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L’expression se libère

Déjà plus de 2500 à s’être portés sur le site Change.org pour signer la pétition. 2500 personnes (au moment où leglob-journal publie cet article) à avoir cliqué, ce qui est déjà un acte citoyen. Des hommes et des femmes qui n’ont pas hésité à poster des commentaires, ce qui enrichie leur action citoyenne. Signer et prendre la parole autour d’un lieu de transmission du savoir et de la connaissance qui risque de passer à la trappe. Le collège public pourrait fermer à la rentrée de 2017 selon la volonté du président du Département, à moins que les réseaux sociaux puissent avoir suffisamment de poids pour contrecarrer cette décision. En attendant, petite revue de commentaires au nom de la liberté d’expression chère à votre journal.

- Par leglob-journal

Ce qui frappe dans tous ces mots, c’est la qualité de la relation qui existe entre les signataires et le collège public appelé à disparaitre. Presqu’une relation d’amour. En tout cas, il se dégage une très grande affection dans ces mots qui ont été couchés sur le web. Sentiment, ressentis et pragmatisme aussi, car les internautes montrent qu’ils ne sont pas dupes.

« C’est un collège de grande qualité, parfaitement adapté par sa taille, à l’accueil des enfants issus du primaire et qui permet justement un suivi très fin de chaque élève pour l’amener au maximum de ses chances de réussite. » La personne qui écrit ses mots s’y connaît en matière d’éducation. Proviseur honoraire de l’Éducation nationale, Jean Lutz fut notamment en poste au Lycée Réaumur à Laval et consacra toute sa carrière à la transmission du savoir.

Marie, elle, est forte de son expérience personnelle et témoigne à sa façon, quand elle écrit : « le collège Fernand Puech est un collège à taille humaine situé en centre ville, le collège idéal pour de nombreux parents. Ma fille aînée y a été scolarisée après avoir connu l’ambiance très différente d’une grande structure. (...)

Pour moi, il allait de soi que ma petite dernière ferait sa rentrée à Puech dans quelques années et je n’ai pas du tout envie de changer mes projets ! Nos enfants ont besoin de cet accompagnement personnalisé et attentif que peut proposer plus facilement un collège de cette taille. Gardons le collège Fernand Puech pour la sérénité des parents et le bien-être des enfants. » Dans beaucoup de commentaire « petit » est très souvent remplacé par « taille humaine »

Plus vindicatif dans son propos, est Adrien de Parné-sur-roc. Il jette sur la toile presqu’un cri de colère : « J’en ai marre des pouvoirs publics qui se payent notre tête. » Le Collège qu’on risque d’assassiner en le supprimant de la liste des collèges lavallois porte le nom de Fernand Puech, et Jean Kergosien interpelle à ce propos les internautes en écrivant : « Soyons dignes de ce héros dont le collège porte le nom. Luttons !  »

Lutter, et ne pas se laisser faire, c’est comme cela qu’aurait agit sans doute Fernand Puech s’il vivait encore. Secrétaire général de l’Inspection d’académie de la Mayenne lors de l’invasion de la France par l’armée allemande, il est résistant. Arrêté, il est déporté dans un camp de concentration. Il meurt à Mathausen en septembre 1944.

Certainement, il aurait agit de la même façon pour ce collège qu’on assassine. Alors peut-être que dans la même veine, Gilles Hainry lui aussi se met peut-être dans les pas du résistant quand il écrit « je signe parce que Fernand Puech, Résistant, l’aurait fait. »

Nicolas laisse également des mots chargés sur le web, « c’est tout à fait inadmissible, incompréhensible. Des vertus, une éducation qualitative de proximité, publique bien implantée dans le décor lavallois. Souvenirs, nostalgie, avenir...  » écrit-il.

Plus loin, beaucoup plus loin, du Japon où il travaille, Mathieu prend le temps de porter sur Change.org sa signature. Il est allé au collège et au lycée en Mayenne. Mathieu écrit «  L’éducation publique ne peut être soumise à des critères strictement économiques, comme ceux qui ont amené à la prise de cette décision. L’abandon d’un tel service public et de proximité en plein centre-ville n’est pas acceptable. Soutien à l’équipe éducative et administrative. »

Antoine Simonet, à l’étranger lui aussi, est en Espagne quand il est devant son écran d’ordinateur et qu’il poste : « Ancien élève entre 1998 et 2002. Aujourd’hui heureux dans la vie et gérant différentes entreprises en Espagne. Ce collège doit y être pour quelque chose !  ».

