu un « insoumis de toujours », Jean-luc Mélenchon se laissera-t-il séduire par le discours de Benoit Hamon, dont il dit que les mots que ce dernier utilise, à des fins électorales - stratégie qui semble avoir été la bonne - sont ceux qu’il emploie lui même, sont ceux issus de sa propre « culture » ?

Une musique de mots et d’idées connue de Jean-Luc Mélenchon qu’il fredonne lui-même avec une certaine efficacité ; une partition peut-être à deux, mais une équation à plusieurs inconnues.

En Mayenne, Benoit Hamon a obtenu 55,71 %, Manuel Valls 44,29%


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À 80 jours du scrutin, une équation à plusieurs inconnues

Publié le: 30 janvier 2017
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