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A Laval, un collège peut-être rayé d’un trait de plume ! Le seul collège public du centre-ville pourrait fermer ses portes à la rentrée 2017 ; si c’est le cas il laissera toute latitude au collège privé L’immaculé conception situé à moins de 500 mètres de récupérer des élèves. Les 300 collégiens véritables « variables d’ajustement économique » devront aller dans un autre établissement. Mais au delà, avec l’annonce déjà bien antérieure de ne pas construire une maison de retraite à Sainte-Suzanne, obligeant, là aussi, les occupants à aller voir ailleurs, c’est bien un style de management, celui du nouveau président succédant à Jean Arthuis qui est remarquable.

- Par Thomas H.

« Nous allons réfléchir à une nouvelle sectorisation pour les collèges » déclarait le président du Conseil départemental de la Mayenne il y a quelques jours. « Il y a trop de collèges et leur taux d’occupation est trop faible. » On entend clairement en filigrane le mot “économie”. Il y a selon Olivier Richefou des travaux à réaliser pour un million d’euros, des travaux importants qui nécessiteront de déménager les élèves sur le long terme, alors autant fermer.

Ce n’est pas nouveau. A Sainte-Suzanne, la maison de retraite ne se fera pas. Là aussi au nom de la « bonne gestion » des deniers publics. Cette décision était annoncée il y a quelques mois par le président du Conseil départemental, épaulé par le Directeur de l’ARS, l’Agence régionale de Santé. Le ticket journalier aurait été trop cher pour les familles, alors autant fermer. Et là aussi, la décision est tombée de façon abrupte, provocant au cours d’une réunion dans la maison de retraite, en présence des parents des pensionnaires, des remous d’incompréhensions et de protestations.

A Laval , au Collège Fernand Puech, les professeurs parlent eux de mépris, de gaspillage et ne comprennent pas : des travaux à hauteur de 400 000 d’euros avaient pourtant été conduits, il n’y a pas si longtemps et ils se demandent finalement comment l’argent public est utilisé. Un jour, on décide de désamianter et de rénover, le lendemain il est question de fermer. La mariée qui appartient à la municipalité de Laval est plus belle maintenant laissent entendre en substance les enseignants.

La FSU, le principal syndicat majoritaire dans l’Éducation nationale « condamne avec la plus grande fermeté » dans un communiqué « la méthode du président du Conseil départemental qui a piétiné la démocratie et le dialogue social le plus basique en laissant les acteurs de la communauté éducative du collège dans la plus totale ignorance de ce projet  ». « Piétiné », le mot est fort.

La FSU s’interroge également sur cette décision de fermeture annoncée. Elle devra être prise par le Préfet après avis du CDEN « alors qu’une classe de 6e va être ouverte à la rentrée prochaine, qu’une nouvelle section sportive va voir le jour et que l’Inspection d’académie n’a pas émis dans les instances paritaires le moindre élément permettant de penser que le collège est en trop, la carte scolaire montrant un regain démographique avec des ouvertures de classes en primaire. » insiste la FSU.

De son coté, l’Unsa Éducation estime que « cette décision est inacceptable (...), la forme utilisée est très contestable (...) la politique suivie jusqu’alors était celle du renforcement du Collège [ NDLR en général] (…) de plus le sujet n’a jamais été abordé, ni dans les conseils d’administration du collège, ni dans lors des CDEN (Conseils départementaux de l’Éducation nationale) où l’Unsa questionne le Département sur d’éventuelles modifications de la sectorisation. (…) » Pour les parents, les enseignants, les syndicats, les élus de l’opposition, il s’agit d’une attaque de front de l’école publique. Au profit de qui ?

Cela dit le président Olivier Richefou est seul maître à bord concernant la gestion des collèges. Rappelons que c’est une des prérogatives du Département ; conséquences de la Loi de Décentralisation qui avait été votée par la gauche sous François Mitterrand alors qu’elle était majoritairement aux manettes dans les Conseils généraux. Mais les temps changent et les stabilités aussi. Le bâtiment qui abrite le collège Fernand Puech appartient à la municipalité de Laval qui a déjà fragilisée la présence du Musée de l’école publique à Laval qui devra s’exiler.

Olivier Richefou connaît bien et "apprécie" le petit monde des fonctionnaires. Et encore moins bien ceux de l’Éducation nationale qui n’aiment que rarement se laisser faire, la preuve. Mais il pense pouvoir les gérer - en tout cas les contourner - comme lorsqu’il était président du Centre de Gestion de la Fonction Publique Territoriale, le CDG 53, le partenaire des collectivités locales pour la gestion des carrières de leurs fonctionnaires territoriaux.

Mais pour gérer correctement, il ne suffit pas de vouloir ou savoir décider, il est nécessaire, semble-t-il de savoir composer. Au Conseil départemental, depuis son arrivée de nombreux personnels ont préféré partir. Aussi, faut-il savoir motiver. Mais somme toute, il est parfois « difficile » de s’installer dans une fonction parfaitement maîtrisée – un peu trop même – par un prédécesseur parti en quête d’Europe, et que finalement beaucoup semble regretter.

Sur place, en Mayenne, Guillaume Garot, réélu conseiller départemental PS, n’a de cesse de monter au créneau depuis que le président Richefou UDI est en haut de la tribune départementale. Sur le dossier par exemple de la route sous le Pont de Pritz qui devrait éviter aux habitants de Changé - une ville près de Laval - les bouchons aux heures de pointe. « il s’agit d’un projet très coûteux, au bas mot de l’ordre de 2 M€ (…) » déclarait-il à l’époque de son annonce par Olivier Richefou. « (…) Le Département ne peut se permettre un tel gaspillage d’argent public (…) le Président du Conseil départemental, ancien maire de Changé, souhaite faire financer par la collectivité départementale un projet [NDLR : de route] dont l’efficacité reste à prouver ». Mélange des genres, disait en quelque sorte l’élu de l’opposition.

Alors bien-sûr gouverner, c’est faire des choix. Mais pour ne pas prêter le flan à des remarques qu’il est possible d’interpréter comme désagréables, il faut ne pas se mettre dans des situations de reproches. Alors, soit on ne fait rien et il sera toujours possible de se se faire critiquer ; soit et c’est une évidence, il faut bien évidemment entreprendre. Mais pas n’importe quoi, ni n’importe comment ! Avant tout, le salut se trouve dans la pédagogie, l’explication, la concertation, le dialogue et l’écoute des intérêts commun, de l’intérêt général, de l’intérêt de chacun, pour finalement prendre des décisions dans l’intérêt de personne en particulier. C’est ça sans doute une bonne gouvernance !


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Publié le: 30 avril 2016
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