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Après Jean Arthuis, Béatrice Mottier, Christian Briand. Il a été maire de l’Huisserie (Juin 1995 - mars 2014), il est conseiller départemental dans l’opposition depuis 2015, Christian Briand a choisi de rejoindre le camp En Marche ! d’Emmanuel Macron. Dans cette Tribune, il cite le Conseil National de la Résistance et explique être « porteur de valeurs de gauche, nourri par son histoire si riche qui a tant apporté à chacun d’entre nous et qui étonnamment est si fréquemment et si injustement non reconnue. ». Le conseiller départemental Christian Briand nous dit aussi implicitement qu’il y a une sorte d’obligation convergente dans le contexte actuel à rejoindre la candidature d’Emmanuel Macron et à la parrainer ; c’est pourquoi, il a décidé de lui accorder une des 500 signatures nécessaires pour qu’il puisse présenter.

- Par Christian Briand

« Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous. » Cette citation de Paul Éluard correspond bien me semble-t-il à ce que nous vivons actuellement. L’organisation de notre mode de fonctionnement en société arrive à la fin d’un cycle.

Construire un projet de société fondateur

Comme souvent la société refuse et retarde le moment de modifier ses habitudes alors que tout change autour d’elle. À d’autres époques dans un contexte difficile aussi, les forces de progrès, bien que d’horizons différents se sont déjà associées pour construire un projet de société fondateur tant en terme de protection sociale que de développement économique, je pense en particulier au Conseil National de la Résistance.

L’organisation de notre mode de fonctionnement n’est plus adaptée à l’évolution rapide du contexte économique et social dans lequel nous vivons. Ce contexte est marqué par l’empreinte de la mondialisation avec ses incertitudes. Notre organisation doit être repensée pour apporter des réponses adaptées aux nouvelles situations.

« Peur de perdre son emploi, concurrence mondiale, accélération des rythmes de vie »

De très nombreux sujets sont impactés par ces évolutions. Il en est ainsi notamment pour les changements des métiers qui doivent répondre aux nouvelles attentes de la population, s’inscrire dans la concurrence mondiale tout en intégrant l’entrée permanente des nouvelles technologies. Ces mutations ont des conséquences importantes sur l’accélération des rythmes de vie, sur la composition des catégories sociales et l’évolution de leur histoire, de leurs poids, de leurs représentations, sur la considération que leur accorde ou non la société, moins d’agriculteurs, moins d’ouvriers …

Dans ce contexte s’est également développée la peur de perdre son emploi, la précarisation, les temps partiels non choisis, les rémunérations bloquées pour certaines catégories etc. Parmi les structures de protection des conditions de travail, il s’est développé un système qui préserve surtout ceux qui sont en poste contribuant en contrepartie à créer des rigidités que peuvent subir ceux qui souhaiteraient être intégrés et bénéficier d’un travail. Ce n’est pas particulier au monde salarié, nous observons dans certains métiers, certaines corporations, des systèmes de contrôle d’accès à l’exercice de certaines professions.

De plus à cela s’ajoute une modification importante de la répartition de la population sur les territoires et sur leurs conditions de vie. Des territoires qui bénéficient d’une image attractive et d’autres beaucoup moins. Les territoires présentent des déséquilibres importants ou se juxtaposent des zones où la vie est confortable, porteuses d’espoir et de confiance et des zones en déprises où les populations se considèrent comme oubliées, tenues à l’écart des fruits du progrès pouvant générer des comportements de désespoir ou l’on peut avoir le sentiment que l’on n’a pas accès aux mêmes chances.

« Ce regard sur notre société m’amène à considérer que nous devons proposer de nouvelles fondations, un projet et des modes de fonctionnement ambitieux au service des populations et des territoires. Il faut reconstruire. »

Il y a néanmoins dans ce contexte des gens qui individuellement ou collectivement s’investissent, créent des solutions pour répondre au mieux à la situation. Ces initiatives méritent d’être facilitées, accompagnées, développées, multipliées. Ce regard sur notre société m’amène à considérer que nous devons proposer de nouvelles fondations, un projet et des modes de fonctionnement ambitieux au service des populations et des territoires. Il faut reconstruire.

