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Le PS en Mayenne a-t-il encore un avenir ? Donné « moribond » nationalement le Parti Socialiste, exsangue financièrement, a décidé de vendre le siège de rue de Solférino à Paris. Une page se tourne. En Mayenne, après le départ de son N°1 Jean-Pierre Le Scornet, la Fédération départementale s’est donnée une direction collégiale. Et depuis les élections, c’est le silence, ou presque. Comment va le Parti Socialiste en Mayenne ? Éléments de réponse et questionnements.

Par leglob-journal

Un « processus de refondation » pour élaborer le « socialisme du XXI ème siècle », aboutissant à un « congrès de refondation » en février-mars 2018. L’idée de changement est manifestement dans l’air. Les adhérents mayennais ont d’ailleurs tous reçu un questionnaire-bulletin de vote. Il s’agit d’« écrire une nouvelle page de l’histoire du socialisme démocratique » (Cf, la photo ci-contre).

Besoin de renouveler les méthodes, les bases militantes et de « se dessiner un projet de société » en répondant par exemple à des problématiques, comme celle-ci : « es-tu favorable à la transformation du Conseil national en parlement du Parti avec des commissions ouvertes ? » Farid interrogé sur leglob-journal estimait déjà en Avril 2017 que « Le PS doit travailler maintenantdisait-il son projet et changer ses cadres "égocentriques" s’il veut retrouver son électorat  ».

Façade du siège du PS à Laval taguée en Mars 2016. Contre la loi El Khomri sur le Travail - (c) Photo leglob-journal

En Mayenne, le PS a toujours eu un peu de mal à exister face à une vague conservato-centriste qui rafle les mandats et sature les élections. «  La mainmise d’un seul parti politique sur notre département est un affaiblissement. La diversité politique contribue au dynamisme d’un territoire. » analysait déjà en 2014 sur leglob-journal Guillaume Garot au lendemain de la défaite de la gauche aux municipales à Laval.

Juste avant les élections présidentielles et législatives de 2017, Jean-Pierre Le Scornet a quitté la fonction de premier secrétaire fédéral du PS en Mayenne. « Pour des raisons professionnelles » avait-il avancé. Certains à l’époque avaient mis en avant la métaphore facile « des rats qui quittent le navire ». Depuis, il semble qu’il se cherche politiquement, il n’est « pas LREM » contrairement à ce que croyait des amis politiques proche de lui, même si il a un temps approché le mouvement au moment de la constitution La République en Marche « pour comprendre » avait-t-il confié. Parti, Le Scornet, il a bien fallu trouver une solution de remplacement. C’est le collège qui a prévalu. Guillaume Garot fait parti de cette direction collégiale mise en place à la Fédération, au coté d’Antoine Caplan, un proche du député et de Michel Rose, un ancien du PS rompu à la machine fédérale et dont on dit qu’il connaît tous les rouages à mettre en œuvre. De l’expérience, du renouveau, et de l’ancrage politique.

Guillaume Garot estimait sur leglob-journal qu’il fallait en quelque sorte élargir les horizons du parti préfigurant cette ouverture voulue par la direction nationale du PS avec la mise en place de « forums de la refondation » qui se tiendront avant le congrès.

Ouvrir donc notamment aux delà des adhérents : « En Mayenne, je dis qu’il faut se rassembler, et mobiliser les socialistes, les écologistes et tous les hommes et les femmes de progrès (…) » avançait déjà Guillaume Garot à la vieille des Présidentielles soutenant finalement le candidat issu de la primaire socialiste et estimant que « avec Hamon la gauche est toujours vivante ».

Mais à quel prix. Un peu plus de 6 % seulement en Mayenne pour Benoit Hamon au second tour de la Présidentielle ; le même score que Nicolas Dupont-Aignan boosté par son rapprochement tactique avec Marine Le Pen. Au total 10 247 mayennais sur près de 186 000 votants ont choisi le ticket PS. C’est peu. C’est dans ce vivier qu’il va falloir sans doute recruter pour élargir. «  Il existe un tissu progressiste en Mayenne, et il faut s’adosser à des militants et des citoyens qui sont en dehors du PS ; ceux qui sont partis, ou bien les sympathisants par exemple ; c’est la question qui a fait le plus débat autour de ce questionnaire envoyé récemment aux adhérents mayennais et qui a débouché sur une majorité de oui en Mayenne » commente Antoine Caplan.

’il est question d’ouvrir en dehors des adhérents, le risque souligne-t-il, c’est « de dévitaliser l’adhésion, ajoute Caplan. Elle doit continuer à avoir un sens malgré tout ; la question a été soulevée, on en a beaucoup parlé. Faut-il se contenter d’un clic sur un portail internet ou bien faut-il un engagement plus fort ? Parmi les adhérents, il y a ceux qui participent et les autres ».

Combien d’adhérents dans les 14 sections du PS en Mayenne ? Quand on pose la question, Antoine Caplan ne répond pas réellement : « on doit être sur le même nombre qu’au début de l’année... puis il ajoute : il y a une forme d’attentisme... Qui va émerger ? Vous le savez bien, un parti politique fonctionne à l’incarnation. Mais je dois dire qu’on ressent une vitalité en Mayenne, un intérêt. Il y a quinze jours, la réunion de section de Laval a rassemblé une trentaine de personnes. C’est encourageant ! ». Pourtant le local lavallois, siège du PS, situé le long de la rivière Mayenne est souvent fermé ces derniers temps. Moins d’argent ? Moins de présence pour le secrétariat et l’accueil ? « En ce moment, l’encéphalogramme est plutôt plat ! » analyse cette adhérente sans en rajouter.

Dans le trio directorial « le leader, c’est toujours Guillaume, il est le député et il est reconnu de tous » analyse Caplan. « Ça se passe bien entre nous et c’est même confortable cette façon de diriger ; bien sûr on ne voit pas tout de la même façon et c’est normal, il y a quelques divergences ici ou là mais on arrive finalement à bien s’entendre. » Mais pour l’heure, même en Mayenne, il y a urgence à colmater les brèches creusées après la Présidentielle.

Et à travailler à la refondation. « Le parti n’a pas le choix ! », dit cet adhérent. « Il faut bien y croire », dit cet autre. Mais qui sera aux manettes en Mayenne comme premier secrétaire fédéral ? Qui finalement pour incarner la relève ? La question est dans les têtes. « Il faut de la disponibilité » analyse Jean-Pierre Le Scornet.

Ce n’est apparemment pas la priorité. « C’est bien, cette collégialité à la tête de la Fédé. » explique Antoine Caplan qui travaille en dehors de la Mayenne, dans le département voisin aux cotés de la maire PS de Rennes, Nathalie Appéré. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs semble-t-il dire en substance : « Il y a un temps pour tout, la pire erreur serait de dire : voilà qui est tête de liste maintenant, pour des échéances électorales qui vont arriver certes, mais pas tout de suite ». Les municipales sont en effet en 2020, les départementales et les régionales en 2021.


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En Mayenne, le PS travaille aussi à la refondation du « socialisme du XXIe siècle »

Publié le: 10 octobre 2017
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