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Le voilà à l’Élysée. Emmanuel Macron est l’élu. Fêtant sa victoire devant la pyramide du Louvre. C’est donc le « nouvel arrivant sur le marché politique français » comme il l’aime à le dire, qui devient le 8e Président de la Ve. Un score de 66,1%. Marine Le Pen est à 33,9%. Les sondages qui le donnaient favori ne se sont donc pas trompés. Pas de phénomène de « trumpisation » pour cette élection française majeure.

- Par Thomas H.

Macron a donc réussi son « coup de poker » : rassembler, et c’est tant mieux, car le spectre du FN au plus haut sommet de l’État était la porte ouverte au chaos pour les 5 ans à venir. Voilà Emmanuel Macron, en chef de l’État. Le voilà à l’Élysée, avec son carnet d’adresses fourni et sa sphère macronique. Le voilà le garant des institutions de la République. Mais, le résultat de dimanche soir acquis, les difficultés ne sont pas pour autant aplanies.

Le futur président Macron avait d’ailleurs déclaré, visionnaire, à nos confrères de Médiapart juste avant la clôture de la campagne officielle : « Je serai beaucoup moins largement élu que Chirac en 2002, mais mon devoir c’est de transformer politiquement comme il ne l’a pas fait. »

Il est un fait que Jacques Chirac , à plus de 80 % des suffrages exprimés sur sa tête face à Jean-Marie Le Pen, n’avait pas pris toute la mesure de ce que ce score, très front républicain, supposait. Il n’avait nommé que des ministres de droite, en retrait de ce qu’il déclarait au soir du second tour, quand il disait « Nous venons de vivre un moment de grave inquiétude, votre choix d’aujourd’hui est un choix fondateur, qui renouvelle notre pacte républicain, qui m’oblige (…) comme il oblige chaque responsables de notre pays. Chacun mesure bien la force de ce moment exceptionnel (...) »

Élu presque par défaut, le Président 2017 devra donc compter avec tout ceux qui l’ont fait roi. D’ailleurs toujours à nos confrères de Médiapart ne disait-il pas : « Il y a des électeurs de Fillon, de Mélenchon, de Hamon, qui se reporteront sur moi. Ceux-là, je leur dois deux choses : le respect plein et entier du champ démocratique et républicain, et une plus grande vitalité démocratique dans les cinq ans  » et d’ajouter : « Si l’on veut agir il faut réconcilier (...) Je serai aussi à leur endroit dans le devoir de (...) changer vite les choses. »

(c) leglob-journal et Photo Une d'après B. Tessier ReutersAlors Emmanuel Macron promet de la proportionnelle avant la fin de l’année 2017, une réforme constitutionnelle, et la réduction du nombre de députés d’un tiers. Mais aussi la moralisation de la vie publique, l’évitement des conflits d’intérêts avec l’interdiction pour les parlementaires d’exercer des fonctions de conseils, l’inéligibilité dans le cadre d’un casier judiciaire non vierge, etc. « Un projet de loi de moralisation sera déposé avant les législatives pour que le peuple sache ce qui sera fait », a-t-il dit.

Pour autant Emmanuel Macron continuera-t-il « à être libre  » comme il l’aime à le déclarer. L’ancien banquier qui en a assez d’être cantonné à cette appellation, issu de l’inspection des Finances, qui se définit comme le « métèque de la politique  », car il dit ne pas être issu du sérail, libéral, est bien conscient qu’ «  il n’est pas la totalité de ceux qui le soutiennent ».

Emmanuel Macron nommera ses ministres après la passation de pouvoir à l’Élysée qui est programmée à la fin de la semaine. Puis viendra l’espace parlementaire neuf et renouvelé en raison de la loi sur le cumul des mandats. Il y aura ensuite la nomination d’hommes et de femmes au gouvernement qui « a pour vocation à durer  » sans faire appel à un Premier ministre de transition. Ils seront tous nommés selon leurs compétences assure-t-il, mais aussi issus de la société civile ; le tout « pour réaliser une alchimie, qui devrait prendre  » selon Emmanuel Macron.

Sans pour autant faire bouger la Ve République, que beaucoup disent à bout de souffle, et sur laquelle le Président Macron veut s’appuyer. Sans la remettre en cause fondamentalement, il gouvernera avec les décrets, les 49-3, etc. Il souhaite néanmoins plus de contrôle pour ce « Parlement rénové » avec la mise en place notamment de commissions permanentes télévisées. Selon le nouveau Président « le parlement doit être l’artisan de la mise en responsabilité politique de l’exécutif  ».

Au gouvernement, il est question de faire resurgir des personnalités un peu oubliées. Comme Anne-Marie Idrac, Jean-Louis Borloo ou François Bayrou, des politiques qui ont eu leur heure de gloire. Conscient de la difficulté au sens large, Emmanuel Macron, rassembleur par essence comme il se définit, annonce, « Je ne fais pas tout ça pour refaire de l’ancien (…) mais il y aura des figures qu’on a déjà vues... ».

« Le résultat de dimanche sera un soutien à la République et non à [l]a politique [de Macron, NDLR] » écrivait Benoit Hamon ex-candidat à la Présidentielle dans une tribune publiée dans Le Monde appelant les électeurs à la raison en choisissant justement le raisonnable. La démocratie n’est pas un jeu.

Choisir la candidate comme Présidente aurait-été hyper-dangereux pour la République. Car la démocratie, c’est la République. Et maintenues les deux ensemble, démocratie et République se décrètent, s’organisent. Et le nouveau président de la République se devra de les porter presque comme des étendards. À lui de les faire vivre à travers l’affirmation totale de la devise de notre pays. En ayant un regard plus soutenu en direction de l’Égalité et de la Fraternité.


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Publié le: 7 mai 2017
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