Bras de fer!

Le poing sur la table ! Voilà qui ne semblait pas jusque-là ressembler au socialiste Jacques Auxiette, qui nous avait plus habitué à véhiculer une image de consensus, tout en rondeur et en bonhomie.

Sans doute a-t-il été boosté par la victoire de la gauche, doublée de sa réélection dans un fauteuil à la présidence du Conseil régional des Pays-de-la-Loire. Et se sent-il pousser des ailes ?

Il entame son mandat sur les chapeaux de roues. Et par une charge contre la réforme territoriale que prépare le gouvernement. Ce qui en fait sera une fusion ( ce genre de concept est à la mode ), et verra surtout la disparition des élus départementaux et régionaux pour ne créer qu’une seul entité : celle de conseiller territorial.

Dans son article premier la loi stipule : « À dater du renouvellement cantonal de 2011, les conseillers généraux, désormais dénommés conseillers territoriaux, règlent par leurs délibérations les affaires départementales au chef-lieu du département et les affaires régionales au chef-lieu de région, en lieu et place des conseillers régionaux. »

Une réforme présenté au Sénat et qui se veut « essentielle, simplifiant la vie locale, diminuant nos dépenses publiques et répondant aux attentes de nos concitoyens (…). » Présenté comme cela, cela parait acceptable ! Mais pas pour tout le monde.

Geler

Aussi le n°1 de la Région tempête-t-il face à une majorité malmenée au lendemain des Régionales et entame un bras de fer malgré tout risqué : « Je demande au gouvernement de retirer son projet, dont l’ultime finalité sera d’empêcher les exécutifs régionaux, à peine élus, de mettre en œuvre leur programme ». Jacques Auxiette a annoncé qu’il « gelait » la part régionale du contrat de projet 2007-2013 signé entre la Région et l’État.

Et « si la réforme n’est pas retirée, nous revisiterons totalement nos priorités à l’occasion des prochaines négociations de mi-parcours« . Voilà qui est clair et net. Pour un premier discours devant l’assemblée nouvellement constituée, c’est fort.

« Prise d’otage » disent maladroitement des élus de droite qui semblent donner l’image d’être à cours d’idées, ou bien coincés entre une proposition qui en fait leur paraît alléchante : la suppression de la réforme en question qui les concerne aussi et une cohésion obligée de groupe, celui de la majorité, qui les empêche d’aller dans le sens de la gauche. Schizophrénie?Décidément ces assemblées régionales, elles ont bien trop de prérogatives et surtout bien trop de pouvoirs pour qu’on les laisse gérer en paix!

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