Je suis porteur de valeurs de gauche, nourri par son histoire si riche qui a tant apporté à chacun d’entre nous et qui étonnamment est si fréquemment et si injustement non reconnue. Il est d’ailleurs étonnant de voir à quel point cela suscite des réactions d’inquiétudes lorsqu’une des avancées sociales est remise en cause, bien au-delà du cercle de ceux qui l’ont soutenu, voir même parmi ceux qui s’y sont opposés à l’origine.

Je suis reconnaissant auprès de ceux qui au cours du temps m’ont fait découvrir ces richesses. C’est donc au nom de ces valeurs de gauche que je suis engagé, au service du vivre-ensemble dans le respect des histoires de chacun, des cultures, des conditions de vie, avec l’ambition de permettre aux gens, de pouvoir réaliser leurs projets personnels, de pouvoir être protégé des aléas de la vie, d’être acteur avec les autres là où il réside sur des projets d’intérêt collectifs et où la prise en compte du plus grand nombre et plus importante que la satisfaction des égos de certains ; et où les intérêts des structures sont considérés comme des moyens et non des finalités.

C’est dans ce cadre et pour ces raisons que j’ai donné mon parrainage à Emmanuel Macron.

Je considère qu’il est le plus porteur de cette volonté de mettre en priorité un projet et des méthodes nouvelles auxquels je crois pour mettre en place les fondations d’une nouvelle approche des problèmes dans le respect des valeurs auxquelles je tiens. Je n’attends pas un homme providentiel mais un maitre d’œuvre qui va savoir mettre en musique autour de lui des compétences sur un projet que je partage.

C’est notamment le cas lorsque l’on envisage de transférer le financement de l’assurance-chômage et de l’assurance-maladie vers la CSG dans le but d’augmenter les salaires nets. Ce transfert vers la CSG, permettrait de supprimer les cotisations chômage et maladies du bulletin de salaire, exigerait en échange de taxer davantage les revenus du capital et ceux des retraités les plus aisés.

C’est notamment le cas lorsque l’on envisage de permettre à un salarié qui démissionne de toucher d’emblée le chômage, pour notamment lutter contre le harcèlement et le « burn-out » envers ceux qu’on pousse hors de l’entreprise ; ou de permettre à un artisan, un commerçant, un indépendant de pouvoir avoir des ressources au cas où il est conduit à quitter son activité et ainsi permettre à un plus grand nombre d’oser ; ou encore d’inciter à ce qu’un chômeur à qui serait proposé « une offre décente et cohérente avec ses compétences », ait le devoir de l’accepter.

« Vers une République contractuelle où la loi sert de socle minimal (...) »

C’est notamment le cas lorsque l’on envisage de développer une « République contractuelle », où la loi sert de socle minimal à des droits qui doivent être négociés en entreprise ou par branches, en misant sur le dialogue social ; de développer une administration qui privilégie l’accompagnement avant de sanctionner en cas d’abus ou de récidive, de reconstituer notre renseignement territorial dans les quartiers les plus sensibles et de recréer une nouvelle police de proximité.

C’est notamment le cas lorsque l’on envisage de libérer les territoires par la décentralisation (suppression des départements là où il y a de grandes villes), la déconcentration de l’État et une plus large autonomie des hôpitaux et universités.

Pour une Europe protectrice : il faut « retrouver du rêve de Schumann » ; avec l’Europe, s’engager dans la défense, dans de grands investissements, dans la révolution numérique, l’environnement ou encore la crise des migrants. Nous sommes à l’heure du rendez-vous.


2 commentaires
  • Et ça ne vous embête pas M.Briand, conseiller départemental "d’opposition" de rejoindre le même mouvement que M.Arthuis ? Quelle légitimité vous reste t-il pour vous inclure dans "l’opposition" ? Quelles sont ces "valeurs de gauche" tellement de gauches qu’elles sont partagées par des gens de droite et du centre ?

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    • Il faut dire qu’il est quand même difficile de soutenir un rêveur intello comme Hamon et mieux vaut un pragmatique de gauche comme Macron qui a au moins le mérite de comprendre quelque chose à l’économie de marché ! Et puis, cher Romain, pourquoi ne pas se réjouir qu’un type comme Jean Arthuis penche enfin vers le centre gauche ?!!!

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Christian Briand : Pourquoi j’adhère à En Marche ! et parraine Emmanuel Macron

Publié le: 1er février 2017
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