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Les deux sénateurs de la Mayenne à l'époque : Francis Le Basser, le maire de Laval et l'avocat Jacques Delalande, en plus sombre (Archive Hervé Delalande)On connait l’affaire de L’attentat de l’Observatoire, on connait Mitterrand et ce qu’il adviendra ensuite en 1981 ; mais on ne connait moins Jacques Delalande qui fut rapporteur de la commission parlementaire chargée de lever l’immunité parlementaire de François Mitterrand alors sénateur de la Nièvre. Avocat de profession, ancien bâtonnier, conseiller municipal de Laval en 1945, Jacques Delalande fut un fervent défenseur de « la liberté de l’enseignement ». Le sénateur mayennais « inscrit au Sénat sous la groupe Républicains Indépendants (...) plaida pour l’école catholique au champ de courses de Laval le 11 avril 1948 devant 15 000 personnes venues de tout l’Ouest » écrit notamment Dominique Delaunay dans son dossier de 21 pages que lui consacre L’Oribus n°98. L’auteur de cet article très documenté sur L’attentat de l’Observatoire où un mayennais eut un rôle à jouer est sur leglob-journal. Dominique Delaunay nous explique comment il a travaillé sur cet épisode de l’Histoire de la France.

- Par Dominique Delaunay

’avais travaillé pour l’Oribus n°92 un article sur « les procès des kermesses » de l’après-guerre et à cette occasion j’avais rencontré Hervé Delalande, ancien avocat du barreau de Laval. Il m’avait présenté un volumineux dossier de son père Jacques Delalande (1908-1997), avocat lui-même et sénateur de la Mayenne de 1948 à 1965.

Des archives inédites

Ces archives personnelles réunissaient les pièces de la phase parlementaire de l’affaire dite de L’attentat de l’Observatoire. Elles avaient un caractère inédit et contenaient des lettres de François Mitterrand sur cette ténébreuse affaire des débuts de la Ve République.

J’ai donc entrepris, à partir de ce dossier et des archives de la Préfecture de police de Paris, une étude pour le n°98 de l’Oribus. Je ne prétends pas apporter des lumières définitives sur les instigateurs de ce complot étrange qui faillit entraver définitivement le destin politique du futur président de la République : toutes les biographies récentes de François Mitterrand y consacrent un chapitre. Mon propos a été de retracer la phase parlementaire de l’affaire moins étudiée et qui a aujourd’hui, de manière purement fortuite, des résonances assez frappantes.

« Une traversée du désert »

Mitterrand en 1958 fait partie de ceux que de Gaulle appellera « les politiciens au rencart ». Il a été balayé aux législatives du 30 novembre 1958 et s’est raccroché aux branches, en devenant sénateur de la Nièvre.

Toute la gauche commence, comme lui, elle aussi sa « traversée du désert  », y compris médiatique quand le 16 octobre 1959 éclate une surprenante nouvelle : Mitterrand a échappé à un attentat ! Il a été sauvé par son sang-froid ! suivant un titre de presse. En effet, sa voiture a essuyé de nuit une mitraillade à laquelle il s’est soustrait en se réfugiant dans les jardins du square de l’Observatoire, à Paris.

Émoi général dans ces temps troublés par la crise algérienne, de la presse et du personnel politique. Hélas, quelque temps après, un certain Pesquet, ex-député poujadiste, révèle dans l’hebdomadaire Rivarol que cet attentat était « bidon  » et avait été monté...par Mitterrand lui-même, pour faire parler de lui. Nouvel émoi et scandale sur ces révélations, montant graduellement en puissance quand l’enquête de police révélera que Mitterrand avait rencontré trois fois son agresseur avant l’attentat et qu’il a tu délibérément ce fait à la police.

Une affaire très actuelle

Le parquet poursuivra pour outrage à magistrat, mais il fallait avant toute mise en examen, lever l’immunité parlementaire du sénateur de la Nièvre. Une commission fut désignée au Sénat et désigna le sénateur de la Mayenne (1948 à 1965) Jacques Delalande pour être son rapporteur.

Cette affaire présente tous les ressorts de celle très médiatisée et actuelle : des révélations par un journal, une campagne de presse accusée d’être un lynchage (Mitterrand évoquera pour la première fois son « honneur jeté aux chiens  »), le problème de la séparation des pouvoirs, du parquet aux ordres, le lâchage des amis politiques, des explications embrouillées et finalement une mise en examen qui se perdra au fil du temps dans les méandres judiciaires. Mitterrand survécut. Et on connait la suite.

La suite de cette histoire autour de François Mitterrand, et du mayennais Jacques Delalande est à retrouver dans le n°98 de la revue L’Oribus


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Delalande, un sénateur mayennais face à Mitterrand

Publié le: 19 mars 2017
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