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Réformes : qui sera à présent dans le collimateur de la lessiveuse en forme de spirale ? Car depuis la première cohabitation en 1986 et la revanche sur les nationalisations du Programme commun de la Gauche, les coups de boutoir de la droite libérale adossée sur les entreprises du CAC 40 n’en finissent pas.

- Par Thomas H.

Déjà en 1987, Édouard Balladur avec son Plan Épargne Retraite avait ouvert une brèche pour le secteur privé de la finance dans le système des retraites : « il faut orienter l’épargne vers des produits permettant d’accroitre le développement du marché financier  » avait-t-il déclaré au Figaro.

Un dispositif par capitalisation qui sera conforté 2 ans plus tard par le socialiste Pierre Bérégovoy qui le déguisera en Plan d’épargne Populaire. Le système français des retraites par répartition avait déjà été plus que malmené, quand Edourad Balladur devenu premier ministre faisait en sorte que l’on passe de 37 ans et demi de cotisations à 40 avec une pension calculée non plus sur les 10 meilleures annés mais sur les 25. Et avec la réforme votée dernièrement par le Parlement le système français mise en place par le Conseil National de la Résistance vacille encore un peu plus sur sa base. Finira-t-il par tomber ?

Demander le programme ! - « La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! » Voilà qui est clair !

C’est la réponse à la question « A qui le tour ? » qui était un peu passée inaperçue à l’époque. Elle émanait de l’ancien Vice-Président du Medef Denis Kessler qui fait depuis dans la réassurance à la tête de la société Scor.

« Le modèle social français pur produit du Conseil national de la Résistance n’a que trop duré  » poursuit-il dans cet éditorial qu’il signe dans le Magazine Challenges du 04 octobre 2007 soit quelques mois après l’arrivée au pouvoir du Chef de l’Etat français qui eu pour mentor justement Édouard Balladur. Nicolas Sarkozy, faut-il le rappeler, fit campagne sur la rupture.

D’ailleurs Denis Kessler ajoute qu’«  il fallait aussi que le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché, et que ceux qui croyaient pouvoir continuer à rafistoler sans cesse un modèle usé, devenu inadapté, laissent place à une nouvelle génération d’’entrepreneurs politiques et sociaux. Désavouer les pères fondateurs n’est un problème qu’en psychanalyse. »

« Une nouvelle génération d’entrepreneurs politiques  » […] pour « désavouer les pères fondateurs […] » C’est : la rupture. On comprend mieux, en tout cas plus facilement encore grâce aux éclairages qui consistent à puiser dans le passé pour mieux apréhender le présent.

Cela éclaire les réformes « qui donnent une impression de patchwork » comme l’écrivait Denis Kessler en 2007. Elles ont une cohérence, ce que nous ne doutions pas et s’inscrivent même dans une certaine logique de continuité.

Comme lorsque Jacques Chirac avant de quitter l’Élysée inscrit dans la Constitution française l’abolition de la peine de mort, pour parachever le travail effectué par Robert Badinter. Au cas où il aurait été question de revenir en arrière ?

Déconstruction à tout les étages - Le gouvernement avait tenté de supprimer une des ordonnances de 1945 en France, celle signée le 2 février sur l’enfance délinquante. Elle a crée les tribunaux pour enfants et le juge des enfants. Le débat avait été lancé mais il n’a pas permis d’aboutir et c’est tant mieux parce que l’Ordonnance de 45 sur la Jeunesse a définit clairement la primauté de l’éducatif sur le répressif.

En revanche l’âge de la responsabilité pénale des enfants a été abaissé à 13 ans. L’école du service publique est fragilisée elle aussi par le non remplacement d’un fonctionnaire sur 2 et la suppression de plusieurs milliers de postes échelonnés sur plusieurs années.

Pendant ce temps, les tenants de l’école privée fourbissent leur mécanos pour occuper le terrain abandonné. Paradoxalement, en matière de privatisations c’est la Gauche Plurielle sous Lionel Jospin qui a le plus travaillé. Le Monde diplomatique écrit que « l’organe théorique du PS, la Revue Socialiste s’en fit gloire : « en matière de privatisations, la "gauche plurielle" a réalisé en trois ans un programme plus important que n’importe quel autre gouvernement français . »

En janvier 2002, (poursuit Le Monde Diplomatique) M. Laurent Fabius se prononça même en faveur du « désengagement de l’État » du capital d’EDF-GDF et de l’utilisation de « marges d’ouverture plus grandes » à France Télécom. « Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde ! » c’était le titre de l’article de Denis Kessler dans Challenges. Alors que faire ? Conseil National : Résistance ?


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A qui le tour ?

Publié le: 31 octobre 2010
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