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N'hésitons pas à jeter des pavés dans la "marre"

Allons vers la Sixième République !

D’abord pour défendre la République. Parce qu’elle est bien mal en point.

Ensuite pour que cette République puisse évoluer et laisser derrière elle des pratiques qui ne sont pas convenables, pour n’utiliser qu’un qualificatif politiquement correct.

C’est ce que pense en tout cas 56% des français qui ont été sondés à propos de l’affaire Bettencourt-Woerth comme l’appelle les médias. 56% de nos compatriotes selon un sondage CSA qui estiment que ce qui se passe et ce qui est révélé est “grave”.

Porosité

Ce mélange des genres est en effet insupportable. Car il fait apparaître qu’il n’y a plus aucune cloison étanche entre l’intérêt général et l’intérêt particulier. On le sait les deux versants de la chose politique doivent impérativement être éloignés l’un de l’autre.

Ce mélange des genres renvoie à l’opinion publique l’image d’un personnel politique dévoyé dans sa généralité, alors qu’il se doit d’être exemplaire, et de ne pas avoir de comportements indignes. Ségolène Royal s’en est fait la caisse de résonnance en allant jusqu’à dénoncer ces agissements mis au grand jour par le site Médiapart en parlant de “corruption” Cliquer ici. A droite les réactions sont nombreuses. "Ça part en vrille !" a déclaré un député UMP de Paris, et le président de la République de dire devant ces mêmes députés selon des propos rapportés par Le Monde : "Si je dis à Eric de partir, ça voudrait dire qu’il a quelque chose à se reprocher", signifiant ainsi qu’il n’était pas question, pour lui, de lâcher son ministre.

Médiapart fait œuvre de “salut public” en publiant cette affaire et en se montrant pugnace. Ces révélations faites depuis deux semaines relèvent selon la Justice « de la publication d’informations légitimes et intéressant l’iinterêt général » dit-elle dans son jugement rendu après le référé déposé contre le site d’informations.

Selon le site, il existerait des rapprochements à la fois idéologiques et financiers, une sorte de collusion et des glissements qui s’opéreraient par la mise en place de systèmes que décortique Médiapart. Obtenir des subsides financiers d’un coté et des contreparties de l’autre analyse le site de Plenel. Etre ministre du Budget et trésorier de l’UMP de façon concomitante : voila le problème.

A gauche, les trésoriers du PS n’ont jamais été ministres de plein exercice, mais c’est jouer sur les mots car ils ont souvent été secrétaires d’Etat et donc en responsabilité...Alors justement arrêtons ce mélange des genres et soyons solidaires d’une société plus transparente plutôt que de vouloir en faire un combat de politique politicienne !

"Informations légitimes et d'intérêt public"

Arnaud Montebourg qui avait déjà en 2000 tenté de mettre les pieds dans le plat concernant les affaires à répétitions du prédécesseur de l’actuel Président parle dans une tribune publiée par Libération de “collusion insoutenable entre certaines élites et les milieux de l’argent […] et d’une cassure ente la France consanguine du pouvoir et de l’argent et la France des gens ordinaires […] chez qui l’écœurement grandit.” Souvenez-vous le Yacht prété en début de mandat et les convives réunis dans un grand restaurant parisien le soir de l’élection présidentielle en 2007. Symbolique.

Des pouvoirs transférés

Le député socialiste de Saône et Loire pourrait dire qu’il faut aller vers la Sixième République lui qui est créateur du concept ! Il y va de la pérénité de nos institutions, et il faut essayer de nettoyer, selon le titre de sa tribune, la République indécente. De ce fait rappelons les points essentiels qui prévalaient à la création du concept Sixième République. Ils sont par les temps qui courrent d’une étonnante actualité.

Le président de la République est élu pour 7 ans non renouvelables et la quasi totalité de ses pouvoirs est transférée au Premier ministre ; celui-ci et son Gouvernement sont responsables devant l’Assemblée nationale et réciproquement, la Chambre des députés peut être dissoute. L’Assemblée nationale est élue pour 5 ans au suffrage uninominal majoritaire à deux tours et le Sénat est directement élu pour 6 ans à la représentation proportionnelle. L’article 49-3 de célèbre facture qui permet de passer en force un texte sans débat est limité au projet de loi de finances ; et l’usage des ordonnances est fortement restreint.

Le président de la commission des finances appartient à l’opposition, ce qui est déjà le cas. Point essentiel de cette Sixième République la mise en cause de la responsabilité pénale du président de la République qui est facilitée, y compris dans le cadre de ses fonctions. De fait, une Cour constitutionnelle et un Conseil supérieur de la justice sont créés. Tout mandat parlementaire est exclusif de tout autre mandat électoral local, c’est la fin du cumul des mandats. Et il devient interdit d’exercer plus de trois mandats de parlementaires successifs.

Voilà pour la Sixième République, un socle fondamental, qui permettrait de repartir sur de bonnes bases. Il y a urgence car le lien se distant de plus en plus entre la représentation politique et la Nation et provoque donc par ricochets des ondes de forces électorales qui vont dans le sens des extrêmes.

Et puis, il faut que la République “reste celle de tous” sinon elle ne sera plus que la République de quelques-uns au service d’happy-few et de VIP fortunés.


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Allons z’enfants !

Publié le: 3 juillet 2010
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