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Les couleurs du drapeau tricolore et les étoiles de l'Europe en filigrane, symboles forts de cette élection présidentielle 2017Ils sont connus, alors ils sont appelés à s’exprimer, et leur parole compterait. Ils se sont illustrés en Mayenne, où au niveau national et certains ont été admiré. Ils sont dans l’actualité quotidienne, on les entend souvent, ou bien ils sont discrets. Ils ont été ou sont dans le paysage politique mayennais, ce qu’on appelle des précurseurs. Sept « grands électeurs » en Mayenne - si on peut dire - ont bien voulu répondre à la question posée par leglob-journal. Une simple interrogation : au second tour de cette élection présidentielle, le 7 mai, comment allez-vous voter ?

Par leglob-journal

« Je n’ai aucun état d’âme ! » nous dit Bruno Lucas, le président du Conseil de Surveillance du Stade Lavallois Football.

Amateur de football, et président d’honneur du Medef Pays de la Loire, Bruno Lucas est surtout PDG du groupe mayennais Lucas qui a su développer un réseau de sociétés spécialisées dans le bâtiment et qui emploie 1000 collaborateurs. le chef d’entreprise développe son argumentaire face à ce choix du 7 mai : « Pour qu’un pays soit heureux, il faut qu’il prospère économiquement. Il n’y aura pas de prospérité en sortant de l’Union Européenne. C’est clair, qu’Emmanuel Macron apporte beaucoup plus que sa concurrente. » C’est le chef d’entreprise, précise-t-il, à la tête de vingt sociétés, avec un chiffre d’affaire de 80 millions d’euros qui parle en premier. Il se dissocie pour répondre à cette question crucial qui occupe les Français en cette veille de second tour. « Maintenant, en ce qui concerne l’homme, il est hors de question de voter extrême-droite, même si on a quelque peu bleui le discours. Avec Marine Le Pen, on n’aura aucune harmonie. Pour moi, c’est Macron parce qu’on a envie de vivre en harmonie. »

« L’éthique en jeu »

En 2002, il était allé manifester à Laval, un rassemblement contre l’émergence sidérante de Jean-Marie Le Pen au second tour face à Chirac. Le père de Marine Le Pen avait éliminé (déjà !) Lionel Jospin de la course à l’Elysée et précipité sa sortie définitive du monde politique. Le médecin généraliste s’est fait depuis une spécialité dans le syndicalisme. Luc Duquesnel est devenu président de l’UNOF (Union nationale des omnipraticiens français), branche généraliste de la Confédération des syndicats médicaux français.

Pas d’hésitation dit-il, « Là, c’est fini le premier tour, le second est là, c’est l’éthique qui est en jeu  » lance Luc Dusquenel. « Quand une candidate décide que des patients dans la difficulté parce qu’étranger par exemple n’auraient plus accès à l’Aide médicale d’Etat, (AME), c’est le basique serment d’Hippocrate qui est remis en cause ainsi que le principe républicain d’accès au soins.  » Se positionner, c’est pour ce médecin généraliste « de terrain », « essentiel » même si cela lui vaut des remarques et des remontées : « il n’y a pas à réfléchir une seconde !  » ajoute le toubib mayennais qui exerce à Mayenne une ville sous préfecture de 13 000 habitants dans le nord du département.

« Ce projet, une imposture »

« Dimanche, contre Le Pen, je vote Macron ! », explique Guillaume Garot qui ajoute que« pour défendre les valeurs de notre République, pour une Europe forte qui protège, pour le respect et la tolérance, dimanche, prenons le bulletin Macron ». Pour l’élu socialiste « le choix est clair. Le projet de Le Pen, c’est un vrai danger pour notre pays : celui d’une France divisée, opposant les Français les uns aux autres, une France de la discorde et du désordre civil. Ce projet est aussi une imposture : en sortant de fait de l’euro, les retraités verraient leur pouvoir d’achat dégringoler. »

Le député PS de la première circonscription ancre aussi son credo dans le terreau mayennais : « En fermant les frontières, les salariés de nos usines qui exportent, comme Bel, TDV, ou Socopa, paieraient les pots cassés de l’asphyxie économique. Et nos agriculteurs seraient également lourdement pénalisés, perdant marchés extérieurs et des soutiens européens. » Et Guillaume Garot d’ajouter que «  pour contrer Le Pen, seul le vote Macron est efficace. Voter blanc ou s’abstenir, c’est renforcer le FN.  »

La dynamique d’un front républicain, même chancelant lors de cette élection, car le candidat Macron est loin de faire l’unanimité, prévaut devant la menace du FN à l’Élysée. Il y a ceux qui disent ouvertement qu’il mettront un bulletin Macron dans l’urne et ceux qui préfèrent dire que le vote de dimanche 7 mai « sera tourné vers l’Europe, il faut se tourner vers le futur et ne pas se tromper ! Ne pas se fermer ! » C’est le cas de Loïc de Poix, le PDG de MPO, (Moulages plastiques de l’Ouest), une grande entreprise basée à Averton et Villaines-la-Juhel, en Mayenne. MPO est spécialisée dans la fabrication de supports de médias et de stockage de données, comme les CD ou les DVD ou même les vinyles qui reviennent en force et dont il est le seul presseur indépendant en France. Le chef d’entreprise est relativement clair quand il ajoute même s’il ne souhaite pas pour qui il votera, mais il est facile de le déduire : « il faut regarder vers l’avenir, trouver un équilibre financier pour répondre aux questions de l’emploi et à la situation économique du pays et inverser la courbe du chômage  ».

Même façon d’aborder la réponse pour Philippe Jéhan, le bouillant syndicaliste agricole de la FDSEA qui déclare au glob-journal : « ne pas voter pour les extrêmes ! Après chacun fait ce qu’il veut ! Parce que les populismes ne servent à rien, ils peuvent faire l’aiguillon, c’est tout ! »

« Je me rappelle l’arrivée d’Hitler par les urnes en Allemagne »

A chacun donc sa façon de vivre son front républicain. Manuela Montebrun, par exemple, qui reste une figure du sport mayennais même si elle a mis fin à sa carrière sportive en 2012, fait partie de ces personnes pour qui « le secret de l’isoloir est important ». La championne mayennaise du lancer de marteau, trois médailles olympiques de bronze à son actif, ajoute qu’elle « ne parle jamais publiquement de politique. » Donc on ne saura pas.

Quand la parole est rodée à la pratique politique, l’aveu du vote se fait bien évidemment plus facilement. Ainsi le père de Guillaume Garot qui explique qu’il votera Macron, « c’est clair et sans la moindre hésitation  ». Georges Garot, le mayennais, présida la Maison de l’Europe en Mayenne et en devint le président d’honneur en 2008. Il fut secrétaire national du PS en charge de l’agriculture, puis député européen. Il fait donc partie de ces « grands électeurs du 7 mai » témoin de leur temps.

Sans qu’on lui demande, il ajoute qu’il n’hésitera pas « parce que je suis un ancien qui se rappelle l’arrivée d’Hitler par les urnes en Allemagne. Je vois aussi la montée des populismes en Europe et aux USA, et je veux, par tous les moyens, manifester mon désaccord avec ça ! C’est pourquoi je vote Macron le 7 mai, répète-t-il, et parce que c’est aussi un candidat qui a un projet pour donner un avenir à l’Europe  ».


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Publié le: 3 mai 2017
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