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ÉCOLE - La carte scolaire 2018 prévoit 24 fermetures de classes (deux nouvelles écoles fermeraient ainsi à Larchamp et Boulay) et 10 ouvertures pour la rentrée prochaine ; des mesures d’ajustement des moyens qui pénalisent de nombreuses communes en Mayenne, et soulèvent des protestations. Un phénomène qui n’est pas nouveau et va à l’encontre de ce qu’on appelle l’aménagement du territoire. Voyez cet article datant 2015 publié sur leglob-journal, et toujours d’actualité.

Dans ce village de Mayenne, un joli petit bourg de 360 habitants qui a connu jusqu’à 1050 âmes en 1806, et que nous appellerons Xvillage l’attractivité n’est plus là. L’école est fermée, en raison d’un Regroupement Pédagogique Intercommunal. Xvillage, sous le soleil en ce jour d’Avril 2015, tourne au ralenti. En Mayenne, les bourgs à l’image d’Xvillage sont nombreux à se vider petit à petit de leurs substances ; il n’y a presque plus de vie ; la faute à « plus d’école ! » disent les habitants. Pourtant en leur centre un vestige, un énorme monument du temps passé reste là.

- Par Édouard L.

L’église qui fédérait les consciences, fait se plaindre des maires, car elles sont à l’origine de difficultés financières que les budgets - en but à la baisse de la Dotation Globale de Fonctionnement - rencontrent de plus en plus. Là, la réfection d’un clocher onéreux qui nécessite une grue hors de prix ; ici la façade qui tombe par pièce, ou là, l’église vide classée « monument historique » à la charge des contribuables. Souvent certaines municipalités n’ont pas les moyens de rénover. Trop cher. Alors il faut faire des choix.

Dans Xvillage, ce bourg du Nord du département ce ne sont pas les quatre fleurs attribuées par le Conseil national des villes et villages fleuris de France au Concours national des villages fleuris qui vont changer quelque chose au lent déclin qui donne l’impression d’un village comme happé par le présent. Il est presque 15 heures et tout semble figé. Comme si le monde s’était arrêté de tourner. Puis soudain le carillon rompt le silence pour donner l’heure. Xvillage vit hors du temps.

Il y a plus de 200 ans, au moment où en France la Révolution pointait ses idéaux de Liberté, d’Égalité et de Fraternité qui allait devenir sa devise, et que les Français mettaient ses espoirs de changement dans le bouleversement que le Pays allait connaitre, à Xvillage celui qui allait devenir un chef chouan y « levait des troupes ». Comme dans beaucoup d’endroits en Mayenne, des villageois se décidaient à aller guerroyer contre le changement et tenter de rétablir « le moment d’avant » perçu comme un signe de stabilité. Les habitants allaient à rebours du mouvement national, comme pour se démarquer encore un peu plus.

De nos jours, Xvillage est quasi désert. Plus de haine officielle, plus de cris de ralliement, plus d’idéologie revendiquée. Pas un cri d’enfants non plus dans les rues, ni dans la cours de la récré. Nous sommes en septembre 2015 et l’école n’accueille plus les rires et les bruits si caractéristiques qui rythmaient les journées avec quelquefois une sonnerie.

Dans cet Xvillage, avec pourtant plus de moyens, le danger est là aussi

Depuis un an, les enfants sont véhiculés à quelques kilomètres de là, transportés en car pour aller à l’école « à la ville » comme disent les habitants. Une école urbaine, une école de ville qui a vu du coup ses effectifs scolaires gonflés artificiellement par un jeu de vases communiquant.

Dans l’école, et en raison de cet afflux décidé par l’administration - il y a 3 autres villages qui « mettent leurs enfants à l’école » - on parle maintenant de RPI, de Regroupement Pédagogique Intercommunal ; c’est comme cela que fonctionnera le système scolaire en milieu rural en 2020 quand l’administration qui a « préféré tarir » disent les syndicats d’enseignants des écoles à une et deux classes, aura effectué des regroupements d’enfants de plusieurs villages en un seul lieu.

Une classe ou même deux, dans une école de village, c’est considéré par l’administration comme des « unités pédagogiques dangereuses pour les enseignants et les enfants. » L’enseignant ne doit pas être isolé explique dès les années 2010, l’Inspection académique.

Malgré les efforts du maire de Xvillage qui avait souhaité ardemment la conserver et créer un petit lotissement pour y faire s’installer de nouvelles familles et donc des nouveaux enfants, l’école a périclité. « Pas assez d’enfants et on ne compte pas les moins de 3 ans ! » s’était vu rétorquer le maire. Et par malchance, en plus de cela, des familles dans le village qui se sont «  décomposées  ». Quand un parent quitte le petit bourg explique le maire de Xvillage, pour s’installer dans un autre, il emmène forcément ses enfants avec lui ce qui « dégonfle » les effectifs de l’école et casse toutes chances de maintien d’une classe et d’un poste d’enseignant.

Si le maire ne sourit plus, lui et son équipe n’ont pas pour autant baisser les bras. Mais le cœur n’y est plus vraiment face à ce qui ressemble selon lui à un démontage de l’aménagement du territoire. Le dernier commerce qui vient de fermer, les querelles de chapelles, les clans et les mauvaises volontés de certains habitants qui souhaitent vendre de la terre agricole 10 euros au lieu de 3, cela prive la municipalité, explique le maire, de la possibilité de faire des parcelles en lotissement pouvant accueillir des familles ; pourtant la demande est là parce que se loger dans les villes coûte de plus en plus cher ; il y a la demande mais pas le terrain !

La faute comme souvent à des habitants explique ce maire qui «  trustent  » la terre ; et ne veulent pas partager. Heureusement Xvillage compte sur le territoire de sa commune plusieurs poteaux gigantesques, ceux de la THT, la ligne à Très Haute Tension qui doit transporter de l’électricité notamment en provenance de l’EPR ; des pylônes qui coupent la ligne d’horizon mais lui rapportent un peu de d’argent. De quoi entretenir, pour la municipalité, une partie des routes communales.

La petite mairie est toute proche du centre d’Xvillage. Pas de drapeau au fronton, pas de devise sur la façade. Simplement « Mairie » écrit en gros. Elle a été installée dans un petite maison qui avec d’autres entourent l’église qui la plupart du temps reste fermée, pour éviter les vols explique-t-on.

Xvillage n’a pas pu se développer comme la municipalité l’aurait aimé. Plus de famille à s’installer, c’était pourtant l’assurance d’une école, d’un lieu de vie considérée comme le « poumon du village », qui aurait du être maintenue insiste, là, le maire. Ici celui-ci affirme que des lotissements sont en cours de construction, mais une classe est malgré tout appelée à fermer. À Xvillage, trop souvent : L’école est finie.


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À Xvillage qui se dépeuple, l’école restera vide et l’église fermée

Publié le: 15 février 2018
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