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La convention d’investiture du PS qui s’est déroulée dimanche 5 janvier 2017 pour confirmer Benoit Hamon comme candidat à la présidentielle a permis d’éclairer la conception de la démocratie de ce dernier. Cette convention à été l’occasion aussi de confirmer les investitures des candidats PS aux législatives qui suivent les Présidentielles. Cette conception est en vérité partagée par l’écrasante majorité des acteurs politiques plongés dans la Ve République.

- Par Martin F.

Sorti vainqueur de la primaire organisée par le PS, Benoît Hamon a clairement affiché son intention de tourner la page du quinquennat qui s’achève pour promouvoir une autre politique. Sa ligne a battu celle de Manuel Valls rejeté par la Primaire. C’est sur cette victoire nette que s’appuie sa volonté de proposer une autre voie, souhaitant rassembler sa famille politique et même au-delà.

A cette fin, il a validé l’investiture aux législatives de ces adversaires d’hier parmi lesquels Jean-Marie Le Guen, Myriam El Khomri, ou encore Najat Vallaud-Belkacem. Il semble donc qu’au PS, et malgré la nouveauté des primaires, les us et coutumes de la Ve République ne soient pas fondamentalement remis en cause. On peut en effet douter de la pertinence démocratique de réinvestir des responsables politiques qui ayant gouvernés hier, voient aujourd’hui leurs actions politiques rejetées, et finalement se faite battre dans les urnes.

Cette pratique "démocratique" bien française où les dirigeants sanctionnés pour leurs bilans peuvent continuer leur vie politique avec le soutien des partis – même quand ceux-ci promettent de tourner la page - comme c’est le cas en l’occurrence – semble anachronique avec l’aspiration démocratique qui s’exprime dans le pays. Cette mentalité n’est pas propre au PS, ni à Benoit Hamon. Ainsi chez Les Républicains Nicolas Sarkozy après avoir été battu en 2012 s’est de nouveau présenté comme "le sauveur" de son camp en 2016, mais sans succès.

Chez Europe Écologie-les Verts, c’est Cécile Duflot qui prépare sont retour sur le devant de la scène aux législatives, et ce malgré sa défaite sèche, dès le premier tour de la primaire de son parti où elle était pourtant donnée favorite. Elle aura pour cela besoin de l’appui de Benoit Hamon pour que celui-ci ne présente pas de candidat PS dans sa circonscription parisienne. Les choses semblent en bonne voie pour cela.

David Cormand, secrétaire générale de EELV, et Yannick Jadot candidat du parti, paraissent prêt à approuver un accord avec le PS pour les élections a venir, alors même que le mandat de David Cormand lors de son élection à la tête du parti en juin 2016 mentionnait expressément qu’il avait pour mission la présentation d’un candidat écologiste à la présidentielle et l’exclusion de tout accord de parti avec le PS pour les législatives ; soit tout le contraire de ce qui risque d’arriver.

On peut donc s’interroger devant cette conception de la démocratie, celle d’un Benoit Hamon qui dit vouloir « tourner la page » et « oxygéner la démocratie » mais qui investit sans sourciller des hommes et des femmes politiques vis-à-vis desquelles il a pourtant promis de défaire l’héritage. Quel logique y-a-t-il en effet à promettre de tourner la page de la politique valsiste et de réserver dans le même temps la première circonscription de l’Essonne à son premier promoteur Manuel Valls ? Quel respect pour le choix de ses électeurs, à qui il a promis d’abroger la loi El Khomri, quand il investit à la députation Mme El Khomri ?

« Cela montre bien l’anomie de notre vie politique »

Concevoir la politique comme un métier et une carrière de long terme, c’est sans doute cela le problème. A tel point que personne ne semble choquer de voir, aux élections, toujours les mêmes têtes se présenter ; à tel point que même les adversaires politiques ne songent même pas à proposer de nouvelle candidature en conformité avec la ligne politique sortie des urnes. Cela montre bien l’anomie de notre vie politique. Pour ces acteurs politiques, il ne vient même pas à l’esprit que d’anciens ministres qui, de l’avis général, ont échoués puissent cesser la politique pour laisser l’espace à d’autres citoyens.

Au-delà de cette conception démocratique, il y a sûrement d’autres raisons qui motivent cela. Électoral d’abord. Benoit Hamon ne peut se passer des voies que représentent ses adversaires d’hier. En raison ensuite de sa volonté affichée de faire le rassemblement autour de sa candidature, au prix on vient de le voir d’une certaine incohérence démocratique.

Enfin, et on laissera juge chacun de se faire son propre avis, par consensus idéologique entre sociaux-démocrates plus ou moins réformistes, plus ou moins libéraux. Benoit Hamon ayant a voté la confiance au gouvernement de M. Cazeneuve alors que celui-ci avait explicitement exprimé son intention de perpétuer la politique de son prédécesseur Manuel Valls, parti faire campagne justement contre M. Hamon. Cela explique peut-être pourquoi malgré le choix des électeurs le candidat de la Belle Alliance Populaire n’éprouve nulle hésitation à investir tant de ministre de l’ancien gouvernement Valls et membre de l’actuel gouvernement ayant soutenu ce dernier à la primaire. Parmi lesquels, Mesdames El Khomri et Vallaud-Belkacem, Messieurs Le Guen, Le Roux, Urvoas, etc.


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Benoît Hamon où la vie politique française sous la Ve République

Publié le: 10 février 2017
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