| Retour à la Une
leglob-journal
Journal d'informations, d'investigations, d'analyses et d'opinions sur la Mayenne

Des noms un peu surannés aux accents délicieusement kitsch ! Les habitants dans les villages en Mayenne, comme partout en France, sont censés les porter. Ils sont comme le reflet d’une autre époque, certains parlent du Moyen-âge. D’autres évoquent le temps des Gaulois.

Puiser dans le passé pour lire le présent pourquoi pas. Il serait donc possible de faire un voyage imaginaire de plusieurs siècles en arrière pour éclairer le vivant. C’est ce que vous propose leglob-journal.fr.

- Par Édouard L.

Dans le village de Bais, les baidicéens s’activent. Le gros bourg a pourtant perdu de sa superbe avec les fermetures de classes et les rues sont assez souvent désertées par les Bavestiens - on peut aussi les appeler comme ça ! - sauf le jour de marché. Bais avait fait parler de lui ainsi qu’Izé au 20e siècle avec la « Mission granit ». Il y était question d’y implanter dans le secteur un « laboratoire d’enfouissement de déchets radioactifs » pour tester, dans ce qui ne devait être qu’un labo, la durabilité de l’enfouissement des déchets des centrales nucléaires qui sont appelés à perdurer dans le temps et qu’il faut bien traiter. Le massif d’Izé, et son environnement granitique était convoité par les pouvoirs publics. Alors imaginez la sourde colère des Izéens, mais aussi des baidicéens qui apprennent qu’on a pensé à leur territoire sans leur demander leur avis.

Vous lisez leglob-journal. Abonnez-vous à le lire régulièrement

L’idée de « camoufler des déchets dans la terre » avait bien évidemment provoqué la bronca des Izéens et des baidicéens mais aussi des habitants des autres villages qui, a force de se convaincre s’étaient prêtés mains fortes. Des manifestations importantes, dignes des jacqueries comme on sait les organiser en Mayenne - quand l’intérêt est en jeu - avaient été rapidement organisées. Mais point de fourches. Mais des œufs et des tomates qui avaient été lancés sur les représentants de la fameuse « Mission granit », trois hommes d’un certain âge choisis pour leur sagesse, diligentés par Paris et qui avaient dû rebrousser chemin. Certes, elles étaient là, les raisons de la colère.

« Pas chez nous ! » disaient les opposants dans leur jacquerie contre le pouvoir en place, en vitupérant. Ils étaient venus de loin. Pour défiler à pieds. Comme les Alleusiens, débarquant de la Bazouges-des- Alleux, les Saint-Ouënnais de Saint-Ouen-des-Vallons, les Pétruciens de Saint Pierre-sur-Orthe ou les Salviens de Saulges, ceux qui vivent près de grottes remarquables découvertes à quelques kilomètres du centre bourg. En force aussi des hommes et femmes venus de Saint-Martin-de-Connée, des sans-nom, mais des villageois en colère qui s’étaient mêlés aux Camélésiens provenant de Chammes.

Dans ce dernier village, du temps de sa splendeur, il y avait pas moins de 9 cafés. Des débits de boissons mais aussi des lieux de convivialité. Un bougre de choix. Ce qui permettait aux Camélésiens d’entrer dans leur estaminet préféré sans coup férir. Et là, à coût sûr, ils y rencontreraient les personnes qu’ils désiraient vraiment côtoyer surtout au tournant du 20e siècle, quand la Loi de séparation des Églises et de l’État en préparation depuis plusieurs années, fut proclamée, même en Mayenne, terre de chouannerie, où les chouans se sont élevés contre la République qu’ils qualifiaient de « régicide et anticléricale ».

Ici dans ce café, les laïcards ceux du « laïcisme » comme on disait à l’époque, et les athées. Là dans cet autre tout propret et tout près de l’église, et c’est finalement bien normal, les « dogmatiques » de la religion, et les purs et durs. Ceux qui vont à “confesse” chaque dimanche - et même plus car affinité - et qui considèrent le curé comme un notable au même titre que le médecin qui voit tout le monde et en petite tenue.

Un peu plus loin, dans un autre village vivent les Montourtereaux. Ils avaient pour habitude de se rassembler pour vivre massés autour du Château de Bourgon. Ah ! le beau château de Bourgon ! Les habitants de Montourtier, le village tout proche, vivaient autour du propriétaire terrien. Des fermiers ces agriculteurs ! Car les terres appartenaient à une seule famille.

La “dépendance” directe aux « bons maitres » s’est estompée, mais la déférence excessive aux notables et notamment aux politiques en responsabilité, est toujours vivace.

« Mais quel beau château ! » disait souvent la petite Marie qui venait du village voisin avec sa petite robe toute tachée et ses cheveux en bataille. « Dame oui !  » répondait laconique le gars Jean avec ses hauts de chausse et ses sabots qui s’amusait ensuite à flirter dans les bosquets du parc et puis s’enhardissait avec la gamine une fois franchi le fossé grâce au petit pont. Le désir et la hardiesse conduisaient les (Mon)tourtereaux à la forêt.

Et la tradition mayennaise était respectée. Le mariage serait célébré, entre le Jeannot et la petite Marie. Un gars, une fille. Pour la postérité.


Réagir

Alleusiens, Baidicéens et Salviens, entre autres !

Publié le: 15 octobre 2015
- Lire aussi d'autres articles de la rubrique: leglob-mayenne
Vie Mayenne Histoire
Acteur et vecteur de la Pensée critique en Mayenne : leglob-journal
A lire également sur votre Journal en ligne
leglob-journal, votre journal indépendant en ligne - Informations, Analyses, Opinions en Mayenne - Nous contacter : redaction@leglob-journal.fr
© leglob-journal 2017 - Mentions légales - Editorialisé avec SPIP - se connecter - RSS RSS