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Comment va notre Presse ? Mal. C’est le premier mot qui vient à l’esprit. « Les chiens de garde de la démocratie » sont affaiblis. Le monde de la presse est mis à mal et le peuple des journalistes souffre aussi, silencieusement.

- Par Thomas H.

Et ce ne sont pas uniquement les récents regroupements financiers qui en sont la cause. Certes les fusions-absorptions des titres de presse qui sont versés dans de grands groupes tentaculaires détenus par des milliardaires, permettent à ces nouveaux propriétaires - véritables magnats -, de devenir annonceurs dans leurs propres titres de presse.

Pourtant, ils ne connaissent pas grand chose du journalisme, n’ont-ils jamais rédiger un article ? Ce qu’ils amènent ce sont les ressources, les stratégies, les restructurations. Et pour eux, c’est presqu’une sorte d’opération blanche, dans le genre je me paye des pages de pub dans des supports qui m’appartiennent. La boucle est bouclée.

Mais si la presse va aussi mal, c’est bien surtout parce que le journalisme, et ceux qui l’incarne, ne va pas bien du tout et depuis plusieurs décennies. Déjà Jean-Claude Guillebaud avait tiré la sonnette d’alarme, et bien avant lui Pierre Bourdieu également.

Le premier, écrivain, essayiste et journaliste français estimait déjà au siècle dernier que le discours dominant des médias était responsable de cette affaiblissement parce que « les cris d’alarme  » de la société [étaient] rabaissés au rang de « populisme ou [d’]expression d’une affreuse radicalité. Grosso modo, le journalisme ajoutait Guillebaud oubli[ait] ce beau précepte venu de la presse américaine - « donner voix aux affligés et affliger les importants  » .

La Presse continue donc au 21 eme siècle sur ce chemin. Sans renoncement. Par une sorte d’auto censure collective, elle s’acharne à célébrer « les puissants, les gagneurs, les brasseurs d’affaires » quasiment comme « des rock stars  ». Jean-Claude Guillebaud parlait d’ « honneur (perdu ?) du journalisme  », c’était d’ailleurs le titre de son article paru dans le Nouvel Observateur à l’époque dans la rubrique intitulée « Écoutez voir  ».

L’honneur (perdu ?) du journalisme. « Pour le retrouver, écrivait-il, il ne nous suffira pas d’être plus lucides et plus critiques. Il faudra également que nous tachions de mieux accommoder notre regard sur les réalités sociales négligées, en élargissant notre angle de vision.(...) Tout se passe comme s’il existait une face cachée du réel, un envers de la réalité où se passent dorénavant les choses importantes. (…) Les acteurs (...) les plus déterminés à l’origine d’une effervescence créatrice restent le plus souvent hors du champs médiatique. (…) pas assez télégéniques, écrivait-il lucidement ». Car plus tendance, car passés de mode. Or et c’est peut-être qu’il faut retenir pour agir. Ce qui ne se voit pas, c’est ce qui est sans doute annonciateur de l’avenir.


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« Donner voix aux affligés et affliger les importants »

Publié le: 1er novembre 2015
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