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La frustration crée le désir ! Toute défaite politique suscite ou détruit l’envie de continuer. Après la défaite de la gauche à Laval, c’est donc l’oubli qui semble s’imposer pour ceux qui avaient créé en 2008 la surprise de l’alternance. Les feux des projecteurs se sont lentement détournés des « perdants » et principalement, la lumière se concentre vers les « vainqueurs » que l’on doit apprendre à connaître et à (re)découvrir collectivement. Mais certains disent « pour éclairer quoi ? Quant à la Gauche « laminée », elle devra se reconstruire ! »

- Par Édouard L.

Dans le camp des « perdants » se trouvent Jean-Christophe Boyer, mais aussi Guillaume Garot et presque toute l’équipe sortante qui a été pratiquement « KO debout ». Avec le sentiment plus ou moins fort d’avoir été « remisé », et même parfois rejeté. Mais c’est la dure loi de la politique avec ses règles du jeu qu’entraine l’alternance ?

Alors, Guillaume Garot a repris son fauteuil de député, son poste de parlementaire qui lui avait été gardé bien au chaud par sa suppléante qui aura eu beaucoup moins de chance. Elle a presque tout perdu y compris son fauteuil de maire qui lui a été ravi par une candidate proche de la majorité départementale qui n’y croyait pourtant pas.

D’autres ont choisi de quitter la Mayenne pour s’installer sur des cieux sudistes plus cléments ou bien encore de changer d’affectation dans le travail ou de s’investir dans des grandes causes nationales. Le changement c’est maintenant. C’est ainsi, les ruptures politiques qui surviennent à échéances fixes ont quelquefois des conséquences sur la vie tout court.

La République imposerait ce qu’on appelle les "cent jours". C’est une métaphore empruntée à l’Histoire de France. En tout cas, ce serait une période d’euphorie politique qui permettrait aux élus nouvellement choisis de vivre une sorte de plénitude du pouvoir qui leur donnerait une zone d’actions sereine pour agir. De belles heures, sur un temps limité certes, mais de belles plages où l’on goûte le pouvoir et la réussite, en attendant des lendemains forcément pénibles, car il faut tenir les promesses. A Laval, il s’agit de trouver les moyens de baisser les impôts.

Sur-exposition médiatique : est-ce bien raisonnable ?

L’actuel maire qui a épuisé son crédit des "cent jours" n’en a pas profité plus que cela. C’est début septembre que les annonces ont été faites. Cet été, il est allé se « ressourcer en famille » dans le village des ses ancêtres italiens où il possède une maison.

L’ancien maire de Laval, lui, qui aura connu l’échec du mandat unique, mais qui demeure conseiller spécial auprès d’une ministre Marylise Lebranchu, a passé l’été à vivre le "retrait forcé". La défaite ? Cela n’a pas semblé l’avoir affecté. Il avouait « n’avoir jamais été à terre, ni couché, loin de là. » Ne pas donner l’impression que l’on a perdu la face médiatiquement, c’est forcément aussi un moyen de faire de la com’.

« On s’ennuie beaucoup, depuis l’élection de François Zocchetto à Laval  » avait-il lâché avant l’été mais « je reste lavallois dans une ville qui ne bouge plus ». Il est vrai que l’équipe nouvellement élue a cherché ses repères après l’élection et aussi et surtout à honorer son annonce de campagne tonitruante de baisse des impôts.

Aussi et, comme pour se rattraper, c’est un peu depuis "je fais feu de tout bois !". L’abandon du projet de Saint-Julien, cet ancien hôpital que la précédente équipe voulait transformer en espace culturel à Laval, fini ! Ce sera vendu aux promoteurs immobiliers pour trouver de l’argent. Et le projet de la Cité de la Réalité Virtuelle qui est bien mal en point. La réalité virtuelle avait pourtant été initiée en son temps par François d’Aubert. Mais le maire vient d’en couper financièrement le projet en deux, alors que le permis de construire allait être déposé ce qui a provoqué la colère du Président de la Région Pays de la Loire.

Détricoter, revenir sur des dossiers qui avaient été menés en concertation, concrétiser le phénomène d’alternance mais pas uniquement dans les urnes et chercher des ressources financières par tous les moyens, la nouvelle équipe s’y attelle donc bien.

Refaire et reconstruire donc. A Laval, pour la gauche aussi le challenge est de taille. Jean-Christophe Boyer aura bien du pain sur la planche ! L’ex-ministre de François Hollande qui s’exprime peu lui aussi a certes un tantinet d’avance car il a joué sagement au boulanger, depuis le pétrin jusqu’à la caisse, le temps d’une émission de télé, en se prêtant sagement au jeu dans une boulangerie mayennaise.

La métaphore du pétrin, les détracteurs de la gauche lavalloise ne se sont pas privés de la filer. Et pour tenter de remonter la pente, et inverser cette spirale dans laquelle toute l’équipe de Guillaume Garot s’est laissée entraîner avec cette non-victoire, et si l’envie est encore vivace de refaire l’alternance, il faudra bien du courage. Du courage, de la volonté, des forces aussi, et des convictions. Et en attendant beaucoup d’eau devra couler sous les ponts de la Mayenne !


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Des forces, des convictions et de l’eau sous les ponts...

Publié le: 14 septembre 2014
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