De loin en loin, des mots de soutien à l’institution éducative. Avec des envies de ne pas laisser les choses aller sans avoir peser sur elles. Pour ne pas avoir à regretter. Plus proche de nous Anaïs écrit : « J’ai eu la chance d’effectuer ma scolarité dans ce collège à taille humaine et PUBLIC [ NDLR : en majuscules dans le texte]. Je suis choquée par le choix du département. Faire autant d’investissement pour le fermer quelques mois plus tard, c’est honteux surtout en période de crise.

Certes le plus gros complexe scolaire privé de la Mayenne est dans la même rue [NDLR : il s’agit du Groupe scolaire Immaculée conception] mais cela ne me semble pas un réel argument puisque cette situation existe depuis plusieurs décennies. Cela n’a jamais remis en cause l’existence de Fernand Puech.

Les parents de collégiens du quartier et des alentours devraient continuer à avoir le choix de choisir entre le publique et le privé sans être obligé de traverser la ville pour que leurs enfants rejoignent leur établissement. J’espère que beaucoup se mobiliseront contre cette fermeture car il faut que cet établissement continue à vivre.  »

Olivier s’engouffre lui sur le terrain des responsabilités et tente cette analyse : « Il n’y a plus guère de doute sur les choix qui seront faits dans les années à venir et par les Conseils départementaux et par les DASEN [ NDLR : les Inspecteurs d’académie]. On pensait que les premiers touchés seraient les établissements ruraux...on avait tort. Le plan a de l’envergure ! Et puis pourquoi conserver des structures humaines quand on peut développer des usines à gaz surpeuplées ?  »

Cette question de la proximité de l’enseignement, où l’élève serait mieux appréhendé dans de petites structures est assez dominante ; elle revient beaucoup dans les commentaires. Et puis il y a aussi des questionnements comme ceux-ci : « Comment expliquer la dépense de 400 000 euros de travaux dans ce collège refait à neuf à 60 pour cent par de l’argent public ? Ne se cacherait il pas derrière cette fermeture une opération immobilière au profit du privé ? La fédération anarchiste 53 sera attentive à l’orientation qui sera donnée à ces bâtiments, si fermeture, ce que nous ne souhaitons pas. »

Émancipation et éducation doivent faire bon ménage, dans un lieu où les adolescents peuvent être suivis correctement. La réussite des élèves est à ce prix. Raphaël d’ailleurs cite Victor Hugo quand il signe la pétition en rappelant cette idée que l’éducation permet la liberté : « Construisez des écoles, vous détruirez des prisons. »

Anne-Sophie, parle, elle aussi de victimes et de logiques. « Je suis mayennaise et je refuse que les petits collèges soient victimes des logiques budgétaires. » L’argent public qu’il faut utilisé à bon escient revient aussi assez souvent dans les commentaires. Ancienne collégienne de cet établissement public de centre ville Aurélie estime que : « C’est une honte d’annoncer une fermeture après tant de travaux dans les locaux, et dans la rue Crossardière. » C’est une rue tout en longueur, où la voirie a été entièrement repensée, réaménagée par la précédente municipalité conduite par la gauche, pour faciliter, aux ramassages scolaires, l’accès aux établissements.

L’économie et l’aspect comptable qui prendrait le pas sur l’éducatif est aussi au centre des remarques. Pour Laurence par exemple « Entre investir 1 million pour un collège nécessaire et 2 millions pour une route accessoire sous le Pont de Pritz, pas d’hésitation !!!  » Cette route longtemps en projet qui permettrait aux Changéens d’éviter le Pont de Priz est issue de la volonté là aussi du président du Conseil Départemental Olivier Richefou, qui fut longtemps maire de Changé. La voie devrait éviter aux Changéens les ralentissements aux heures de pointes sur le pont.

Enfin trouvée sur le site, cette petite phrase qui résume peut-être l’état d’esprit général des signataires de la pétition. Ces quelques mots de cette internaute conclue cette petite revue d’expressions libres et raisonnées glanées ici et là sur le site Change.org. : « 4 années à apprendre les valeurs de la République au collège Fernand Puech... pour mieux les défendre aujourd’hui !  ».

La pétition sera adressée au nouveau préfet de la Mayenne qui aura le dernier mot. Mais nouvellement arrivé dans le département, aura-t-il la volonté, l’envie et la possibilité de ne pas accepter cette disparition programmée par le Département ?


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Des paroles et des actes de soutien au collège lavallois dans une pétition qui rassemble

Publié le: 3 mai 2016
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