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C’est la fin de la Primaire de la droite et du centre. Le rideau vient de tomber sur cet épisode de la vie politique française qui aura accaparé une part importante de la sphère médiatico-polique. Il est vrai que c’était « inédit  »pour reprendre un argument, celui de certaines chaînes de télévision qui présente en prime-time un film jamais vu. La première Primaire à droite s’est tenue et s’est trouvée un unique « champion » derrière lequel le parti - Les Républicains - s’est engagé, dans une belle unité de façade, à se rassembler.

- par Thomas H.

Et ce sont les sirènes ultra-droitistes du député de Paris qui ont été prépondérantes. François Fillon a séduit en reprenant la thématique de « l’identité française  » celle qu’affectionnait Nicolas Sarkozy. « La France veut des actes et de la vérité ». Le voilà presque prêt en cas de victoire en 2017 à s’asseoir dans un fauteuil présidentiel qui ne fait que commencer à inquiéter face à une candidate de l’extrême-droite qui peut se propulser au second tour. Mais attention 4 millions d’électeurs ne font pas une élection présidentielle.

La perspective effarante de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires – la fonction publique a toujours été la bête noires de la droite – ne présage en cas de victoire à la Présidentielle rien de bien encourageant, c’est même effrayant. « Nous avons le devoir de faire des changements inédits (…) rien n’arrête un peuple qui se dresse pour son avenir (...) » Pas si simple, quand les mots ne se confrontent pas à la réalité.

Avec l’émergence de deux candidats restés en plateau pour l’investiture des Républicains, ont a assisté à l’éclosion d’une seule politique, hyper-libérale des deux cotés mais avec deux approches méthodiques différentes pour la mettre en musique. Agir avec force et rapidité pour créer un électro-choc pour Fillon et agir avec pondération et plus de réalisme de l’autre quand Alain Juppé donne l’image de retoquer Fillon sur sa manière qu’il juge inappropriée et imprudente.

Les purges n’ont jamais permis de créer du lien

Ce qu’a dit Fillon pendant cette campagne pour la Primaire de la droite et du centre, c’est faire croire qu’un changement radical est possible. En s’adressant à un électorat ultra conservateur, traditionaliste et catho, isolé dans une France revancharde, ou bien agglutiné après la vague homophobe de la Manif pour tous dans Sens commun, l’ancien Premier-ministre de Nicolas Sarkozy pendant 5 ans, s’est arrogé une étiquette. Celle d’un homme politique, un croisé, chrétien, porteur d’un patrimoine commun, de valeurs morales qu’ils revendiquent - les racines chrétiennes de la France - dénonçant l’islam politique qui s’insinuerait dans le Pays de Clovis et de Jeanne d’Arc.

Les réformes prônées par François Fillon sont porteuses de moins, de suppressions, de remises en cause. Elles seront menées de façon autoritaire décidées par ordonnance, sans débat démocratique si le parti Les Républicains l’emporte. Elles équivalent, pour ce qui est de la suppression des postes de fonctionnaires, à des purges, ni plus ni moins. Les purges n’ont jamais permis de créer du lien, ni des systèmes de recomposition efficaces et nécessaires en France à la relance ou au redressement annoncé. Paradoxalement, François Fillon a appelé une « France plus juste et solidaire (...) Souveraine, moderne, et en tête de l’Europe. Des mots de façade.

Avec la fin de la primaire à droite et du centre, c’est aussi le début du chaos ; celui que nous promet en filigrane en cas de victoire en 2017 le candidat investi par Les Républicains grâce à des mesures concrètes, des réformes « inédites », et qui n’ont donc jamais été mis en place. Affaiblissement de la Sécurité sociale pour tous, amoindrissement des Services publics, privatisation en creux de l’École, etc.

Un chaos, soyons en certain, en surgira distillé par des mesures qui si elles sont appliquées devraient - ne nous y trompons pas - mettre le pays « à feu et à sang ». Parce que, finalement et c’est heureux, les Français ne se laisseront pas faire.


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François Fillon, et le rouleau-compresseur ultra-libéral de la droite

Publié le: 27 novembre 2016
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