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Pour la première fois, des étudiants lavallois ont participé aux 24 Heures du code durant le week end du 20 et 21 janvier dernier dans la capitale sarthoise, par équipe, pour se confronter à des défis informatiques. Parce qu’il n’y a pas que les voitures qui tournent sur circuit au Mans, place aux lignes de codes et aux petits robots ! Organisé à l’origine par l’école d’ingénieur locale, l’ENSIM, ce festival du code reçoit le soutien de La ruche numérique de la CCI du Mans, du CESI, le Centre professionnel dédié à la formation d’ingénieurs et de l’école de la filière numérique. Rencontre avec ces jeunes lavallois et leur enseignante.

Par Marrie de Laval

« L’an dernier, j’étais venu comme simple spectateur » explique Nicolas. « Ca m’avait bien plu » et « nous en avions tous plus ou moins entendu parler  », enchaine un autre qui fait partie des cent trente personnes constituées en équipe de quatre ou cinq compétiteurs qui se sont mesurées les unes aux autres dans quatre défis distincts, sur 24 heures.

Ce cru 2018 représente la septième édition d’une aventure initiée en 2012 par l’ENSIM du Mans. En 2014, l’évènement quittait les locaux de l’école d’ingénieurs pour rejoindre le siège de la CCI, en plein centre ville, dans un bâtiment datant de 1890, boulevard René Levasseur. Seul regret, sans véritable publicité à travers la ville.

« C’est une initiative collective qui a pris corps » estime Mme Le Ray, la professeure de développement de ces jeunes en deuxième année de BTS SIO, au Lycée Douanier Rousseau de Laval. « Comme j’habite au Mans, je suis arrivé, dès l’ouverture des locaux afin de choisir notre sujet imposé, parmi ceux inscrits sur une liste élaborée par les organisateurs. Le premier arrivé a ce privilège. Un peu comme si on choisissait son sujet à l’examen » rigole Lucas.

Lucas, Guénolé, Nicolas, Gwenaël, Quentin et les autres

Et voilà cette fine équipe, appelée Pikachu pour l’occasion, embarquée dans le défi intitulé « escape game Pokemon » pour vingt-quatre heures d’affilée. La nuit a été blanche, longue et studieuse pour tous.

Nos compétiteurs devaient faire circuler dans un labyrinthe qui reprenait la forme du logo de l’entreprise sponsor ST Microelectronics, un robot roulant basé sur une carte Arduino.

De l’intelligence pas artificielle

La carte électronique fournie vide de tout logiciel, les étudiants devaient y mettre l’intelligence en développant eux-même les programmes nécessaires ou en récupérant les bibliothèques de codes supposés les plus à même à résoudre les séquences ponctuant le parcours. Le téléchargement ne suffisait pas. Il était nécessaire d’adapter les routines aux contraintes rencontrées. Dans un premier temps, l’engin devait lire le tracé au sol pour évoluer selon les indications fixées. Pour garder la trajectoire, la lecture optique des bords droit et gauche d’une ligne au sol et la bonne maitrise des moteurs dédiés à chacune des roues indépendantes étaient nécessaires.

La connaissance du développement devait également être articulée avec la maitrise d’une partie communication réseau en wifi pour restituer sur un écran accessible au public et aux juges, via le serveur dédié au défi, la progression du robot. Un autre type de communication était nécessaire avec des puces NFC implantées à des endroits stratégiques du parcours. Ces dernières indiquaient l’action à accomplir lors d’une étape du circuit. C’est ainsi qu’il a fallu faire tourner sur lui-même le robot. Ensuite, la petite machine devait diffuser une musique transmise par la puce.

L’épreuve du câlin

En ce dimanche, déclaré “journée mondiale du câlin” - faut-il y voir une malice de la part des organisateurs ? - une épreuve exigeait qu’un équipier passe sa main devant des capteurs de l’engin arrêté pour lui faire reprendre sa route.

