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La deuxième visite d’un parlementaire communiste en Mayenne. Christine Prunaud [À droite sur la photo, NDLR] a fait le déplacement à Laval après Fabien Gay, sénateur de Seine-Saint-Denis et membre de la commission qui auditionne au Sénat dans l’Affaire Lactalis. Christine Prunaud, sénatrice des Côtes d’Armor a rencontré, elle, des associations qui œuvrent pour venir en aide aux démunis, aux migrants, aux sans domicile fixe. La parlementaire est membre de la commission des Affaires étrangères au Sénat. À priori pas de lien, sauf que...

- Par Thomas H.

« Je connais mon territoire, les Côtes d’Armor et aussi la situation en région parisienne où j’exerce comme sénatrice, et il y a de gros problèmes partout en France ; de logement, de scolarisation, mais d’énormes difficultés aussi pour les jeunes adultes. Gros problèmes également pour les mineurs isolés qui n’ont pas de logement ; les conseils départementaux et le 115 sont saturés. » La sénatrice PCF des Côtes d’Armor, qui fait partie des 15 élus communistes au Sénat, était en Mayenne le vendredi 16 février 2018, à la rencontre des associations.

Christine Prunaud a notamment mis l’accent sur « la loi que le gouvernement veut faire passer sur les migrants et qui est très, très dure. » a-t-elle commenté. « Durcissement dit-elle par la surveillance, - pour ne pas dire plus ! - dans les centres d’hébergement. L’une des inquiétudes, ce sera, dans ces centres d’urgence par exemple la présence de fonctionnaires, - pas de policier, nous a-t-on dit... - qui auront la possibilité et le devoir d’interroger les personnes recueillies dans ces centres pour savoir, déjà, si ce ce sont de futurs réfugiés ou bien carrément des clandestins ou bien même, s’il s’agit de personnes qui ne viennent en France, que pour des raisons économiques. Je pense que là, il s’agit en fait d’un premier tri et donc d’une atteinte réelle au droit d’asile. »

Actuellement, dans la législation sur le droit d’asile, tout doit être mis en œuvre au préalable. Accueillir, protéger et mettre en place les formalités nécessaires à un accueil sur le territoire français, et ensuite éventuellement décider, le cas échéant, d’une OQTF, une obligation de quitter le territoire français. La sénatrice poursuit « cette loi durcit les règles avec en plus un rallongement de la rétention, moi, j’appelle ça plutôt : détention... Ça pourrait doubler en passant de 45 jours à 90 jours ; et il se peut aussi qu’avec le passage de la loi au Sénat qui est majoritairement à droite, ces périodes puissent être encore rallongées... » Christine Prunaud se dit inquiète, et elle estime que « non seulement la loi proposée est dure, mais qu’elle peut aussi être durcie encore par le Sénat. »

La sénatrice qui siège à la commission des Affaires étrangères et de la Défense, a également une vision très large de la situation des migrants. Elle explique dans ce dossier de l’accueil en France des réfugiés et des demandeurs d’asile, « retrouve[r] des liens avec les problématiques des migrants bloqués en Turquie dans des conditions déplorables que je ne cesse de dénoncer ; et aussi avec le cas de la Libye ; vous savez l’esclavage inadmissible qui existe dans ce pays et qui va durer longtemps, parce que avant que la France et la Communauté européenne n’interviennent..., maintenant que je suis dans cette commission, je vois bien que c’est fait pour durer. »

La sénatrice communiste ne se contente pas de « dénoncer », elle propose, entre autres, de mettre en place « une action qu’on a pas encore faite, dit-elle, et qui se pratiquait dans les années 70 ; à savoir des déplacements-sitting au parlement européen. Pas besoin d’être des milliers, dit Christine Prunaud. Mais avec un sitting au parlement européen pour que l’Europe ouvre les yeux, et de façon constant où on se donnerait le tour pour qu’il y ait une pression physique continue, cela peut marcher. En espérant, ajoute-t-elle que cela puisse infléchir cette loi sur les migrants ». Une loi qui pourrait être votée en France avant l’été.


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« Des déplacements-sitting à Bruxelles pour infléchir la future loi sur les migrants »

Publié le: 18 février 2018
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