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A 45 minutes de Laval, le congrès national de la CFDT bat son plein. Pour l’occasion chaque congressiste a reçu son paquetage. Un grand sac à dos, en tissu, marqué simplement « 49e »... 49e rue ? Non, 49e congrès. Rennes accueille donc jusqu’au 8 juin, la grande messe obligée du syndicat « réformiste » qui est « le premier du secteur privé et pour la première fois en 122 ans ». La CFDT n’a pas cessé d’ailleurs de le répéter devant les 1750 délégués présents, avec « presque autant de femmes que d’hommes ». Le n°1 Laurent Berger a fait le bilan de l’année 2017 qui a vu l’émergence, selon un intervenant à la tribune d’« un jeune Président autoritariste ». Analyse.

Par Thomas H.

Dans la salle Le Liberté, les délégués - Un intervenant à la tribune - La sortie des congressistes qui vont investir les salles de restauration, en bas à droite - © leglob-journal

« L’élection d’un jeune Président autoritariste ne change pas la donne, par exemple le plan Borloo a été rejeté et refusé [...] » a déclaré à la tribune cet intervenant dans l’immense salle du Liberté - augmentée de chapiteaux avec des tables dressées pour que les congressistes puissent s’alimenter après les débats. Il ne pouvait s’exprimer comme tous, que pendant les 6 minutes chrono de discours impartis. Pas une seconde de plus ; d’ailleurs un autre intervenant a vu son micro coupé pour avoir dépassé... « C’est le règlement ! » a dit solennellement la militante de longue date qui distribue la parole. Ceux qui sont à la tribune sont mandatés pour parler au nom de leurs petits « camarades ».

« Avec ce Président a dit celui-ci, tout haut, au pupitre planté devant l’immense estrade où siégeaient les "huiles" de la CFDT, on a le sentiment d’avoir été floué après avoir joué le jeu de la démocratie des élections [...] » La CFDT, réformiste qui « propose même si elle accompagne », sait aussi s’opposer, bien que cela soit nettement moins mis en évidence.

Sur les ordonnances Travail par exemple, on a pu entendre cette intervention remarquée qui a déclenché des applaudissements dans la salle Le Liberté : « On n’ est plus du tout dans la flexi-sécurité hélas, mais bien dans la flexi-flexibilité ! » Les réformes oui mais pour améliorer. Pour Laurent Berger le leader actuel du syndicat par exemple, le rôle de la CFDT « c’est de pointer les risques mais aussi les opportunités créées. Entendre les inquiétudes et la peur de l’avenir. » Pour le leader cédétiste, qui a rendu un hommage appuyé à Edmond Maire et François Chérèque, qu’il a fait applaudir « un certain patronat trop heureux de rejouer la lutte des classes avec des organisations contestataires [...] a choisi de faire du lobbying auprès des gouvernants pour satisfaire ses obsessions : moins de coûts, moins de règles, moins d’impôts...Bref, un patronat ringard, bloqué au XXe siècle. »

Dans la salle Le Liberté, les applaudissements sont à la hauteur de l’intervention. « Le gouvernement et le Président actuel organisent le "bloc contre bloc" au risque d’attiser les extrêmes [...] la peur est un terreau fertile pour les populistes de tout bord, qui ne manquent jamais une occasion de s’attaquer aux syndicats. On l’a vu pendant la campagne, à droite comme à gauche. »

« Utopie mobilisatrice »

« Et cette petite musique lancinante de défiance à l’égard des syndicats et de tous corps intermédiaires est loin d’avoir disparu après l’élection. Elle est même entretenue par ce gouvernement et le Président. » Dont acte. La CFDT cherche à se démarquer « en combinant utopie mobilisatrice et avancées concrètes pour les travailleurs. » Tout en refusant de descendre dans la rue comme ce fut le cas le 1er Mai où de nouvelles façons de célébrer la fête du Travail en Mayenne seraient à inventer.

Lire : CFDT 53 : pourquoi « nous ne serons pas dans la rue le 1er mai »

« Comme nous ne croyons pas au grand soir », il faut continuer a ajouté Laurent Berger, à « affirmer notre rôle de contre-pouvoir sans verser dans l’opposition politique ». Un syndicat qui se veut indépendant. « On dit que nous sommes réformiste : c’est vrai que nous refusons le statu-quo parce que le monde bouge ? parce que les inégalités nous indignent, parce que se contenter de défendre les acquis revient trop souvent à défendre, voire à creuser ces inégalités. Mais soyons clairs : la réforme pour la réforme, très peu pour nous. »

« Transformer le réel », c’est donc le credo de l’organisation syndicale. Des bouleversements de tous ordres « technologiques, environnementaux, sociaux, démographiques percutent la CFDT »...Pour Laurent Berger « Le vieux monde se meurt » et en "même temps", comme dit souvent le Président Macron « le nouveau tarde à se dessiner clairement ».


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A Rennes en congrès, la CFDT veut « transformer le réel »...

Publié le: 6 juin 2018
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