| Retour à la Une
leglob-journal
Journal d'informations, d'investigations, d'analyses et d'opinions sur la Mayenne

Au travail ou en dehors, filtrage des mails ou des conversations, vidéosurveillance, géolocalisation, etc. Aucun secteur et champs d’actions n’est épargné selon le rapport 2009 de la CNIL, la Commission Nationale Informatique et Liberté. En matière de vidéosurveillance par exemple le nombre d’autorisation a connu un boom significatif en passant de 2500 en 2008 à 3100.

- Par Thomas H.

Pratiques anxiogènes - Surveiller au travail deviendrait une préoccupation de tous les instants. D’ailleurs les salariés le ressentent bien qui ne s’exposent plus. Ni dans le comportement, ni dans les paroles. La situation perceptible devient même anxiogène. En 2009, 4265 plaintes ont été déposées auprès de la CNIL. (NDRL : Depuis elles n’ont sans doute fait que progresser !)

Sans commentaires ? Bien-sûr que si !

La biométrie a le vent en poupe selon le 30e rapport de la CNIL. En 2009, et c’est significatif, 900 demandes ont été accordées. C’est une moyen, sous couvert de sécurité, de comptabiliser les entrées et les sorties ainsi que le temps de présence sur le lieu de travail.

Pourtant « l’informatique doit respecter l’identité humaine, les droits de l’Homme, la vie privée et les libertés  ». C’est ce qu’on lire en exergue du site de la CNIL.

« Ça la fiche mal  » - Yann Padova en est le Secrétaire Général. « La vidéosurveillance a connu une augmentation de 12% […] ce qu’on peut voir comme dérives, c’est par exemple le fait de filmer des locaux syndicaux par exemple pour savoir qui va rencontrer les syndicats, ou bien des caméras pour filmer des locaux où des personnes se changent avec peut-être des préoccupations autres que la sécurité des personnes… »

Tout autant répréhensible, la diffusion des images ou bien la conservation pendant plusieurs années de celles-ci alors que la CNIL préconise un mois maximum.

« Ça la fiche mal » écrit la Commission Nationale Informatique et Liberté sur Internet, qui précise que « toute personne peut demander à la CNIL de vérifier les informations la concernant éventuellement enregistrées dans des fichiers intéressant la sûreté de l’État, la défense ou la sécurité publique : police judiciaire, gendarmerie nationale, renseignements généraux, DST (Direction de la Surveillance du Territoire), DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure), etc.  »

Cette demande s’effectue par écrit à l’attention du Président de la CNIL qui donne des exemples de ce qu’elle appelle des « histoires vécues ».

Au mépris de la dignité - 10 000 euros pour une société de prêt-à-porter qui a fait l’objet de plusieurs contrôles sur place. Sous couvert de lutte contre les vols, elle avait mis en place un système de vidéosurveillance qui filmait les salariés de façon permanente […] sans les en avoir informés.

Lors d’un contrôle, une entreprise cache sur une clé USB un fichier s’apparentant à une liste noire de « mauvais clients ». Ou bien Acadomia, société spécialisée dans la mise en relation d’enseignants avec des parents d’élèves a fait l’objet d’un contrôle sur place en novembre 2009. Il a permis de relever, parmi d’autres manquements à la loi informatique et libertés, la présence dans ses fichiers de milliers de commentaires excessifs, voire injurieux, tels que « gros con », « saloperie de gamin », « cancer du poumon tant mérité » ou encore « élève retourné en prison ».

Impressionnant ! - Nouveau et utile, depuis Juin dernier pour les plaintes courantes, les particuliers qui s’estiment victimes du non-respect de la loi informatique et libertés peuvent désormais adresser leur demande en quelques clics à partir du site internet de la CNIL.

Le formulaire en ligne une fois rempli, la plainte est transmise à la CNIL. Cette opération s’effectue de façon sécurisée grâce un cryptage des données. L’internaute reçoit alors un accusé de réception sur son adresse électronique. Il peut alors imprimer sa plainte s’il souhaite en conserver une version papier. Signe de la dérive de la société de consommation, le quart des plaintes concerne la volonté de s’opposer à la publicité non désirée !



Réagir

Attentions malignes

Publié le: 21 juin 2010
- Lire aussi d'autres articles de la rubrique: leglob-société
Technologies Travail Libertés
Acteur et vecteur de la Pensée critique en Mayenne : leglob-journal
leglob-journal, votre journal indépendant en ligne - Informations, Analyses, Opinions en Mayenne - Lisez leglob-journal - Nous contacter par mèl : redaction@leglob-journal.fr
© leglob-journal 2017 - Mentions légales - Editorialisé avec SPIP - se connecter - RSS RSS