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2 mayennais parmi les 87 faucheurs volontaires sont cités à comparaître les 11 et 12 octobre à Marmande dans le Lot-et-Garonne. C’est un important procès qui devrait s’ouvrir à la mi-octobre.

Parmi les 87, Ronan et Hervé ÉON. Ce dernier dit ne pas regretter.

Radical

En septembre 2006, il faisait partie des 87 faucheurs volontaires d’OGM qui ont « neutralisé douze hectares de maïs transgénique, le MON810 de la firme Monsanto dans le Lot-et-Garonne  ».

Les faucheurs volontaires est un mouvement essentiellement français, mais des actions similaires ont eu lieu en 2007 en Allemagne, au Portugal et en Grande-Bretagne. Les 6 700 militants revendiqués se sont engagés par écrit à détruire les parcelles d’essai transgéniques et de cultures d’OGM en plein champ.

Qualifiés par le droit pénal et civil de « destruction grave du bien d’autrui en réunion  », ces actes constituent un délit. La peine maximale prévue pour ce type de délit est de 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende, une peine susceptible d’être doublée en cas de récidive légale.

Hervé et son fils Ronan seront à la barre du tribunal de Marmande. « C’est un mode d’action qui a pu choquer. Mais si, aujourd’hui en France, on n’est pas envahi par les OGM, c’est peut-être aussi grâce à ce qu’ont fait les faucheurs volontaires. S’il n’y avait pas eu d’actions radicales, les gens n’auraient pas été sensibilisés de la même manière. » explique Hervé Éon.

Polémique

L’illégalité des actes d’arrachages d’OGM a provoqué un débat en France : les sympathisants des Faucheurs volontaires affirment qu’ils agissent selon les principes de non-violence et de désobéissance civile.

De l’autre coté leurs opposants considèrent que la neutralisation de champs est un délit qui doit être condamné car elle freine la recherche et est, selon la loi, une destruction du bien d’autrui. Toutefois les faucheurs volontaires ne s’opposent, conformément à leur charte, qu’aux essais de culture d’OGM en plein champ et à leur utilisation alimentaire. Pas à la recherche en milieu confiné.

Pour la firme américaine « un pays qui laisse une poignée d’obscurantistes saccager sa recherche se prive de toutes les promesses de progrès que celle-ci porte pour le présent et pour l’avenir  ».

Les Faucheurs volontaires sont-ils des « guérilleros de la résistance » ? Les 2 mayennais se sont portés volontaires pour être mis en examen, comme leurs autres camarades d’action. Une démarche qu’ils considèrent comme responsable.

« Quatre années se sont écoulées et notre combat n’a pas été vain, estiment-ils. On est arrivé en 2007 à l’établissement d’un moratoire. Le maïs qu’on a fauché n’est plus, pour l’instant, autorisé. On va être jugé pour un truc qui est provisoirement interdit. Est-ce qu’on a eu raison trop tôt ? »

Ils encourent jusqu’à cinq ans de prison. Mais c’est la sérénité qui prime. « Dans ce genre d’affaire, c’est entre 1.000 et 2.000 euros d’amendes et de deux à trois mois de prison avec sursis  » que la justice prononce, avance Hervé Éon.

Le ministre de l’Agriculture de l’époque avait considéré le 20 août 2006 que ce sont des « actes de vandalisme irresponsable contraires à l’État de droit et au respect de la propriété privée et de l’outil de travail  ». Des producteurs de maïs avaient également manifesté leur très fort mécontentement et dans le même esprit des voix s’étaient élevés pour estimer que « les faucheurs sont dangereux », car ils « menacent le progrès de la science au nom d’une vision conservatrice de l’agriculture  ».

Le procès va-t-il offrir une nouvelle tribune aux anti-OGM comme le pense ceux qui doivent répondre de leurs actes délictueux. « On va relancer le débat autour des OGM car la question n’est pas réglée. Pour preuve, la France a inscrit 36 variétés de maïs génétiquement modifié au catalogue des semences »

La défense de ceux qui sont appelés à répondre de leurs actes devant la Justice s’appuie sur la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui en appelle à la « résistance à l’oppression ». Leurs défenseurs se fondent aussi sur l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme qui protège l’environnement et dispose que « chaque citoyen a droit à un environnement sain ».


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Contre OGM

Publié le: 3 octobre 2010
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