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Les robes de mariée sont dans le rouge. L’industrie de la couture en Mayenne continue de souffrir. Le groupe Pronuptia qui existe depuis 1996, dont le siège social est à Louverné près de Laval a été mis en redressement judiciaire. Avec une période d’observation d’une durée de six mois. Une cinquantaine de personnes travaillent à Louverné en Mayenne, ils sont environ 300, dans toute la France. En dix ans de 1995 à 2005, la bagatelle de 4500 emplois dans le secteur de la couture ont été détruits dans le département. Effets de la mondialisation et de son attrait du « produire moins cher » pour « gagner plus » ? Les entreprises de confections qui tentaient de survivre ont dû fermer les unes après les autres. Quelque-unes ont pu survivre en se plaçant dans des « niches », comme celle de la confection de luxe pour des maisons de haute couture qui ont pignon sur rue mais pas en Mayenne.

- Par Thomas H.

vec seulement un trentaine d’années, c’est le cas du jeune Rabih Kayrouz qui a fait travailler la Mayenne. Ce couturier a créé sa marque de prêt à porter de luxe en France en 2009, l’année où il s’est installé dans l’hexagone.

Et « tout ce qui est Rabih Kayrouz est fabriqué principalement en Mayenne. Mais aussi dans son atelier parisien, qui fut un ancien théâtre où a été créé « En attendant Godot  » de Samuel Beckett. « Les bulles, légères et pétillantes comme le champagne, ont dominé  » l’un de ses derniers défilés notait dernièrement l’AFP. « De sages jupes coupées sur le genou, les épaules dégagées pour une silhouette athlétique  », voilà comment se présente le « vestiaire » de Rabih Kayrouz.

« Epure » - Ce Libanais “zen” qui se situe entre prêt-à-porter de luxe et haute couture, vise « l’épure de l’orient où les sens sont sublimés ».

« Les couleurs vont de la craie au bleu marine en passant par un léger jaune citron et un pêche couleur chair. Beaucoup de maille juxtaposée à de la soie ou des broderies anglaises émaillées de tout petits trous - ou bulles - qui laissent entrevoir la couleur d’un jupon en dessous  » ajoutait le journaliste de l’agence qui manifestement a été séduit.

Mode et démocratisation - Le créateur libanais a mis dernièrement « sa signature au service de la Redoute  », titrait simplement le supplément Style de l’Express qui ajoutait que Kayrouz « avait dessiné 5 silhouettes pour le géant de la vente à distance  ».

On y voyait dans l’article deux mannequins dont une portait une «  robe en soie à 129 euros  », et l’autre « un pantalon en satin de laine » à presque 100 euros. Une révolution financière ?

En Mayenne l’Entreprise Fonlupt à Ballots travaille pour la Haute couture. Une reconversion. La société Simon Fonlupt est un fabriquant de chemisiers, de jupes, de robes et notamment de vêtements « en flou  », c’est-à-dire utilisant des tissus de texture légère et transparents tels l’organdi, la soie, le crêpe ou la mousseline. Des tissus évanescents pour des allures qui ne le sont pas moins. Des matières qui créent de la volupté et du style naturellement.

Un créneau-niche - Logée dans un petit village de la Mayenne dans le Sud du Département, l’entreprise de confection est discrètement installée, à la sortie du village de Ballots.

Elle est spécialisée dans la sous-traitance pour le prêt-à-porter de luxe où l’exclusivité et l’originalité sont portées au paroxysme. Il faut aux minimum 4 heures pour confectionner un vêtement.

Chez Fonlupt 70 «  petites mains » - comme on a coutume de les appeler- mettent leur savoir-faire aux bénéfices des maisons de haute couture. Ce créneau spécifique les conduit à fabriquer de petites séries pour des marques comme Céline, Ninna Rici, Kenzo, Lacroix, Chloé, Hermès et donc Kayrouz.

Sur Internet, les Productions Simon Fonlupt annonce la « réalisation en moyenne de 20 000 vêtements par an pour le prêt-à-porter de luxe  ». Des robes qui sont parfois uniques et portées par des femmes qui ne sont pas mannequin de profession, mais qui n’en pas moins connues et contribuent à l’image de la haute couture à travers le monde. Comme par exemple Nicole Kidman (ci-contre) qui portait, sans doute sans le savoir une robe « made in Mayenne  » quand elle a fait son apparition au Golden Globes en 2011.

Une fierté ? - Juste retour des choses ? En tout cas, en Mayenne la désindustrialisation dans le secteur de la couture et l’émergence des pays à la main-d’œuvre bon marché, où les entreprises délocalisent leurs sites de production pour des motifs de rentabilité, a fait fermer un nombre conséquent d’unité de fabrication de vêtements.

De « petites » PME, des ateliers ont mis la clef sous la porte. Le bruit des machines à coudre et des surjeteuses s’est définitivement éteint.

Les Confections Coulanges par exemple à Mayenne, c’était en décembre 2004. Ce fut un véritable crève-cœur. Un cri sourd et lancinant pour les 54 salariés, toutes des femmes qui se sont retrouvées, sur le carreau quand elles sont remontées à la surface de la réalité. Au chômage. Avec des paroles aigres et des rancœurs plein la tête.

Leurs machines à coudre, ce qui faisait prolongement de leurs corps en quelque sorte, ce qui les animait pour le meilleur et le pire ainsi que le stock ont été vendus aux enchères.

Au cours de la vente, le plus gros lot de vêtements soit 18 000 pièces avait été acquis 10 000 euros par le dirigeant des « Magasins Bleus », une entreprise de vente à domicile, dont le siège social est situé en Bretagne.

A Suzanne, Viviane et les autres ! - Les Coutils à Laval étaient les derniers à fabriquer des toiles à matelas. L’entreprise a cessé d’en produire en décembre 2005. Cette année-là, le secteur du textile et de l’habillement pesait 1 500 emplois en Mayenne. 6000 emplois en 1995. Combien aujourd’hui ?

Comme souvent la traditionnelle cellule de reclassement qui « rassure » et temporise, et permet aux pouvoirs publics de mettre en avant des mesures d’apaisement avait été mise aussitôt mise en place.

Elle avait pour but de tenter de reclasser les salariés dont la moyenne d’âge aux Confections Coulanges tournait autour de 45 ans. Il fallait rebondir disaient en substance les autorités.

Suzanne projetait à l’époque de devenir aide-à-domicile. Dominique caressait de se muer en Conseillère clientèle-assurances. Viviane en chauffeur de taxi. Y sont-elles parvenues ? L’histoire ne le dit pas !


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1 commentaire
  • Couture : toute une filière détricotée 3 décembre 2012 13:59, par lionne

    si un jour il n’existera plus de couturiére nous habillerons dans des sacs à patates cela risque de faire réfléchir certaine personne qui aime les beaux de méme que les personnes qui aprécis les vétement chiques ce qui ne sera pas mon cas vue que je suis couturiére de métier car je suis comme ses femmes je cherche du travail ayant appris la couture à l’àge de 15 ans cela est toujours une passio pour moi je suis au ange dés que j’ai confectionnée un ou plusieur vétements

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Couture : toute une filière détricotée

Publié le: 5 juillet 2012
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