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L’émergence de l’extrême droite de plus en plus présente en Europe irait-elle « dans le sens de l’histoire » ? Question posée au lendemain de l’arrivée en Autriche d’une extrême droite pour la première fois en tête au premier tour de l’élection présidentielle. Cette formation vient de détrôner les partis de droite et de gauche que l’on dit classiques ; ils ont été éliminés avec des scores anormalement bas. Ils incarnaient les partis politiques de gouvernement qui avaient pourtant été appelés en responsabilité en Autriche depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Analyse.

- Par Thomas H.

Ce serait une « tendance lourde » comme la qualifie Marine Le Pen. Ce serait un « nouveau précédent » selon la présidente du FN qui irait « dans le sens de l’histoire  ». Des pays de plus en plus nombreux en Europe seraient sur un chemin qui conduirait inexorablement à cette extrémité. Un front du refus, avec en filigrane une envie de se soustraire à la «  soumission  » à l’Union Européenne qui structure les relations économiques au sein du grand marché européen, qui les structure et qui les impose aussi.

Manifestement, il se passe quelque chose en Europe. Il y a un vent mauvais qui souffle et qui enivre les électeurs qui, plus que tourneboulés, comme des mouches s’en vont se réfugier dans le giron de l’extrême droite.

Norbert Hofer, le leader du FPÖ a remporté le premier tour de la Présidentielle avec plus de 36 % des suffrages, un séisme. Il se retrouvera au second tour face à un écologiste dont la formation était jusque-là qualifiée de « petit parti ». Exit les vieux briscards de la politique, les partis de gouvernement ! Les poids lourds !

Il faut bien admettre que ces sorties de route sont très dangereuses. L’émergence sans complexe des partis populistes d’extrême droite qui s’affichent sans retenue ne serait rendue possible qu’en raison du fait que leurs représentants se sont achetés une image plus policée. Arborant des visages à taille humaine et des « raisonnements acceptables  », ils sont incarnés à présent, en France notamment par une jeunesse certaine ; comme Florian Philippot par exemple ou Marine Le Pen ou bien Marion Maréchal-Le Pen.

Ces intervenants politiques qui savent se médiatiser, ont la parole moins caricaturale que leurs ainés, ont abandonné les discours haineux, les invectives racistes et xénophobes. Ils ne semblent plus provoquer d’effet repoussoir pour l’électeur de base qui ne prêtent guère attention d’ailleurs aux programmes ou bien qui se laissent abuser.

Mieux, ces leaders incarneraient en plus un certain renouvellement politique et une fraîcheur, même si leurs idées globalement sont plutôt « rances ». Même chose en Autriche avec le leader du FPÖ, le parti national-libéral autrichien, l’équivalent de notre FN. Voyez par exemple comme il sait sourire aux objectifs !

Alors est-ce un coup de semonce ? Une alerte supplémentaire nous permettant de percevoir ce qui pourrait se produire en 2017 chez nous ? Ce schéma est-il transposable en France, alors que nous avions connu lors d’un certain 21 avril, la présence d’un Le Pen au second tour mais avec un Chirac en Face ?

En France, la situation économique n’arrange rien. Elle complexifie même au contraire, et elle donne de l’eau au moulin. En Autriche, elle est peu dégradée avec un taux de chômage qui augmente, et le pays est en relativement bonne santé économiquement. Comparaison n’est pas raison, mais ce n’est donc pas un élément qui semble compter chez les autrichiens pour expliquer ce bon en avant extrémiste. Ce n’est pas ça qui les a poussé à évacuer les partis classiques de gouvernement.

Ce qui en revanche a pu jouer, c’est sans doute le phénomène migrants annoncés en Autriche et perçus comme anxiogènes par les électeurs en raison de déclarations maladroites du président sortant. Et puis, l’extrême droite autrichienne a déjà franchi un pas important en matière de possibilité et d’aptitude à gouverner. Avec des représentants choisis pour détenir des portefeuilles, l’extrême droite s’est vue confortée et légitimé aux yeux de l’opinion publique.

Les électeurs ont donc participé à l’émergence de ministres en provenance de ces mouvances extrêmes venus épauler des majorités de droite. C’est bien cela, la différence entre la France et l’Autriche à ce niveau-là. Jusqu’à présent il n’y a pas eu de ministres étiquetés FN en responsabilité dans l’hexagone. Pas officiellement du moins !


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Ce qui se produit en Autriche peut-il arriver en France en 2017 ?

Publié le: 25 avril 2016
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