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Le référent départemental du mouvement En Marche !, de novembre 2016 à mai 2017, s’appelait Aurélien Page. Il a été porte-parole du candidat Macron en Mayenne durant toute la campagne présidentielle. Sa mission a consisté à structurer et coordonner les actions du mouvement, « bien aidé par un comité de pilotage d’une quinzaine de personnes » dit-il. Et au soir du dimanche 7 mai, En Marche 53 !, c’était près de 800 adhérents et 5 comités locaux (Laval, Château-Gontier, Évron, Mayenne-Gorron et Pré-en-Pail). Aujourd’hui, En Marche !, c’est devenu un parti politique La République en Marche, un Président et des députés élus. Récit d’un parcours politique d’un nouveau genre. Épisode 2

- Par Aurélien Page

Comment intégrer des élus à un mouvement qui a été au départ porté et qui ne s’est développé que grâce à l’action et au dévouement des adhérents ?

C’est à cette question à laquelle j’ai été confronté et dont je n’ai toujours pas trouvé de réponse. Par chance, les bons scores dans les sondages de Macron ont fait le reste. Et le 28 février, pour la venue d’Emmanuel Macron en Mayenne, les élus mayennais soutiens du duo Macron-Arthuis étaient tous là. Ils étaient bien décidés à se montrer et à dire un petit mot au futur président.

Élus et « UDI-sation »

Il étaient tous là ces élus qui, quelques semaines auparavant, ne pouvaient pas s’empêcher de railler le candidat Macron et de parler à son sujet de « bulle » qui exploserait. Des élus, pourtant il y en avait guère, le 27 novembre 2016, date de la première action du mouvement dans un bar de Laval. Une trentaine de personnes dont quatre à cinq UDI.

Une présence qui ajoutée au soutien de Jean-Arthuis m’obligea à les intégrer pleinement au sein du comité de pilotage d’En Marche 53, organe décisionnel du mouvement. Ce fut bien normal. Mais avec le temps, j’ai assisté à une véritable « UDI-sation  » du mouvement. Aucune « vague rose » ou « recyclerie de gauche  » n’arrivant pour changer la donne et contrebalancer le poids de l’UDI dans le mouvement. Il a fallu faire avec et cela augmenta du même coup l’influence de Jean Arthuis et des élus UDI arrivés dans le mouvement.

Deux meetings en témoignent, celui de Changé le 19 avril ou celui d’entre deux tours à Château-Gontier. Ce fut alors pour ce dernier, le meeting de la grande réconciliation mayennaise. Olivier Richefou, Elisabeth Doineau, Jean Arthuis, il ne manquait alors que Guillaume Garot pris par le départ de Ségolène Royal, au ministère de l’Environnement. C’est dommage, l’image aurait été belle ! J’ai d’ailleurs toujours espéré pouvoir réunir pour un même meeting Jean Arthuis et Guillaume Garot. Là, les temps auraient vraiment changé ! J’espère, je souhaite qu’En Marche 53 soit le reflet demain de toutes les sensibilités politiques des adhérents du mouvement En Marche !, et ne soit pas ou ne devienne pas la nouvelle appellation de l’UDI en Mayenne.

La désignation de Josselin Chouzy dans la troisième circonscription fut une excellente chose. Il représente pleinement les valeurs du mouvement. Je pensais qu’il défendrait parfaitement son territoire et ses habitants. Le choix final de Géraldine Bannier fut aussi le bon dans la deuxième circonscription. Société civile, UDI, Modem… Toutes les sensibilités, et tendances sont représentées. En disant cela, je sais que je vais donner raison à ceux qui ont cru que j’ai pu faire campagne pour Guillaume Garot, mais pour la première circonscription, n’investir personne et le préserver aurait été pour moi la meilleure solution.

J’avais moi-même candidaté pour porter les couleurs du mouvement dans cette circonscription. Bien que j’aurais tant aimé porter mon message différent, me battre pour mon territoire et les habitants, ma démarche en toute lucidité était sans doute bien utopique et au fond je ne me faisais guère d’illusion. Personne en Mayenne ne me connaît et gagner dans ce cas une campagne en quatre semaines aurait été impossible.

« Plus de référent En Marche ! »

Jean Arthuis, tout en me remerciant pour le travail accompli, avait parlé de la nécessité d’une nouvelle organisation, estimant que jusqu’ici les actions avaient été brouillonnes. Ces propos m’ont en effet choqué. Parler de la sorte, c’est réduire à néant le travail depuis de longs mois de dizaines de militants qui n’ont pas compté leur temps et leurs kilomètres !

Même si en effet certaines de nos actions n’ont pas eu le professionnalisme adéquat - et j’en suis le premier responsable -, la critique peut être parfois tellement facile. C’est oublier qu’il y a encore huit mois de cela, aucun mouvement En Marche ! n’existait en Mayenne !

Aujourd’hui, au moment où j’écris ces lignes au lendemain de la victoire du candidat Macron, il n’y a plus de référent En Marche !. J’ai choisi d’y mettre un terme. Désormais, ce sont les personnes investies pour les Législatives qui deviennent les porte-paroles du mouvement La République En Marche ! D’ici la mi-juillet, un congrès fondateur devrait avoir lieu et acter la création de nouvelles structures, un nouveau référent ou responsable sera nommé. Là où je serai, je suivrais attentivement l’évolution du mouvement En Mayenne.

Agir face au FN

Ce fut une bonne expérience pour moi. Jusqu’ici je n’avais jamais sauté le pas en m’engageant de la sorte pour un mouvement politique. Face à la menace de l’extrême-droite, il était de mon devoir d’agir. J’ai fait de belles rencontres qui viennent contrebalancer les déceptions, les désaccords et autres frustrations de cette campagne présidentielle.

Je n’ai ainsi pas toujours partagé les prises de position du candidat Emmanuel Macron, ni les rencontres et encore moins les jeux d’alliances ; je n’ai pas retrouvé en Emmanuel Macron le candidat, le côté transgressif et porteur d’espoir des débuts où lorsqu’il agissait en qualité de ministre de l’économie. Je regrette également le manque de dimension sociale du mouvement. Les responsables, les ministres, et demain les élus ne sont finalement que la parfaite représentation d’une France qui réussit, mais qu’en est-il de l’autre France ? Cette France des oubliés, des délaissés, des abandonnés ?

En Marche ! ne promettait pas de changer la vie mais j’y ai cru. Une nouvelle fois, le système a su se renouveler et même si de nouvelles têtes apparaissent, l’esprit, la méthode demeurent les mêmes. Mais peut-on demander à un ancien énarque à qui tout réussi de changer le système ? Aujourd’hui j’en doute ! À vous désormais Président Macron de me rassurer.

Lire aussi : En Marche ! pendant six mois en Mayenne, une aventure politique #1 - par Aurélien Page


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En Marche ! pendant six mois en Mayenne, une aventure politique - Épisode 2

Publié le: 28 juin 2017
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