Vers la fin du parcours, l’un des exploits consistait à choisir une porte parmi trois, alors même que le tracé au sol se trouvait volontairement interrompu. Pour déterminer la bonne sortie, indiquée par un aimant, il fallait que le robot se serve de son magnétomètre pour relever le champ magnétique.

Il faut admettre que maitriser toutes ces techniques nécessite un bel éventail de compétences ! La nuit précédente a permis de tester les différentes solutions. Des vidéos mises en ligne validaient chaque étape. Les juges circulaient entre les groupes. Les enseignants de certaines équipes les assistaient en s’impliquant plus ou moins dans les travaux.

Outre le casse-tête technologique, surtout quand ce qui était demandé n’avait pas été vu en classe, les équipes ont dû tenir dans le temps imparti ; ne pas trop stresser et tenir compte de la fatigue.

Pour cette première participation, les témoignages d’un juge et d’un organisateur mettent en avant la bonne impression laissée par les jeunes lavallois. Ils ne se sont pas laissés impressionnés, ont trouvé les outils nécessaires, mené à bien leurs épreuves en période de test et produit des vidéos justifiant leur réussite. Visiblement, cette expérience leur a été profitable. Mais qu’en est-il au fait pour les organisateurs ?

Une vitrine à développer pour se développer

Dans le prolongement des émissions télévisées à caractère ludo-scientifique (avec la coupe E=M6 robotique créée en 1994), l’ENSIM a voulu monter son propre évènement. L’un des représentants de l’école explique : « c’est un très bon moyen de nous faire connaître, d’attirer de futurs élèves, de faire découvrir le code et susciter des vocations. Bien qu’il s’agisse d’une compétition, nous souhaitons que l’ambiance reste bon enfant ».

Aujourd’hui, avec les nouveaux sponsors et les équipes issues d’entreprises, l’ambition grimpe d’un cran. Il faut faire connaître les centres de formations d’ingénieurs pour attirer les candidats et, pourquoi pas, pourvoir à terme des postes dans l’industrie de l’électronique embarquée ou connectée.

A titre d’exemple, La ruche informatique de la CCI du Mans héberge les sociétés nouvelles innovantes afin de favoriser l’émergence de futures entreprises implantées durablement sur la région. Il faut rester dans la course à l’innovation, favoriser l’emploi à haute valeur ajoutée sur le département pour qu’il poursuive son développement.

Le concours est ouvert à tous les participants. La notoriété aidant, si 75 % des participants sont encore des manceaux, des rennais, nantais, toulousains, caennais, malouins, parisiens et lavallois sont venus grossir les rangs. Dans les quatre défis, tant des ingénieurs d’entreprises que des étudiants concouraient, chacun dans sa catégorie.

DIY : Do-It-Yourself

Chez les sociétés sponsors, les salariés s’impliquent davantage chaque année. Par exemple, chez ST-Microelectronic ving-cinq collaborateurs, contre cinq à une précédente édition, se sont impliqués dès juillet pour présenter en septembre l’épreuve des Escapes games Pokemon et fournir le matériel.

Dans l’épreuve élaborée par les MMA (Mutuelles du Mans Assurances) sur le thème du défi Les cigales et les fourmis, l’enjeu était la mobilité, la lecture de carte pour une chasse au trésor. Des applications concrètes pour l’entreprise. Pour Sopra-Stéria, société de services numériques, un jeu de fléchettes avec un contrôle vidéo pour le comptage de points peut avoir des applications dans la cyber-sécurité.

Enfin, avec le défi élaboré par HAuM (Hackerspace Au Mans), envisager une planète sur laquelle des fourmis doivent établir une colonie coopérative, avec à l’esprit le recours à l’intelligence artificielle rejoint le but développé par cette association sarthoise, adepte de la philosophie du Faites-le vous-même , Do-It-Yourself en anglais) pour mieux comprendre comment fonctionnent les objets du quotidien. Chaque sujet soumis reflète ainsi les préoccupations et les enjeux économiques de ses auteurs.


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Des 24 H du code au Mans, avec des lavallois embarqués

Publié le: 27 janvier 2018
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