Guillaume Chevrollier fait le pari de l’Économie sociale et solidaire

lettretnew.jpgTRIBUNE – Recycler et faire circuler! Nous avions déjà le «développement durable», voici l’«Économie circulaire». Rien ne se perd, tout se récupère et se répare. Sérieux : c’est ce qu’on appelle l’ESS, nouvel acronyme pour Économie Sociale et Solidaire. Une nouvelle invention marketing? Ou bien une vraie avancée dans le monde industriel? Le sénateur (LR) Guillaume Chevrollier opte, comme le Premier ministre venu à Mayenne, pour la deuxième proposition et y croit dur comme fer. Sur leglob-journal, il nous dittout le bien qu’il pense de l’ESS qui permet selon lui : «Réduction des coûts, protection de l’environnement, nouvelles sources de chiffre d’affaires…» . 

 

Par Guillaume Chevrollier*


«Rendez-vous compte. Chaque français produit environ cinq tonnes de déchets par an. Sur ces déchets : 40% sont recyclés, 30% sont incinérés et 30% envoyés à la décharge.

68 milliards de tonnes de ressources naturelles sont ainsi prélevées chaque année dans la nature. En termes de recyclage, la France n’est aujourd’hui qu’au 25ème rang européen avec seulement 22% de recyclage du plastique. En Europe du Nord, certaines États atteignent 40%.

Le modèle économique actuel se résume en trois mots : Acheter-Consommer-Jeter. Que ce soit le consommateur qui jette aussitôt après avoir acheté ou les entreprises dont le modèle économique repose parfois sur l’obsolescence programmée de leur produit, tout le monde alimente cette société d’hyper-consommation qui, à terme, n’est pas soutenable.

L’économie circulaire est la promesse d’un modèle non polluant, vertueux. Elle constitue un enjeu à la fois environnemental, social et économique. Plusieurs entreprises françaises ont fait ce choix stratégique et industriel de restructurer leur modèle économique afin de le rendre plus durable et soutenable. Je pense à celles qui se sont converties à l’éco-conception des produits.

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Je pense aussi à l’exemple de l’entreprise Seb à Mayenne, spécialiste de l’électroménager et qui a été visitée par le Premier ministre et où il a dévoilé sa feuille de route sur l’économie circulaire. Le positionnement industriel de cette entreprise est assez remarquable : il répond en effet à la réparabilité de 93 % des pièces détachées pendant 10 ans !

Réduction des coûts, protection de l’environnement, nouvelles sources de chiffre d’affaires. Ce sont de vrais paris, de vrais choix d’avenir qu’il faut encourager. Et c’est là que le politique doit intervenir pour donner une impulsion vers cette nouvelle économie.

De 2012 à 2017, je me suis intéressé, en tant que député, au défi de la gestion des déchets produits par les entreprises dans le cadre des filières à responsabilité élargie des producteurs (« filières REP ») et nous avons, avec un collègue député, produit un rapport sur cet enjeu. Pour rappel, le principe de la REP (Responsabilité Élargie des Producteurs) consiste à faire supporter par les producteurs, une responsabilité significative pour la gestion des déchets issus des produits qu’ils ont mis sur le marché, notamment les coûts liés au recyclage.

Notre objectif était clair : faire du recyclage un des axes stratégiques de la politique industrielle de notre pays, créer des emplois, de nouveaux métiers. Pour ce faire, nous avions identifié plusieurs pistes : favoriser l’émergence d’une véritable filière industrielle du recyclage ; aider les collectivités locales à optimiser la gestion de leurs obligations en matière de collecte et de tri ; renforcer le contrôle de l’État sur les éco-organismes ; faire de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) un acteur à part entière des filières REP.

J’insiste sur l’ESS qui a, depuis sa création, fait preuve d’imagination et d’inventivité dans le domaine de la gestion des déchets, pratiquant l’économie circulaire, le réemploi et les circuits courts. Prenons l’exemple d’Emmaüs qui a signé un accord-cadre pour la reprise avec indem-nisation des déchets issus du réemploi de 180 structures du réseau Emmaüs.

lettreguiillemetsfrancaisfermeture-13.jpgFaire le pari de l’Économie circulaire, c’est renoncer à une consommation égoïste, et immédiate. C’est choisir une consommation équilibrée, durable, saine et respectueuse de l’environnement et de la biodiversité.

En tant que sénateur, membre de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, rapporteur du projet de loi de finances sur la mission « Biodiversité – Transition énergétique », je suis convaincu que nous avons besoin de toutes les bonnes volontés, celles des citoyens et des collec-tivités locales notamment.

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*Guillaume Chevrollier, 44 ans, a été député (LR) de la Mayenne de 2012 à 2017, élu en remplacement du député Marc Bernier, dont il était son directeur de campagne. Il est depuis 2017 sénateur et membre de la commission Aménagement du territoire et du développement durable et rapporteur du projet de loi de finances sur la mission Biodiversité – Transition énergétique.

Guillaume Chevrollier «lors d’une Visite le 28 juin 2018 à Martigné-sur-Mayenne de l’Imprimerie solidaire, première imprimerie industrielle adaptée en France qui favorise l’intégration de travailleurs handicapés» – Image compte twitter

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