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Culture et patrimoine, ou comment la question de la gestion des affaires culturelles sur la ville de Laval pourrait-elle évoluer ? Comment et pourquoi le changement d’hommes peut avoir des répercussions sur la politique culturelle ? Avec deux personnalités bien différentes, celle qui incarnait la culture à Laval et celle qui l’incarnera, on se rend compte que nous avons deux conceptions presque radicalement opposées de l’approche culturelle.

- par Edouard L.

Ainsi Didier Pillon succède à Emmanuel Doreau comme Adjoint à la culture et au Patrimoine. Le premier qui est gérant de l’association Pact Management, proche du milieu entrepreneurial prend donc la place du second, de l’avocat et bâtonnier au barreau de Laval, et défenseur entre autres du milieu associatif ou syndical.

Didier Pillon occupe à présent son bureau à la mairie de Laval. La transition se fait en douceur et le nouveau promu se voit pour le moment dans l’obligation de soutenir publiquement des projets de programmation culturelle menés par l’ancienne majorité. Continuité démocratique oblige ! Il souhaite que les musées sur Laval soient gratuits hors les expositions temporaires.

Un graphisme tout en nuances, tout comme les références canines, témoins d'une certaine qualité programmatique.

Didier Pillon avait juré à qui voulait l’entendre qu’il ne ferait plus de politique depuis son épisode à Château-Gontier où, élu municipal sous la présidence de Philippe Henry, il avait tenté une « opération politique » qui devait en fait le conduire à ne plus siéger dans l’assemblée communale.

Du coup, plus jamais, non ! Promis ! Juré, fini la politique ! Et puis patatras, celui qui fut en 2008 sur la liste de François D’Aubert perdant de belle manière face à un Guillaume Garot « émergent » à l’époque, revient à ses premières amours. Fidèle à nouveau à un François !

Alors fallait-il ne plus répondre à L’appel du désert ? Ou bien revenir sur ces propres positions et se désavouer. Mais « les conseilleurs ne sont pas les payeurs », autrement dit, comme le dit avec sagesse la vox populi, ne faut-il pas se méfier des donneurs de leçons ?

Didier Pillon qui, lit-on sur son profil Linked-in, est un « expert pour le Progrès du Management  » dans l’association Pact Management, a joué un rôle de conseil dans les hautes sphères ministérielles à deux reprises. Il fut employé comme conseiller au cabinet au ministère de l’Économie et des Finances pendant 2 ans de 1995 à 1997 sous la houlette de Jean Arthuis, le Président du Département avec qui, depuis, il a distendu les liens. Auparavant il avait été Conseiller au cabinet du ministère de la justice de 1993 à 1995, s’occupant de la gestion des affaires régionales et réservées du garde de Sceaux, le « grand régional » et maire de Vitré Pierre Méhaignerie.

Alors la culture fera-t-elle le grand écart sur Laval ? À l’image de ces deux hommes, Pillon et Doreau qui sont comme disent les Lavallois «  bien à l’opposé  » ? Ou bien aurons-nous à faire à une certaine stabilité ?

Tenant de la Musique classique et même sacrée pour le premier qui est attaché à des valeurs et des croyances familiales assez fortes, le second Emmanuel Doreau qui aime aussi l’opéra ne s’est pas exonéré de bousculer gentiment mais sûrement l’establishment lavallois en osant par exemple cette exposition longue durée de Clovis Trouille, ce peintre quelque peu Iconoclaste !. Quitte à se faire des ennemis !

Des idées différentes à propos de ce que doit être l’apport culturel, les deux en ont donc manifestement. C’est un peu l’histoire de la carpe et du lapin.

Tout à la présidence du Club d’affaires de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Mayenne, Didier Pillon s’est fait appeler aussi à celle d’Atmosphère 53. L’association qui pilote un Festival de Cinéma en Mayenne donne à voir des courts et des longs métrages chaque année, bien loin de la programmation commerciale de l’unique cinéma lavallois. Didier Pillon a suivi des études qui l’ont formaté à côtoyer de près la culture avec un DEA d’Histoire de l’Art, Peinture du 19e, pour continuer ensuite sur un DESS d’économie de la Culture à l’IEP de Grenoble.

«  Assembler et unir » comme le pensait le“ pape” du Théâtre populaire Jean Vilard, c’est ce qu’avait souhaité réaliser l’adjoint à la Culture sortant. Pour expliquer sa présence sous une municipalité socialiste Emmanuel Doreau parlait volontiers de « société civile ». Il estimait par exemple que le spectacle vivant ne devait pas rester cloîtré : « le Théâtre sortira de ses murs pour le quartier de Saint-Nicolas, avec un grand parcours artistique et culturel, autour des écoles et des structures de loisirs.  » écrivait le président du Théâtre de Laval dans l’éditorial de présentation d’une récente programmation du Théâtre. Tout un symbole !

Il y a donc des références à la culture et à l’Éducation populaire pour l’un, et des références plus portées sur la culture élitiste pour l’autre. Il suffit de constater dans quel “ cénacle” les deux hommes évoluent lorsqu’ils s’impliquent dans le milieu associatif, ce qui a somme toute valeur d’indication.

Emmanuel Doreau par exemple est membre du conseil d’administration du Comité d’animation du Musée vivant de l’École publique ; Didier Pillon, lui siège au conseil d’administration de l’Ogec-Immaculée conception, un établissement d’enseignement catholique lavallois. Deux postures opposées. Deux conceptions politiques en fait ! Et donc deux façons de concevoir la culture.

« Ensemble réveillons Laval ! », le slogan de campagne de l’actuelle équipe à présent au pouvoir était ambitieux comme si la précédente municipalité ne l’avait pas déjà éveillée. Mais les slogans permettent de faire table rase. Toutefois en terme de culture, leglob-journal.fr n’arrive pas à se persuader que la politique qui pourrait être menée n’aura pas l’effet inverse sur la ville qui fut un temps « la belle endormie » et que pourrait alors redevenir Laval. À moins que !


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A Laval, vers un changement de politique culturelle ?

Publié le: 6 mai 2014
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