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Le comité de pilotage (copil) passe de plus en plus mal. C’est ce que disent les représentants de ceux qui n’ont pas envie de voir l’établissement du second degré lavallois fermer. À l’origine organe de « concertation », le copil a été lancé après l’annonce intempestive de la fermeture du collège public lavallois par Olivier Richefou, le président du Département. À présent, et après plusieurs réunions, il se transformerait en « un simple temps d’informations », ce que dénonce l’Association des parents et amis du collège Fernand Puech qui vient juste d’être créée.

- Par Thomas H.

Le copil, qui s’est réuni une nouvelle fois le 21 mars dernier, c’est presque comme les Galeries Lafayette, un parent d’élèves lance, « à chaque fois, il y a quelque chose qui arrive !  ». Et cet autre de renchérir tout de go, « on se paye notre tête !  ».

Le ton est courtois, mais la détermination est forte et les choses sont dites sans détour au cours de cette « réunion concertation » qui suit la tenue du comité de pilotage, dans l’enceinte du collège Fernand Puech.

Ils sont aussi tous d’accord pour noter l’absence récurrente par exemple d’un représentant de la ville de la Laval. Philippe Habault adjoint aux finances de François Zocchetto, siège au conseil d’administration du collège, mais est absent du comité de pilotage. « Il n’est jamais là, et donc il n’y a personne de la ville, ce n’est pas normal...  » dit cet autre.

« Une position qui soit officielle ! »

Philippe Habault a bien fait savoir qu’il proposait, dans cette affaire de l’examen de la fermeture de Fernand Puech, « un moratoire de 5 ans », rappelle un des participants autour de la grande table du rez-de-chaussée du collège où se tient cette « réunion concertation ». « C’est bien, dit cette autre, mais il le fait aussi parce qu’il est candidat [aux législatives, NDLR]. Et si il exprime une position, il faut qu’elle soit officielle ! ».

Lucides, ils remarquent par exemple que « le conseil départemental a transmis par mail deux études de la phase 1, soit près de 200 pages le vendredi17 mars pour une rencontre [ le comité de pilotage, NDLR] le 21 mars, le délai d’analyse est réellement court pour décortiquer les documents. » Les parents d’élèves et amis du collège en sursis ont le sentiment d’être « roulés dans la farine ».

Après l’épisode de « la fuite de la SNCF » révélée par un conseiller municipal d’opposition de gauche, un autre épisode troublant vient de raviver leur inquiétude. L’un d’eux raconte : « à ce dernier copil, on nous a glissé que le collège de Montsûrs pourrait accueillir des élèves d’Argentré !  » ; le visage se ferme, et la voix se crispe un peu, « or, en principe seuls les collèges lavallois, c’est écrit dans le cahier des charges, sont concernés par l’étude démographique qui nous occupe ! ».

Montsûrs, une variable d’ajustement ?

Dans cette étude, il a été question également d’un tableau et d’un graphique excluant le collège Fernand Puech » explique cet intervenant. « Des chiffres note le compte rendu écrit après la tenu du comité de pilotage présentant la capacité maximum de chaque collège étudié omettent celle du collège Fernand Puech (...) le conseil départemental n’y voit plus aucun élève à terme et donc ne se soucie guère d’y déterminer une capacité. ; Michel Hervé qui représente Olivier Richefou a une fois de plus démenti. » Voici, ci-dessous le tableau en question.

Au bout de la table une autre voix s’élève : « La manœuvre est grossière ! » et cela leur paraît évident à tous. D’autant que le collège de Montsûrs est présenté comme étant en sous-effectif. En effet, l’étude démographique réalisée par le cabinet d’audit Compas, sur laquelle ils sont appelés à travailler dans le comité de pilotage, fait apparaître un taux d’occupation pour le collège Béatrix de Gâvre de Montsûrs de « 52% », quand les autres collèges voient un taux d’occupation entre « 59% » (Alain Gerbault) à « 85% » (Pierre Dubois) à Laval.

La même étude écrit plus loin que « Les collèges publics et privés de Montsûrs (Béatrix de Grâve et Saint-Martin) accueillent moins d’élèves en comparaison des autres collèges de la zone d’étude. » Le parent d’élèves continue : « Montsûrs pourrait bénéficier du recrutement des élèves de Puech, si il est fermé ». « Et-ce que cela veut dire selon vous que Montsûrs serait une variable d’ajustement ? » Oui, confirment-ils, en hochant pratiquement tous la tête. « Mais comme d’habitude, Michel Hervé qui préside le comité de pilotage a tout démenti. » ajoute un participant.

Cette jeune femme placée au centre de la table recadre le débat : « il faut que nous soyons attentifs à nos deux caps que nous nous sommes fixés au début de notre concertation : la non fermeture de Puech, et une très grande vigilance sur la sectorisation qui se dessine », explique-t-elle. Elle rappelle au passage que de l’autre coté « s’ils démentent tout en bloc ! c’est une stratégie ! ». « Oui, renchérit cette autre, on a le sentiment qu’ils ont, excusez-moi, le cul entre deux chaises. »

« Nous ne sommes pas dupes »

Ils sentent bien que « la position initiale de fermeture mise sur la table par Olivier Richefou présente des failles  ». En face, une voix s’élève pour dire « nous ne sommes pas dupes, on voit bien qu’ils essayent de nous faire avaler des couleuvres !  » À ce tableau, il convient d’ajouter cet élément qui les conforte, expliquent-ils. « Le 3 mars dernier, la commission de sécurité qui passe tous les ans, a validé les travaux qui ont été fait au collège ; c’est en totale contradiction avec ce qui nous a été expliqué pour justifier la fermeture !  »

Les échanges sont toniques, mais pas d’acrimonie excessive. Néanmoins pour Claude Gourvil : «  la confiance avait tourné à la méfiance, il ne faudrait pas qu’on en arrive à la défiance. » analyse le conseiller municipal EELV de Laval qui est présent à cette « réunion concertation ». L’histoire de Montsûrs a été perçu comme « un nouveau coup bas (…) et ce comité de pilotage, lance, fermement, une jeune femme c’est un alibi pour que le conseil départemental puisse prendre sa décision. » .

« Des actifs, des volontaires et des sympathisants »

« ils nous baladent pour finir l’année, jusqu’en juin ; on sent bien que les membres du conseil départemental veulent que ça s’arrête ». Initialement, il avait été dit qu’ « on prendra tout le temps qu’il faut. » Encore un changement note les participants qui sont en demande et cherchent les moyens pour réactiver leur participation effective dans ce copil que certains estiment n’être plus qu’« une chambre d’enregistrement, sans pouvoir, et sans poids ».

Rappelons qu’à la fin de tout, c’est le préfet de la Mayenne qui prendra la décision ultime. Pour l’heure l’association qui compte déjà 75 adhérents enregistrés en l’espace d’à peine 15 jours se veut porteuse d’espoir. « Elle regroupe des forces : il y a des actifs, des volontaires et des sympathisants ». L’association cherche encore à recruter.

À terme, elle pourrait être amenée à agir. En tant que personne morale, s’il le faut, si elle est poussée à le faire ; elle pourrait permettre d’aller en justice. « Mais pour le moment, on en est pas encore là  » rectifie l’un des participants, calmement, avant de passer au point suivant de l’ordre du jour, à savoir, les actions à venir.


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Collège Fernand Puech : un copil qui horripile de plus en plus

Publié le: 31 mars 2017
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