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« Alors qu’au-delà de l’océan s’amassent les nuages de la tempête,
Jurons allégeance à un pays libre,
Soyons reconnaissants pour une patrie si juste,
En élevant nos voix dans une prière solennelle. »

- Par leglob-journal

Voici le premier paragraphe de God Bless America. En français, Que Dieu bénisse l’Amérique. Ces quatre vers sont extraits de God Bless America, une chanson patriotique américaine. Il y est question de « tempête », de « pays libre », de « patrie si juste » et de solennité. Tout ce qui finalement a manqué dans cette campagne plutôt affligeante qui vient de s’achever. Et replacé dans le contexte actuel des Élections 2016 aux États-Unis, avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, ces quatre vers prennent un certain relief !

Dans un terrible coup de tonnerre, Donald Trump a été officiellement élu 45e président des États-Unis. Les républicains avec son élection contrôlent à présent la Maison-Blanche, le Sénat, la Chambre des Représentants ; les Républicains sont aussi majoritaires parmi les gouverneurs des États et ont la mainmise sur la puissante Cour suprême des États-Unis. Cela n’était pas arrivé depuis 1928 !

Trump, c’est l’homme aux positions autoritaires, méprisantes, sexistes ; l’homme aux propos racistes et xénophobes qui veut fermer les frontières ; l’homme qui fait d’une partie des ses concitoyens états-uniens des bouc-émissaires que l’Amérique s’est choisis. Dont acte. Il faudra faire avec. S’approchent maintenant les « nuages de la tempête ».

Mike Pence son co-listier, celui qui sera le big-boss en cas de vacances du pouvoir, le vice-président de Trump a remercié Dieu pour cette victoire du républicain. Comme si un Deus es machina l’avait adoubé. « C’est un grand honneur ! » a simplement déclaré Mike Pence « pour moi et ma famille ».

L’histoire et la mémoire courte

Aux USA, cette phrase qui n’est pas aussi insignifiante que cela, God Bless America, termine souvent les discours des politiques, car on ne connait pas aux USA le principe de laïcité à la française. Ce qu’a fait Pence en achevant sa courte intervention, avant que Trump ne s’exprime pour la première fois comme Président. Il faut dire que l’ancien élu à la chambre des représentants pendant 12 ans, ce proche du courant évangéliste et du mouvement Tea Party, Mike Pence l’anti-avortement a pris position contre le mariage gay.

Pourtant God Bless America, cette chanson exulte le sentiment patriotique des États-uniens et une partie de leur histoire. Composée par Irving Berlin en 1918, God Bless America est très souvent considérée comme l’hymne national officieux, car elle retrace bien l’état d’esprit dans lequel se trouvaient les Pilgrim fathers, ces réfugiés en somme qui avaient choisi de devenir des migrants pour rejoindre leur « Terre promise ».

Réduire des fractures qu’il a lui même créées

Paradoxale Amérique qui s’appuie officiellement sur sa courte histoire quand cela l’arrange et n’hésite pas à s’en accommoder ou à l’oublier quand il le faut. Donald Trump n’a pas fait autrement durant toute sa bataille pour la course à la Maison-Blanche, en fustigeant une partie de ses compatriotes, - musulmans, hispanos, et tous ceux qui ne pensent pas comme lui - en surfant sur le racisme et la xénophobie ambiante, notamment dans les territoires ruraux oubliant que la nation américaine s’est fondée sur l’exil et le melting-pot.

a campagne, c’est un moment où l’on se lâche. Une fois élu, il faut recomposer, et s’adapter. Se mettre en corrélation avec la réalité. Ce fut le cas en France lors des dernières élections présidentielles.
C’est donc un Donald Trump plus « humble », moins bonimenteur - loin des parades du charlatan qu’il a été-, qui a fait un premier discours de 45e président des USA. Il faut « panser nos blessures, il est temps de se rassembler en tant que nation unie (...) je fais la promesse que je se serais le Président de tous les américains (...) » a déclaré encore l’homme d’affaires qui nous a habitué pendant la campagne - ce qu’il a qualifié de « grand mouvement » à dire tout et son contraire.

Le partenariat plutôt que le conflit

« Je veux renouveler le rêve américain » a-t-il encore dit en énumérant tout ceux qui l’ont soutenu et qui se trouvaient à la tribune au coté de lui, comme pour prouver qu’il n’était pas seul. Le Président les a alors qualifiés, avec un petit mot pour chacun, de « amazing and wonderful star ». Des stars, pas de doute, nous sommes bien aux USA !

« Nous avons un projet de croissance et de renouveau national(...) a-t-il confié un plan économique formidable (...) nous rechercherons le partenariat avec les nations plutôt que le conflit (...) nous mettrons les intérêts des USA en premier, mais serons juste avec tout le monde. » Message qui se veut rassurant à l’endroit des pays partenaires du bloc occidental qui doutent après la défaite d’Hillary Clinton.« Et pour être vraiment un évènement historique, nous devons faire un travail pendant les 4 ans qui viennent, qui soit vraiment à la hauteur » a ajouté Donald Trump, comme s’il en doutait.

Je reconnais ta victoire

La candidate démocrate n’a pas fait, contrairement au protocole, de discours devant ses aficionados qui attendaient tous, dépités, à son QG une parole de soutien. En réponse, ils ont été priés par le directeur de campagne de Clinton, - l’ex patron de la CIA - de rentrer chez eux et d’aller dormir. Puis ce fut le coup de fil d’Hillary à Donald, « je reconnais ta victoire, Donald et donc ma défaite... » ; et le déclenchement de la machine à officialiser l’élection.

« La vie politique, c’est pas facile ! » a aussi reconnu Trump à la tribune remerciant sa famille qui lui a apporté « un soutien énorme ». Les difficultés ne font que commencer. Les « nuages de la tempête » s’amoncellent. « We are better than bigotery » scandaient cette nuit de jeunes américains massés devant la Maison Blanche. « God bless America ! » : que Dieu bénisse l’Amérique ! Mais s’en remettre à Dieu sera-t-il toujours suffisant ? Vraiment pas certain !

Illustration : Campaign 2016 : The final stretch © Chappatte in The New York Times [8 Nov. 2016]


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God bless America, vraiment ?

Publié le: 9 novembre 2016
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