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Guillaume Garot fait-il bien de choisir Jean Christophe Boyer pour lui succéder temporairement à la mairie de Laval ? Le nouveau ministre de l’Agroalimentaire l’avait dit et il a tenu promesse. Il a donc décidé d’abandonner, car il faut être « ministre à 100%  », les postes de maire et de président de l’agglomération de Laval, mais promis juré, il « reste lavallois ». Il y a des promesses qui valent d’être tenues et d’autres qui dans les actes semblent avoir des conséquences lourdes. La décision qu’a prise récemment Guillaume Garot de privilégier son adjoint aux finances au détriment de son premier adjoint était-elle de nature à renforcer son charisme politique ? Autrement dit, a-t-il fait le bon choix pour la mairie de Laval ?

- Par Thomas H.

n fait, c’est cette petite phrase de Guillaume Garot qui résume le mieux la situation : « Chacun doit être et se sentir bien à sa place !  » Pourquoi ? Parce qu’elle est révélatrice de la partie serrée qui s’est jouée ces derniers jours à Laval à propos de son remplacement à la tête de la municipalité et de l’agglomération. Partie à trois pour la mairie. Entre lui, son premier adjoint et son grand argentier. Sur fond de disgrâce, et de pleurs.

Sortie de ville, ce qui ne signifie pas forcément sortie de crise...

Soulagement - Si on se réfère au « ouf » de soulagement qui avait été poussé par l’équipe municipal au lendemain de la composition du gouvernement Ayrault 1, la réponse à la question « Guillaume Garot a-t-il fait le bon choix ? » semble négative.

Le député-maire de Laval ne faisait pas parti de la liste des « nominés » dans le premier gouvernement Ayrault. Bien qu’il était en était fortement question en raison de son attachement fidèle à Ségolène Royal.

Et cette « non-nomination » a fait beaucoup de bien au sein de l’équipe municipale. Ce fut même un soulagement qui ne s’est pas dit publiquement mais que beaucoup ont ressenti. Parce qu’il aurait fallu choisir ! Et qu’une très grosse partie des élus n’avaient pas envie ou peur de le faire. Pire, certains ne voulaient même pas l’envisager.

Choisir un camp ! - Choisir c’est forcément au dépend de quelqu’un. Faire un choix, entre le premier adjoint qui en principe est destiné, de fait à remplacer le premier magistrat de la ville, et l’adjoint aux finances, celui qui fait office de grand argentier, le « spécialiste de la com’ ».

Entre Yann Kiessling, l’instit’ attaché aux valeurs de la République et à la laïcité de par son père et Jean Christophe Boyer, le communicant venu de Bretagne qui « sait mener son monde quand il faut et comme il veut  » , « le maire 2 » comme certains l’appellent, en charge également de « l’attractivité » économique à la ville mais qui pour beaucoup dans l’équipe fait figure de « « repoussoir » ».

Mais, royal, le député-maire Guillaume Garot a choisi. C’est semble-t-il sans appel. A moins que le vote avant la tenue du prochain Conseil municipal en décide autrement. « J’ai considéré que Jean-Christophe Boyer était celui qu’il nous fallait, l’homme de la situation pour redresser les finances de la ville  », car la situation de la ville est qualifiée de difficile et pour continuer les dossiers entrepris comme « la gare, la rénovation du centre-ville, la reconversion du 42e Régiment  ».

La mairie de Laval (Mayenne) avec un nouveau locataire

« Un contrat » - Guillaume Garot avance comme justification le « contrat qui [le] lie avec les Lavallois, un projet, une équipe  » c’est classique, et il assure : « Jean-Christophe Boyer assumera la fonction tant que je saurais ministre, l’important c’est que l’équipe reste mobilisée ».

Un vent de fronde. Et il a raison de dire cela car il sait qu’une une grosse partie de l’équipe justement a pris fait et causes pour Yann Kiessling et que le vent de la contestation a soufflé bien fort quand le ministre a annoncé son choix le week-end dernier.

Les « contestataires » voulaient assurer un équilibre de répartition entre la mairie et la l’agglomération. Pour que tout ne soit pas concentré dans les mêmes mains, celle de Jean- Christophe Boyer. Un moyen pour les élus de ne pas dire qu’ils ne veulent pas de lui aux manettes de la ville, forts de leur expérience passée.

« Fragilisé » - Selon Guillaume Garot, le premier adjoint « Yann Kiessling n’était pas candidat et chacun doit être et se sentir bien à sa place  ». Allusion claire à la motivation du choix et peut être à l’épisode de flottement qu’a connu récemment le premier adjoint ce qui l’a empêché un court temps d’être « présent » et aux affaires de la ville.

Yann Kiessling « fragilisé » s’est rendu à la décision de Guillaume Garot. Il a toujours été « fidèle, c’est une constante chez lui  » disent ceux qui regrettent. Guillaume Garot a-t-il fait le bon choix et finalement veut-il conserver la mairie ? Car il faut déjà penser à 2014, et à l’élection municipale qui est déjà là dans les esprits, à Laval. On sait qu’en politique, les temps n’ont pas de frontière.

Et à Laval, Jean Christophe Boyer renforcé et concentrant les manettes de la politique locale, ce ne sera pas pour lui nuire !


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A la mairie de Laval : "l’homme de la situation"

Publié le: 28 juin 2012
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