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Par Lucas Lechat - « Il est devenu impossible de se garer en ville ». Voila bien une phrase que l’on entend partout et depuis 10, 20, 30 ans, si ce n’est plus, et qui continue d’alimenter les conversations, les promesses et les actions politiques. On ne peut pas nier que circuler et se garer en centre-ville est, à certaines heures de la journée, une vraie gageure. Consciente de ces problèmes, la municipalité de Laval organise ce 17 mars ce qu’elle appelle un Jeudi-citoyen, en présence du sénateur-maire François Zocchetto. Les Lavallois sont donc invités à venir débattre avec les élus des questions de stationnement dans la ville.

- Par Lucas Lechat

Espérons que cela soit vraiment l’occasion d’échanges nourris et constructifs pour faire surgir de nouvelles solutions pour une meilleure circulation en ville, car la lecture du programme laisse malheureusement penser que l’exercice ressemblera plus à une réunion d’informations, au cours de laquelle sera détaillée l’instauration de zones bleues en centre-ville.

Petit rappel, le plan de stationnement mis en place sous la précédente mandature socialiste Garot-Boyer a certes amélioré la fluidité et la rotation des places libres grâce aux parkings barriérés avec leur heure de stationnement gratuit ; mais il a surtout soulevé de vives critiques quant à l’extension de la zone rouge (payante au fort tarif), ainsi que sur les modalités et le principe même du partenariat public-privé avec Urbis-Park qui gère le stationnement. Cela a engendré également deux autres phénomènes.

Le premier, c’est le déplacement des voitures vers les quelques places de stationnement restées gratuites, aux alentours de la zone rouge. Témoins, les places de Hercé et Pierre Mendès-France (entre le commissariat de police et la poste centrale). Les riverains des rues adjacentes à la zone rouge oscillent entre l’exaspération d’avoir vu se déplacer devant chez eux tous les automobilistes ne souhaitant pas payer, et la crainte de voir, dans un futur plus ou moins proche, cette zone de taxation supplémentaire étendue à leur quartier.

La deuxième conséquence est l’augmentation des petites incivilités et des infractions. Comme le récense et le dénonce le compte Twitter @gcumlaval (Garé comme une merde). On observe partout dans la ville des voitures stationnées en double file, sur un trottoir, sur un zébra, un passage piéton, etc. Toutes les justifications sont bonnes : déposer quelqu’un, acheter des cigarettes ou un journal, répondre au téléphone, mais parfois stationner plus longtemps. En plus d’être illégal, cela se fait au mépris des autres usagers de la route et de l’espace public, leur faisant courir un risque inutile. Les piétons se voient contraints de passer sur la route, les personnes à mobilité réduite s’en retrouvent bloquées, les automobilistes, cyclistes et conducteurs de bus doivent dépasser dans des rues qui ne le permettent pas toujours.

Alors bien-sûr, on peut se demander si aujourd’hui, faire la course à plus de stationnement payant, faire la chasse aux « voitures-ventouses » (comme le préconise la municipalité) sont les bons moyens pour construire le futur de nos déplacements. Ne cherche-t-on pas ici à panser les problèmes d’aujourd’hui sans penser aux réelles solutions de demain ?

Copyright Lucas Lechat leglob-journal Ne devrait-on pas plutôt se demander si la source de l’engorgement du centre-ville ce n’est pas nous-même qui la créons ? Et comment peut-on améliorer nos comportements ? Et la ville, comment peut-elle améliorer ses services proposés pour diminuer le trafic, faciliter le stationnement, et les déplacements "doux" et la tranquillité ? Sans vouloir à tout prix fermer la ville à la voiture, nous pourrions réfléchir à des solutions pour partager plus sereinement l’espace, et améliorer nos déplacements !

Quand pourra-t-on choisir d’aller au travail en TUL (Transports Urbains Lavallois) sans mettre 3 fois plus de temps qu’en voiture ? Quand les cyclistes pourront-ils circuler en sécurité grâce à de vrais aménagements dédiés à leurs déplacements ? Quand entendrons-nous de nouveau parler d’un BHNS, enterré avec l’Écotaxe ; le Bus à Haut Niveau de Service, c’est une ligne où le bus circule sur tout ou partie de son trajet en voie propre, avec des horaires réguliers et renforcés, qui disposent d’arrêts accessibles au personnes à mobilité réduite, proposant de l’intermodalité, bref quand ? Ce qui serait un vrai progrès, non ?

Peut-on dire quand le parc de Vélitul s’agrandira-t-il enfin pour proposer un vrai service aux Lavallois, là où les 9 stations actuellement réparties dans la ville ne semble qu’être une vitrine sans réelle utilité ? Quand verrons-nous également un réaménagement de la place du 11-Novembre, dont la promesse se fait entendre depuis des années, dont les habitants attendent beaucoup, et qui redonnerait leur place aux piétons, en toute sécurité ? Quand les parkings relais remplieront-ils enfin leur rôle, avec un signalisation approprié et un usage réservé aux utilisateurs de transports en commun ?

Tous ces projets existent ou peuvent exister. À nous de nous les approprier, de les développer, et de les réclamer. Bref, à nous de nous laisser transporter !


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Circulation à Laval : « panser les problèmes sans penser aux réelles solutions de demain ? »

Publié le: 16 mars 2016
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