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Un troisième centre d’accueil et d’orientation (CAO) en Mayenne, pour recevoir des migrants, va s’ouvrir à Mayenne, la deuxième ville du département. À partir du 13 novembre, des « hommes isolés » seront hébergés dans l’ancienne maternité de l’hôpital de Mayenne, a précisé au cours d’une conférence de presse la sous-préfète de Mayenne Marie Thalabard-Guillot qui a annoncé une capacité de 50 places. La Mayenne poursuit donc son effort d’accueil des réfugiés.

Par Thomas H.

« Depuis février 2016, ce sont 268 personnes qui sont passées par le département, annonce Serge Milon, le responsable de la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) mais pour installer des structures d’accueil pour les migrants encore faut-il qu’il y ait une volonté locale d’accepter, et des locaux immédiatement disponibles (…) quand on fait le tour en Mayenne, dans le département, il n’y a pas pléthore ! ». Le discours est clair, même si il existe, comme l’avait déclaré Philippe Veaux le préfet de la Mayenne au lendemain de la fermeture de la Jungle de Calais, « une dynamique d’accueil en Mayenne, département qui prend tous sa part dans les Pays de la Loire ».

Cette fois, c’est la ville de Mayenne, située au Nord du département qui accueille en son sein le troisième CAO en activité avec une capacité de 50 places. Après Laval dans le quartier de Thévalles, 72 personnes et Ernée 30. Le maire de Mayenne a estimé qu’il avait sur la question un « avis partagé. » et qu’il oscillait entre la solidarité de l’accueil a-t-il fait comprendre, parce que ces personnes souffrent et qu’« on ne peut pas rester insensibles » et en même temps, il y a la réal-politique. Sans évoquer le coût financier pour la ville, même si l’État prévoit un « taux de financement de 25 euros par migrant, hébergé, alimenté et accompagné », Michel Angot a souligné ce qu’il a appelé, « la charge plus morale que financière ».

Une des chambres de l’ancienne maternité de Mayenne

« Nous avons principalement en Mayenne des réfugiés en provenance d’Afghanistan, du Soudan, et d’Irak, mais on ne sait pas pour l’heure qu’elles seront les nationalités de ceux qui seront hébergés à Mayenne et qui arriveront pas car » précise Serge Milon directeur de la DDCSPP. « Nous avons parfois des personnes, ajoute-t-il qui une fois arrivées veulent repartir, et quoiqu’il en soit ces hommes seront pris en charge dans ce centre d’accueil  ». Un lieu qui est ni un « centre de détention, ni de rétention, mais bien un endroit où le réfugié se pose et est orienté éventuellement comme demandeurs d’asile. » comme l’avait défini Philippe Veaux le préfet de la Mayenne.

« Dans les pays de la Loire, 60 % des personnes qui y ont transité ont obtenu le statut de réfugié » commente Conception Mousseau-Fernandez, la directrice régionale de France Horizon, qui va installer trois animateurs sociaux pour encadrer les migrants de Mayenne. France Horizon, avec ses 725 salariés sur l’hexagone (dont 636 en Équivalent Temps Plein) est présent dans l’Ouest de la France et intervient essentiellement à Angers, Nantes, Saumur, Saint-Nazaire et Le Mans. Voilà France Horizon dans le 53 avec ce CAO que l’association nationale va gérer à Mayenne en liaison avec l’État qui est délégataire de service.

Mayenne est une « une ville à gauche » qui avait dû essuyer au début des années 2000 après la création du CADA (Centre d’accueil des demandeurs d’asiles) une forte manifestation du FN. Ils s’étaient massés devant la mairie de Mayenne en criant des slogans hostiles à cette installation qu’ils conspuaient de toutes leurs forces. La ville qui accueille déjà beaucoup de personnes étrangères, comme des syriens ou des albanais qui sont des familles qui ne peuvent plus rentrer chez elles sauf à craindre pour leur vie, assume cette aide qu’elle juge nécessaire. Mais elle constate que sa part est sans doute plus forte qu’ailleurs en Mayenne.

Serge Milon, Michel Angot et la sous-préfète de Mayenne Marie Thalabard-Guillot

« Nous devons gérer 30 déboutés du droit d’asile » explique Jean-Pierre Lebonhomme, directeur de l’Action Sociale et de la Santé Publique à la ville de Mayenne et il sera en plus question de loger dans des logements vides, 25 jeunes mineurs non-accompagnés, dans le quartier des Pommiers. Mayenne, a dit en préambule Michel Angot, « a une tradition d’accueil solidaire : les espagnols en 1936 (…), les gens du voyage de tout temps, et puis l’implantation du CADA, ce Centre d’accueil des demandeurs d’asiles en 2001 » a égrainé le maire de la ville en ajoutant : « on va tout faire pour accueillir correctement ces nouveaux migrants à Mayenne, mais il faut aussi rassurer notre population ». Et lutter contre les préjugés.


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À Mayenne, un CAO pour 50 réfugiés, le 3e dans le département

Publié le: 7 novembre 2017
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