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Sarkozy renvoyé en apparence à ses chères études, Fillon catapulté en “héros” d’une droite et du centre, et Juppé dont les ardeurs ont été échaudées, devenant le Poulidor d’un montée en puissance artificielle. Voilà résumé le tableau à l’issue du premier tour de la Primaire à l’américaine de Les Républicains. Un exercice - déjà testé par la Gauche - démocratiquement ouvert à tous, voulu par le président des LR lui-même et qui s’est finalement retourné contre lui.

- Par Thomas H.

Ah l’Amérique ! Les États-Unis de la liberté et des libéraux ! Ce sera toujours l’aimant pour cette droite subjuguée, même si en ce moment son image se distord. L’Amérique, les « vrais américains », on l’a vu avec l’élection de Donald Trump, sont patriotes. Ils sont à droite et donc Républicains à fond. Ils manient le revolver et montent à cheval. Ce sont des cow-boys. Des vrais. On se souvient de Nicolas Sarkozy, de ses chevauchées en Camargue, sous les crépitements des objectifs des photographes et des télés, ce coté western qu’il affectionne pour avoir eu envie de se prêter au jeu. Alors que les démocrates seraient dans le rapprochement, l’idéologie, et le mental. Bref, le socialisant quoi ! Et ils ne s’intéresseraient qu’à la santé et au mariage entre homosexuels. Rien de dur, que du mou.

Et justement François Fillon, c’est le sarthois catholique ultra libéral. Ultra-Républicain, proche de Sens commun, ce mouvement de fond « border-line », qui se manifeste peu mais agi, issu de la vague Manif pour tous ultra conservatrice.
L’ex-président de la Région Pays de la Loire est un « vrai dur ». Le député de Paris veut baisser les dépenses publiques de 110 milliards d’euros, supprimer 600 000 postes de fonctionnaires, permettre la création de nouvelles écoles privées (alors que Juppé ne le propose pas officiellement), supprimer le monopole syndical, rendre plus sévères les conditions du regroupement familial, supprimer l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et l’aide médicale d’urgence (AME) pour ne citer que quelques mesures de son programme ultra-libéral. Des mesures qui permettront de creuser, on peut le craindre, un peu plus encore le fossé des inégalités.

Et si la Gauche avait perdu son « meilleur » adversaire ? Nicolas Sarkozy, sorti de la course, l’opposition perdrait son punching-ball favori regrette certains hommes et femmes de gauche qui font une analyse un peu plus fine que celles des «  experts » et des « sondeurs » appelés sur les plateaux de télévision. Perçus comme issus d’une « droite convenable  » quand celle de Sarkozy apparaissait comme « décomplexée  », Fillon et Juppé sont masqués en embuscade. Ils présentent une visage clean quand finalement, ils sont dotés d’un aspect double-face à la Batman. Le second avoue - s’il est élu - souhaiter légiférer dès juillet par le système des ordonnances qui privent, on le sait, les députés de débat démocratique.

Les deux anciens Premier ministre ont cela en commun. Ils ont été le premier des ministres, « le chef » donc et ont dirigé chacun une équipe que Chirac et Sarkozy avaient approuvée ou désignée, c’est selon, comme étant en apparence au service de la France. Fillon a pour lui un petit plus que Juppé n’a pas. Le député de Paris n’a apparemment pas de distorsion d’image en terme de justice, par de « casseroles  » contrairement à Sarkozy qui drainent comme le disent ses très nombreux détracteurs des « marmites » collées à ses basques. Juppé, pour reprendre la formule de Chirac n’a-t-il pas été « le meilleur de nous tous  » ? On s’en souvient qu’il a purgé une peine d’inéligibilité et connu la « tentation de Venise ».

Mais les électeurs de la Primaire de la droite et du centre ont-ils eu de la mémoire ? Se sont-ils souvenus qu’ils ont dû participer à un Sarkothon pour renflouer les caisses de l’UMP qui avaient été asséchées ? L’effet « valises » accusatrices, celles de Ziad Takieddine a-t-il joué dans ce premier tour ? Se sont-ils souvenus aussi que Juppé fut « considéré comme un élément clé d’un système de financement occulte d’emplois au sein du RPR financés par la mairie de Paris et des entreprises désireuses de passer des contrats publics » ? Peut-être. Peut-être pas. L’électeur aficionados à la souvenance sélective.

Et quid de l’effet présence dans l’isoloir de ces électeurs de gauche qui se sont donnés à l’exercice de la Primaire à droite en ayant une envie de faire le ménage ? Et si la Gauche avait perdu son « meilleur » adversaire ? Ce qui est certain, c’est que le TSS « Tout Sauf Sarkozy  » a encore joué. Mais cette fois à droite aussi.


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Et si la Gauche avait perdu son « meilleur » adversaire ?

Publié le: 21 novembre 2016
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