Entre classique, folk et jazz, c’est l’accord parfait

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Par Julie Vandard

MUSIQUE – Pour ce cinquième et dernier épisode de notre série consacrée à l’Ensemble instrumental de la Mayenne (EIM), cet orchestre assez peu connu, nous nous intéressons aux projets pour lesquels l’EIM rencontre d’autres esthétiques musicales. Nicolas Moreau, Chargé de mission des actions artistiques à Mayenne Culture qui est rattachée au Département, nous raconte la conception de That’s all Folk, joué en 2016, et de Lady sings the Blues qui sera donné en octobre prochain.

Entretien avec Nicolas Moreau*

blanc_long-50.jpgLeglob-journal : Nicolas Moreau, vous êtes Chargé de mission des actions artistiques à Mayenne Culture, pouvez-vous nous dire quel était le but du projet That’s all Folk ?

lettreguiillemetsfrancaisouverture-15.jpgNicolas Moreau : Oui, en 2014, on a fêté le 50ème numéro de Tranzistor. On avait eu l’idée de faire un concert autour du répertoire du groupe Bajka, qui associerait des musiciens de la scène locale. Après cette soirée, tout le monde voulait recommencer. Faire collaborer les musiciens de la scène locale qui se connaissent mais ne travaillent pas forcément ensemble, est venu rencontrer un des objectifs qu’on a avec l’Ensemble instrumental : ouvrir l’orchestre pas uniquement au répertoire classique, le mettre au service d’autres projets qui puissent visiter des répertoires différents. Pour That’s all Folk, la scène folk était dynamique quand on a construit le projet, et le répertoire assez large pour expérimenter des choses, il fonctionne très bien avec un orchestre classique.

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Le but, c’était aussi que les musiciens se rencontrent car les  « classiques » et les « folkeux » ne se connaissent pas, à quelques exceptions près comme Nicolas Marchand, percussionniste à l’Ensemble instrumental qui joue aussi dans le groupe Bajka, ou Philippe Martineau, le clarinettiste de L’Ensemble instrumental et du Vistina Orkestra [Lire notre précédent article, NDLR]. Mais les réseaux sont très différents.

C’est intéressant de les faire se confronter, de voir ce qui les unit et les différencie. Et ça fonctionne très bien : les « folkeux » sont flattés d’être accompagnés par un orchestre classique, et peuvent être impressionnés par leur technique. Les « classiques » adorent aussi, parce que c’est un autre répertoire, ça groove, il y a des instruments amplifiés. Ils étaient contents d’aller soutenir des chanteurs, dont certaines voix les ont surpris.

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L’affiche du concert – © Antoine Gadiou
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Leglob-journal : Cette année, l’Ensemble instrumental de la Mayenne rencontrera le jazz avec Lady sings the blues. En quoi consiste ce nouveau spectacle ?

Le Folk avait un répertoire facile pour faire une sorte de balade. Cette musique a beaucoup évolué entre les morceaux traditionnels et les chansons folk actuelles, mais le folk, ça reste une guitare et une voix. C’est assez uni, homogène ; cette musique raconte quelque chose.

Le jazz, lui, est plus protéiformes. C’est quoi le point commun entre le jazz des années vingt et celui d’aujourd’hui ? L’improvisation peut-être ? En tout cas je ne voulais pas qu’on tombe dans un spectacle un peu artificiel qui retracerait l’histoire du jazz. L’idée était de resserrer le propos autour de quelques artistes et on avait envie qu’il y ait des voix. En Mayenne, on a plutôt des chanteuses de jazz donc assez vite on s’est tourné vers un répertoire de chanteuses. On s’est arrêté sur la personnalité de Nina Simone et Billie Holiday.

Lire aussi : les autres articles de la série sur l’EIM, ici

Même si elles n’ont pas chanté à la même époque, elles ont une proximité : ce sont des rebelles, elles ont une vie assez romanesque. Et elle dépassent le cadre du jazz : des gens les écoutent alors qu’ils n’écoutent pas de jazz. De plus, toutes les deux ont composé : Nina Simone beaucoup plus que Billie Holliday, cette dernière étant plus une auteure. Mais elles ont des chansons à elles, ce qui était rare à l’époque. Et même aujourd’hui : on a plus de créatrices dans le jazz, mais beaucoup de chanteuses sont avant tout des interprètes.

On s’est aussi intéressé par le lien avec l’histoire des Etats-Unis. On essaie de construire quelque chose avec les scolaires autour du spectacle. Un travail sera également mené avec le conservatoire autour de ce répertoire. Il y aura une conférence en amont du concert sur l’histoire de ces chanteuses-là, avec les chansons jouées en live.

L’idée, quand on associe la scène locale et les musiciens classiques, c’est de les faire se rencontrer, de trouver des terrains

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sur lesquels on peut créer des rencontres. Il y a une dimension forte de création, car on ne fait pas de la relecture de répertoire ; on s’en inspire pour aller vers autre chose.

*Nicolas Moreau est Chargé de mission des actions artistiques à Mayenne Culture

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Retrouvez dans le PDF en bas de l’article, les informations sur la saison 2018-2019 de l’Ensemble instrumental de la Mayenne. Et pour vous donner un avant-goût, voici un extrait de L’histoire du soldat qui sera rejoué par l’orchestre en fin d’année.

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Ici, tout le programme de l’EIM

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