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Petite phrase de la sénatrice de la Mayenne qui s’engage ! Élisabeth Doineau est montée récemment au créneau au Sénat lors de la séance de questions orales, à propos du « certificat de non-contre-indication à la pratique sportive  ». Un sujet qui mérite publicité d’ailleurs son service de presse a tout de suite relayé l’info. Élisabeth Doineau la Sénatrice UDI de la Mayenne, au Palais du Luxembourg succède au très influant « Roi Jean », l’ancien président de l’ancien Conseil général de la Mayenne, Jean Arthuis qui à 70 ans – en âge donc de revendiquer une retraite bien méritée – s’en est plutôt allé se faire élire à Bruxelles comme député européen.

- Par Thomas H.

Élisabeth Doineau se lève dans l’hémicycle là où Jean Arthuis a œuvré sans relâche pendant 31 ans. Peut-être, a-t-elle une pensée émue pour celui qui lui a permis d’être là, d’être "choisie" par des "grands électeurs" qui lui ont fait "confiance" parce que promue par le sortant.

Élisabeth Doineau prend la parole devant les illustres Turgot, d’Aguesseau, l’Hôpital, Colbert, Molé, Malesherbes, et Portalis, des hommes d’État incarnés maintenant par des statues et qui veillent inexorablement sur les débats du Palais du Luxembourg.

Les satues des hommes à bretelles et/ou à ceintures cités plus haut et de gauche à droite.

Une des premières interventions, cela fait toujours un petit pincement au cœur. La question est orale et suppose une maitrise de sa voix, de sa respiration, de son timbre. Lire sans en donner l’impression. La sénatrice, après tout s’adresse au ministre de la ville, de la jeunesse et des sports qui est présent au Sénat.

«  Je veux relayer ici, dit-elle, l’interpellation d’un citoyen de mon département, organisateur d’activités sportives. Chaque année, un certificat médical de non-contre-indication à la pratique sportive doit être produit pour s’inscrire dans un club sportif, de quelque nature que ce soit. Si un non-licencié souhaite participer à une course de dix kilomètres - ce n’est ni un semi-marathon et encore moins un marathon - il est, là encore, nécessaire de prendre rendez-vous avec son médecin généraliste pour obtenir le fameux sésame. Cette disposition décourage bon nombre de personnes à participer à ces activités, souvent dans un esprit bon enfant, pour manifester de la solidarité. Outre la corvée pour le particulier, cette obligation entraîne un coût inévitable pour les finances de la sécurité sociale. Il convient donc de réformer ce système. »

On le voit la problématique est importante. De première importance en ces temps troublés. La manifestation de la solidarité, envers des causes humanitaires, des courses populaires, pour récolter des dons ou des promesses, serait "contrariée" voir empêchée par ce fameux certificat médical octroyé par une médecin - généralement généraliste - qui réclament comme c’est son droit, à chaque fois ( bingo !) 23 euros pour se faire.

En revanche la sénatrice n’évoque pas par exemple les familles - pourtant plus nombreuses - qui permettent à leurs enfants de faire du football par exemple au pays du stade Lavallois, et qui doivent eux aussi obtenir une attestation médicale en vue de l’obtention de la licence sportive qu’il doivent aussi payer. D’autant qu’il n’y a pas si longtemps – mais c’était au 20e siècle ! - il arrivait à des médecins - plus solidaires - de faire des « consultations  » collectives en milieu scolaire, bien moins onéreuses pour les parents, la Sécu, et tout aussi efficaces.

Cela dit, Élisabteh Doineau termine son intervention sur cette question qui semble être le "fer de lance" de son intervention et la fonde à se trouver finalement dans l’opposition au gouvernement : « Quelles mesures le gouvernement compte-t-il prendre ? » interroge-t-elle. Interpellé Patrick Kanner, le ministre de la ville, de la jeunesse et des sports répond :

« Je partage votre analyse, déclare le ministre. Un amendement gouvernemental a été déposé […] Le certificat médical, systématique, est trop souvent considéré comme une formalité. Nous voulons donc qu’un seul certificat médical soit nécessaire pour plusieurs disciplines. Le renouvellement du certificat ne sera plus nécessaire chaque année, un décret précisera la fréquence. Un questionnaire permettra aux personnes concernées de déceler elles-mêmes d’éventuels problèmes de santé. Pour des sports à risque comme le parachutisme ou la plongée, le certificat restera annuel. J’espère, madame la sénatrice, que vous soutiendrez cette évolution au Sénat. »

Élisabeth Doineau s’y est engagée. Mais vu de l’extérieur, la question orale qui se voulait peut-être "déstabilisatrice" fait pourtant consensus. Et dans un sourire avant de se rasseoir à son banc de sénatrice, et forte de la réponse du ministre qu’elle vient d’entendre, elle ajoute - évoquant peut-être le "Principe de précaution", qui sait, ou bien faisant de la politique politicienne, et pour avoir aussi le dernier mot, sûrement, dans cet enceinte prestigieuse, mais toutefois sans que l’on sache à qui ou à quoi elle faisait vraiment référence - elle ajoute cette petite phrase : « En France, on a tendance à mettre ceinture et bretelles, une simplification est nécessaire ! ».


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« En France, on a tendance à mettre ceinture et bretelles, une simplification est nécessaire ! »

Publié le: 9 avril 2015
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