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L’« UDI-sation » de La République En Marche ! semble une réalité en Mayenne. Les craintes d’Aurélien Page, l’ancien référent départemental historique qui s’exprimait récemment en ce sens sur leglob-journal, viennent d’être confirmées. C’est un membre de l’UDI, un des protégés de Jean Arthuis, qui est nommé référent LREM en Mayenne. Il s’agit de Phillipe Morisset, conseiller municipal de Saint-Berthevin.

- par Georges D.*

Philippe Morisset, fonctionnaire territorial, est un jeune élu situé dans la majorité de Yannick Borde, le maire (Div. droite) de Saint-Berthevin. Il est « conseiller municipal depuis 2016 » explique-t-il. Des lunettes serties de noir, l’air un peu intello comme on le voit sur la photo, le jeune trentenaire a en poche une « licence d’histoire, entre autres » dit-il, et un appétit pour la politique « depuis les présidentielles de 2007 ». Après les remarques peu amènes de Jean Arthuis sur la gestion locale du mouvement, et le départ d’Aurélien Page, Philippe Morisset s’était auto-désigné Référent en Mayenne, en duo avec Raymond Mauny, histoire de « faire la transition ».

L’ Alliance Centriste de Jean Arthuis a d’ailleurs maintenu son soutien au mouvement d’Emmanuel Macron, et ce malgré les désillusions et les humiliations subies par l’ancien président du conseil général de Mayenne lors de l’après-présidentielle, au moment où les démarches pour les investitures en Mayenne battaient son plein. Il semblerait que la perspective de s’allier avec La République en Marche ! pour les prochaines échéances électorales a pesé de tout son poids en vue des sénatoriales, et des européennes à venir. Une stratégie purement électorale.

La nomination de Philippe Morisset, qui n’est pas encore rendue officielle, ne s’est pas faite sans remous internes. Selon certaines sources, « ce fut un choix par défaut ». On apprend que les instances parisiennes se sont rabattues sur celui qui était responsable en Mayenne des Jeunes avec Macron, après « le refus catégorique » de Béatrice Mottier d’y aller ; il lui avait été proposé le poste de responsable départementale. Josselin Chouzy, Raymond Mauny ou Valérie Hayer auraient également été pressentis selon nos informations.

Philippe Morisset en noir (troisième en partant de la gauche) à la convention LREM début juillet. On reconnaît aussi Josselin Chouzy (chemise bleue) à la gauche de Jean-Pierre Le Scornet, (ex-1er secrétaire fédéral du PS en Mayenne) à côté de Béatrice Mottier (Image Twitter)

Certains militants expliquent ces refus, en fait ce qu’il faut bien appeler des « fins de non-recevoir  », par la volonté de ces derniers de postuler aux futures investitures pour représenter La République en Marche ! aux prochaines élections, notamment les sénatoriales qui auront lieu le 24 septembre. En effet, selon les statuts du mouvement qui ont été présentés le samedi 8 juillet aux responsables locaux de LREM, le référent qui est élu pour 3 ans, renouvelable une fois, ne peut pas avoir de mandat de parlementaire ; pour « éviter que ne se créent des baronnies locales », détaille, dans le journal Le Monde, l’avocat Jean-Pierre Mignard qui a participé à la rédaction des nouveaux statuts. Il ne restait donc que le jeune trentenaire, qui pour des raisons personnelles, n’a pour le moment aucune ambition dans ce sens : « On verra le moment venu » dit-il.

Satellisation de l’UDI

Les militants mayennais apprécieront-ils la nomination de Philippe Morisset qui ne « constitue pas une surprise  » ? Il s’était déjà « autoproclamé » réfèrent provisoire de La République En Marche ! en Mayenne, après le départ d’Aurélien Page. La place qui avait été laissée vacante avait été vite comblée.

Certains appréhendent cette satellisation de l’UDI, par crainte que celle-ci ne mette fin à la diversité idéologique du mouvement, le fameux « Et gauche et droite ». Au sein des militants actifs, on redoute en effet une nouvelle désertion. Beaucoup avaient déjà déguerpi - le mot n’est pas trop fort - après l’officialisation des candidats à l’investiture en vue des législatives. Certains, même, n’ont pas encore digéré celle de Béatrice Mottier, transfuge elle-aussi de l’UDI, dans la première circonscription de la Mayenne face à Guillaume Garot, et sa campagne qualifiée de « chaotique ». « La monopolisation des idées centriste » au sein du mouvement En Marche ! 53 n’avaient pas été franchement appréciée et du coup, beaucoup avaient préféré voter pour le socialiste Guillaume Garot.

Il faut savoir aussi que de nombreux militants, assez remontés, remettent en cause ce qu’ils appellent « le manque de charisme de Philippe Morisset » et ne voient en lui que « l’ombre de Jean Arthuis » ; ce dernier s’est d’ailleurs réjouit très rapidement de cette nomination qui n’est pas encore officielle. Le nouveau référent serait, selon un responsable du mouvement qui ne mâche pas ses mots, « l’instrument des anciens UDI pour asseoir leur domination et leur influence sur le parti présidentiel » en vue des futurs investitures électorales.

Officiel après le 1er Août

L’officialisation de cette nomination pourrait se faire après le 1er août, date de la proclamation des résultats du vote sur le projet de statuts du mouvement. Ces statuts ont été présentés samedi 8 juillet à Paris aux responsables locaux de LREM, c’est-à-dire les « référents » départementaux, mais aussi les candidats aux législatives, avant d’être soumis au vote des adhérents. Philippe Morisset était présent.

Ceux-ci prévoient notamment une direction collégiale, baptisée « bureau exécutif », et non plus un seul chef, pour éviter une trop forte personnalisation. Les membres de ce bureau, au nombre d’une trentaine, dont dix qui viendront de la société civile, seront désignés pour trois ans. Ils ne pourront pas effectuer plus de trois mandats de suite.

Un ou plusieurs « délégués généraux », chargés de représenter le mouvement, devraient être également nommés, mais pas avant l’automne. Élus par le « conseil  », sorte de parlement qui réunira « l’ensemble des parlementaires, des représentants des territoires (élus et référents territoriaux) ainsi que pour 20 % (…) des adhérents tirés au sort  », ces délégués auront la charge d’animer le parti mais ne pourront pas effectuer plus de deux mandats de trois ans chacun.

Si l’adhésion restera gratuite, comme le souhaitaient les militants, seuls les membres ayant une certaine ancienneté supérieure à trois mois pourront voter lors des consultations du mouvement. Afin de « représenter toutes les sensibilités politiques en son sein », l’appartenance à un autre parti politique sera toujours possible, à la condition qu’il « porte les valeurs républicaines ». Quant à la parité, elle sera mise en œuvre partout, notamment au sein du bureau exécutif, promet le mouvement.

*avec la collaboration de Thomas H.


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En Mayenne, La République en Marche ! se dote d’un référent issu de l’UDI

Publié le: 18 juillet 2017
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