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Alors que s’achève le salon de l’Agriculture à Paris, la « grande vitrine de l’agro-show-business » comme disent ses détracteurs, l’inquiétude est multiforme sur le terrain pour les agriculteurs qui risquent bien de reporter majoritairement leur voix sur le parti dont on dit qu’il sera au second tour de la présidentielle de 2017. Une façon d’exprimer dès les élections départementales leur « ni-ni » à eux : ni la majorité, ni l’opposition de la droite classique.

- par leglob-journal.fr

Les agriculteurs ont le sourire de circonstance. Il est léger, ils nous ont plus habitué à des périodes de plus grand ensoleillement. Ils le portent comme un fardeau, car leur besace est pleine. Pleine de doléances, et de remontrances. Ils n’y croient plus vraiment et ils perçoivent leur avenir plutôt sombre.

Toujours moins de nitrates dans l’eau, la protection de l’environnement alors qu’ils ont le sentiment déjà de faire beaucoup pour modeler le paysage, la baisse des cours du lait et du porc inexorable, les contrats avec les laiteries qui devaient leur octroyer de la sécurité et qui « se retournent contre » eux, bref le sentiment que la coupe est pleine avec en plus un goût amer.

Agriculture intensive et hyper mécanisée

Dirons-nous donc qu’ils sont “un peu remonté” quoi ! A propos de la Politique Agricole Commune par exemple, ils disent «  ne pas être en mesure de savoir comment on fera l’application de la nouvelle PAC » qui doit être mise en œuvre. Et ça les inquiète.

La politique agricole commune, selon l’Union Européenne, a pour objectif rappelons-le « de permettre aux agriculteurs de bénéficier d’un niveau de vie raisonnable et de fournir aux consommateurs des denrées alimentaires de qualité à des prix équitables. ». Bon.

Et pour ce faire en Mayenne, ce 213 millions d’euros de « droits à paiement  » qui doivent être distribuer pour 8500 attributaires. Un beau gâteau à partager. C’est ce qu’ils recouvrent sur le vocable PAC, comme ils parlent des « quotas ». Mais ces derniers on devrait ne plus en entendre parler car ils « doivent s’achever en Avril prochain  » comme si ils étaient arrivés en fin de vie. « La fin des quotas laitiers » comme disent les agriculteurs, voilà qui alimentent leurs angoisses en l’avenir alors que la « loi d’avenir » justement peine à trouver leur assentiment.

François Hollande - nous avons tous vu ces images - s’est voulu rassurant face au propriétaire de Forban. Un taureau Rouge des Prés qui pèse la bagatelle de 1,6 tonne. La corde en main avec donc au bout Forban, l’agriculteur sous une forêt de micros et caméras interpelle le ministre de l’Agriculture car pour lui, la nouvelle PAC favorise « l’intensification » de l’agriculture plutôt que les signes de qualité, les AOP, les Appellations d’Origine Contrôlées. Bref l’agriculture non-intensive, ce qu’on appellent sans trop le dire les « niches agricoles  », car pour lui c’est ce qui compte.

« La PAC, non seulement n’empêchera rien, mais elle valorisera ces produits », lui a répondu en substance le chef de l’État. « On verra, si c’est vrai sur le long » terme pensent les éleveurs et tout ceux qui sont nostalgiques d’un chef de l’État qui les soutenait à fond. Autre temps autre mœurs.

Mais la nouvelle distribution, le nouveau mode d’emploi de Bruxelles lié à la Politique Agricole Commune n’est pas fait pour les assagir. Il l’ont « dépiottée » comme on dit, épluchée grâce à leur syndicat qui les conseillent et les orientent. Elle prévoit selon les agriculteurs et notamment les éleveurs mayennais des « droits à paiement en moins ». Et tout semble dit.

Si sur une exploitation, par exemple, il y a 40% de génisse et 60% de vaches, il devrait y avoir 40% de primes. Pas plus. On est donc loin de faire le compte et selon les calculs « priorité devrait être donnée aux vaches qui ont vêlé  ». Pas de vaches qui ont vêlé pas de prime !! Pas de bras pas de chocolat !

Des mesures qui tombent mal, car les calendriers se chevauchent. La mise en place des nouvelles dispositions agricoles et les élections départementales cela ne fait pas bon ménage. D’où l’intention peut-être et d’une envie de sanctionner dans les urnes, c’est ce que l’actuel majorité gouvernementale brandit en tout cas. Le Président de la République a mis en garde contre la tentation du FN.

Paysage de vigne : dans le Sud-Ouest de la france

Selon la FNSEA, « il y a une baisse généralisée des revenus en agriculture, en repli de près de 25% par rapport aux trois dernières années. Même si quelques secteurs tirent leur épingle du jeu, il s’agit bien d’un séisme  », commente le puissant syndicat agricole dans un communiqué.

Face à la situation un peu compliquée que connaît l’élevage en France depuis des années, avec la tentation de “céréalisation”, des agriculteurs ont de plus en plus « envie de travailler moins et gagner plus  » le gouvernement français a choisi de privilégier justement les éleveurs dans la nouvelle PAC qui va courir jusqu’en 2020. Et cela devrait se faire, par le jeu des équilibres basés sur le principe de l’équité, « aux dépens » des grands céréaliers qui ont vu leurs aides reculer d’environ 10%.

Un super producteur de blé qui exploitent plusieurs centaines d’hectares en Beauce, un exploitant en Champagne avec 2,5 hectares, un éleveur de chevaux en Normandie, un viticulteur du sud-ouest, qu’ont-ils de commun avec un agriculture en polyculture de l’Ouest de la France, et son élevage d’une centaine de bovins. Il n’ont que très peu de point commun hormis la terre qu’ils exploitent et des revenus disparates.


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Agriculteurs en Mayenne : pleine est leur besace, pleine de doléances et de doutes

Publié le: 27 février 2015
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