| Retour à la Une
leglob-journal
Journal d'informations, d'investigations, d'analyses et d'opinions sur la Mayenne

Parents d’élèves et personnel du collège en sursis ne négligent rien. Actions, manifestations, présence soutenue sur les réseaux sociaux, mails aux conseillers départementaux pour tenter de faire infléchir les votes, et puis des courriers aux décideurs nationaux ; parce que le salut pourrait peut-être venir d’en haut ? Une lettre en tout cas a été envoyée à la ministre de l’Éducation nationale signée par le personnel du Collège Fernand Puech. Quant à la FSU, le syndicat majoritaire dans le second degré, il entend bien être reçu en délégation par la ministre. Pas question donc de faire baisser la pression d’ici au 27 mai date à laquelle les conseillers départementaux doivent voter sur la proposition de « désaffectation » de l’unique collège public en centre ville de Laval.

-Par Thomas H.

Dans la lettre à Najat Vallaud-Belkacem, le personnel du collège se dit « particulièrement scandalisé par la décision unilatérale du président du conseil départemental  » et il insiste sur le fait que « (…) le collège Fernand Puech est situé dans la même rue qu’un gros établissement privé qui deviendrait, si cette fermeture était effective, le seul collège de proximité. Le service public serait alors chassé du centre ville, et cette perspective est intolérable. C’est une obligation républicaine de maintenir et de favoriser le service public de proximité. » Sous entendu : à vous aussi, Madame la ministre, d’intervenir d’une manière ou d’une autre ! La corde sensible de la fracture idéologique entre l’enseignement public et son versant privé est donc actionnée.

Selon le député socialiste Guillaume Garot, « le dossier Puech irrigue tout le département  ». Le conseiller départemental socialiste est membre de la Commission Éducation au Département et annonce la couleur : « jamais dit-il, une note, un écrit, rien, vous m’entendez, rien n’a évoqué l’hypothèse de la fermeture de ce collège, fermeture qui n’a jamais été abordée ».

Interrogé par leglob-journal assez longuement, le député socialiste parle clair et use de sa liberté d’expression. Il est vrai qu’avec ce dossier Fernand Puech, il a une carte à jouer en vue du maintien en Mayenne de l’unique représentant de la gauche siégeant à l’Assemblée Nationale. Comme il peut d’ors et déjà s’appuyer sur une certaine division à droite ; Samia Soultani Vigneron (LR- Droite Forte), première adjointe au maire de Laval, s’est vue attribuer dans la première circonscription où siège Guillaume Garot un concurrent (UDI) Philippe Habault ; l’adjoint en charge des finances travaille pourtant avec Samia Soultani-Vigneron autour de François Zocchetto, ce qui ne fait pas, à tout le moins, rassemblement et force de victoire.

Le député socialiste Guillaume Garot tout au centre de la photo (C) leglob-journal

Cela dit, quand j’évoque sa fin de mandat et cette carte à jouer, Guillaume Garot n’hésite pas : « je me refuse à être dans le calcul politicien  » et «  ne veut pas tirer de plan sur la comète, les élections sont encore loin dit-il, et la législative intervient après la Présidentielle  ». Plus loin dans l’entretien, il ajoute « les familles savent se défendre, elles se mobilisent très bien... » sous entendu qu’elles n’ont pas besoin de Boyer ou de Garot. « Pas de récupération politique, ce n’est pas mon style, je suis dans l’autonomie, on ne me voit pas dans les manifestations...pas de calcul !  »

Expliquant «  vouloir respecter l’indépendance de chacun  », même si certains aimeraient le voir plus combatif, il s’attache à dénoncer la méthode, et demande à Olivier Richefou « un moratoire ». Le député insiste, « c’est toujours la même méthode : il y a un problème, alors on ferme ! on ne réfléchit par pour les 5 ans à venir, le raisonnement n’est que comptable... mais c’est un choix politique de fermer des services publics dans le 53  ».

Ferme sur ces positions, Guillaume Garot explique qu’il fait déjà remonter depuis longtemps les problèmes qu’il observe dans le département. « C’est le rôle du député que je suis » et pour revenir à Puech, il ajoute « comme par miracle, on trouve l’argent pour une route sous Pritz, on voit bien, tout dépend des priorités qu’on se fixe ! Éducation ou rond-point ! Le choix politique a été fait  ».

Je questionne à nouveau : Éducation priorité nationale et pourtant votre gouvernement ferme des collèges dans d’autres départements ? - « Nous ne sommes pas dans un société figée, les besoins des citoyens évoluent, les services publics ont aussi le devoir de s’adapter aux modes de vie, à la démographie, aux transports, etc. mais on doit avant tout concerter et dialoguer ; on ne doit pas se contenter pas de dire on ferme et on discute ensuite !  »

Je relance : Et Val de Bootz ? - « Eh bien parlons-en ! D’abord ce n’était pas une fermeture mais une fusion, et puis on a pris notre temps, 3 ans de discussion et ensuite on a eu une décision unanime ! Cela n’a rien à voir ! »

Dans la commission Éducation qui se réunie régulièrement au Conseil départemental de la Mayenne, il y a eu des éléments, dans le passé qui ne vont pas forcément dans le système du - je ne veux voir qu’une seule tête. C’est fatal. Il arrive alors qu’on s’abstienne. S’abstenir, c’est déjà se trouver en quelque sorte dans le front du refus, même si bien évidemment, ce n’est pas un vote contre, franc et clair ; mais quand on est dans la majorité départementale, cela semble un signe fort qu’on veut donner. C’est pour cela que Guillaume Garot souhaite, et le répète, un vote public le 27 mai prochain, où « chacun pourra se prononcer ». (...) « on ne décide pas sur un coin de table de la fermeture d’une collège, il y a trop d’implication, trop de conséquence ».

Et Guillaume Garot d’ajouter dans un raccourci un peu abrupte, certes, mais qui parle : « 2,5 millions pour la route sous Pritz, ou la rénovation d’un collège, encore une fois c’est un choix politique » martèle-t-il. « L’état de tension dans l’agglomération et plus encore dans le département, je perçois tout ça, et l’entêtement n’est pas la solution. Je me bat pour trouver une solution... je me bat parce que j’ai l’espoir qu’ Olivier Richefou revienne sur sa décision ! Vous savez, je rencontre beaucoup de gens, je leur parle, je dialogue, je les écoute attentivement. Je relaye beaucoup de messages, mais encore une fois je ne veux pas être dans le calcul politicien  ».

Cet entretien téléphonique avec Guillaume Garot le député PS de la Mayenne a eu lieu Mercredi 18 mai. Sollicité la vielle en fin d’après-midi, Guillaume Garot n’a pas tardé à recontacter rapidement leglob-journal dès le lendemain matin.

PDF - 36.4 ko

Réagir

Guillaume Garot et Puech : « je ne veux pas être dans le calcul politicien ! »

Publié le: 19 mai 2016
- Lire aussi d'autres articles de la rubrique: leglob-mayenne
Politique PS Éducation Elections
Acteur et vecteur de la Pensée critique en Mayenne : leglob-journal
A lire également sur votre Journal en ligne
leglob-journal, votre journal indépendant en ligne - Informations, Analyses, Opinions en Mayenne - Lisez leglob-journal - Nous contacter par mèl : redaction@leglob-journal.fr
© leglob-journal 2017 - Mentions légales - Editorialisé avec SPIP - se connecter - RSS RSS