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Mille ans de Laval, l’idée est dans les tuyaux de la municipalité. Cela tombe bien, ces Mille ans devrait se fêter en 2020, année du renouvellement avec les élections municipales. La ville, afin d’accroître son attractivité, réfléchie à commémorer cette période, dans un flash-back historico-populaire savamment pensé. Pour le moment ce n’est que la phase préliminaire de réflexion, mais certaines pistes sont à l’étude. Mille ans ou comment Laval pourrait notamment montrer son « passé glorieux » mais aussi le « Laval de demain. »

Par Thomas H.

« Nous parlons simplement des "Mille ans de Laval", quand nous évoquons ce dossier au sein de la municipalité  » confie laconiquement au glob-journal François Zocchetto le maire de Laval à propos de ces festivités qui devraient trouver leur apothéose en 2020.

2020, c’est aussi l’année où Laval pourrait avoir été choisie pour être ville étape du Tour de France. Un super télescopage festif en perspective, donc pour achever un mandat où le maire avait promis dans sa profession de foi électorale de « Réveiller Laval  ».

Image et attractivité

Et si cette mise en avant des Mille ans de Laval était «  l’occasion d’amorcer un début de réhabilitation de quelques périodes du passé de la ville ? » comme l’écrit dans un rapport que leglob-journal s’est procuré le Conseil des Sages qui s’est réuni fin février 2018. « Trop souvent cette tendance à dévaloriser la ville repose entre autres sur l’ignorance du passé de Laval, pourtant nettement plus glorieux, au moins durant certains siècles, qu’habituellement admis » peut-on lire.

Voilà qui en terme d’attractivité est sans nul doute à porter au débat de ceux qui ont en charge de booster, comme on dit, l’image de la capitale du département de la Mayenne. Méconnue, oubliée, Laval serait victime de son positionnement : « quelque part entre Paris et la Bretagne ». Le renforcement de l’image de Laval, sa capacité à exister enfin, voilà ce qui pourrait sous-tendre l’opération Mille Ans de Laval. Redonner au moins une « juste place au passé » sans doute aussi parce que c’est plus facile à réaliser que d’imaginer le futur.

Laval ayant toujours été en rivalité avec Vitré [Vitré est près de Rennes, la métropole dynamique voisine] « les lavallois connaissent-ils par exemple, le poids historique et politique de Guy XVI », s’interroge le Comité des Sages qui a planché sur la question. Pas sûr. Les festivités pourraient faire en sorte de mettre ce passé-là en exergue, notamment.

Pas de récit lavallois sublimé

En attendant, à côté d’un Comité de réflexions scientifique, en charge de mettre en place toute une série de colloques, conférences, publications, etc., sans toutefois « tomber dans le récit lavallois sublimé » qui occulterait les réalités historiques de la ville, il y aura l’autre versant, celui-là plus festif. Il faudra, préconisent les Sages, un « comité de réflexions sur la dimension populaire de l’évènement. » À lui de définir l’orientation que pourrait prendre par exemple dans la rue et pour la population ces Mille ans de Laval. Les deux entités seraient bien évidemment chapeautés par Didier Pillon, l’adjoint au maire en charge de la culture et du patrimoine.

Pour Didier Pillon qui parle au glob-journal avant de partir à l’étranger pour donner des conférences dans plusieurs villes européennes, « l’opération "Mille ans de Laval" serait le prétexte à fêter Laval » explique l’élu. « C’est à partir de 1020 qu’il s’est passé quelque chose à Laval, voilà le pourquoi de cette date... » Pour ces Mille ans de Laval, les festivités « ne doivent pas être hors des possibilités financières et du budget de la ville et de ses habitants  » souligne le rapport du Conseil des sages qui se plaque, à juste titre, sur les possibles marges de manœuvre de la municipalité qui a décidé de réduire de 10 % les impôts, - ce qui a fait son élection -, et donc les anciens lavallois savent bien que les budgets sont tendus. D’ailleurs Didier Pillon ne sait pas dire pour le moment de quels moyens il disposera. « Il va falloir mettre des budgets de coté, et provisionner à partir de 2019, car pour 2018, rien n’est prévu... » même si pour l’heure des réunions ont eu lieu avec la Direction des Affaires Culturelles de la ville.

Jouer les figurants

C’est pourquoi les Sages - les bien-nommés - avancent par exemple un « défilé en costumes historiques, ceux du Moyen-Age […] simple à organiser et d’un rapport qualité/prix acceptable. » écrivent-ils. Un défilé comme en ont proposé pas moins de « 848 villes en France lors de fêtes médiévales » ; ces rassemblements historico-festifs sont très prisés, comme par exemple les fêtes annuelles pour célébrer Jeanne d’Arc à Orléans.

Le costume médiéval ? Rien de plus facile à réaliser pour la population, qui pourrait ainsi s’investir pour cette commémoration des Mille ans de Laval expliquent-ils. En fin de défilé, il y aurait soit un concert, soit une pièce de théâtre jouée par des professionnels ; les habitants de Laval pourraient jouer les figurants. « Le médiéval, pourquoi pas, mais il ne faudra pas réduire les "Mille ans de Laval" à cela et ouvrir aussi sur le XXIe siècle » recadre Didier Pillon qui explique au glob-journal que « plusieurs adjoints travaillent sur la question au sein d’un comité de pilotage. »

Le château de Laval vu d’une des berges de la rivière Mayenne - © leglob-journal

Sans compter que si le thème du Moyen-Age est retenu, il serait possible de voir fleurir dans la ville « de nombreuses animations annexes : concert de musique médiévale, spectacles de danses d’époques, troubadours, tournois de chevaliers, repas à base de recettes médiévales, tavernes d’époque, cavalcades en costumes, villages d’artisans dans la cours du vieux château, fauconnerie, marché médiéval... », bon ! Les Sages qui ont travaillé la question, manifestement, ne manquent pas d’idées...

Les mille ans du passé... et du futur

Certains participants ont proposé pour ces Mille ans de Laval une évocation moins nostalgique de la ville qui soit tournée vers son « futur possible, avec des concours variés sur les transports, […] l’évocation de l’urbanisme en 2050, des expositions et démonstrations de machines et de procédés appelés logiquement à se développer, comme les imprimantes 3D, les robots parleurs, les voitures autonomes Tesla ou Google... » Ils ajoutent qu’en pleine fête médiévale, le « retentissement serait national  ».

L’adjoint à la Culture de la ville de Laval qui souhaiterait donc que les festivités soient également tournées vers le futur, révèle au glob-journal que « un ou deux monuments qui ne sont pas ouverts pour l’instant au public pourront l’être le temps des Mille Ans de Laval. » Sans en dire plus, il ajoute qu’« il y aura une grande exposition avec déplacements d’œuvres d’art. » Ce qui aura un coût et devra bien évidemment être chiffré financièrement.

Ne reste donc plus qu’à travailler. Coté scientifique dans le comité de réflexion alimenté par les apports des responsables de l’université populaire, de l’équipe de l’Oribus, la revue d’histoire locale, des services du patrimoine de la ville ; et coté festif avec la Jeune chambre économique, les associations de commerçants, les maisons de quartiers... Travailler et affiner les projets. Avec, comme objectif à ces Mille ans de Laval comme le rappelle le Comité des Sages, cette réflexion de Otto de Hasbourg qui figure en bonne place dans le rapport : « Celui qui ne sait pas d’où il vient, ne peut savoir où il va car il ne sait pas où il est  ».


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En 2020, la municipalité de Laval veut fêter ses « Mille ans »

Publié le: 14 mai 2018
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