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Refuser de se retrouver emmuré dans le silence du harcèlement est une décision très difficile à prendre. Il y a des freins psychologiques très forts qui vous poussent contre votre gré à ne pas sortir de « votre coquille » de harcelé. A y rester en vous tapant la tête contre les murs courbes de cette espace dans lequel vous êtes prisonnier. Des salariés l’ont fait pourtant, mais pour combien qui n’osent pas en Mayenne ou ailleurs !

- Par Thomas H.

6 agents de la Maison de retraite de Meslay-du-Maine qui n’ont pas supporté, on les comprend, ont choisi de rompre le silence. Et de parler, et de demander réparations. Devant la justice.

Histoire de culture ? - Imposante, la cravate du Directeur...« Slip ou string ? », voilà entres autres le genre de question auxquelles étaient soumis ces salariés de la part de leur hiérarchie directe qui se croyait tout permis.

Rompre le silence, c’est la décision qui aura permis la prise de parole qui, il faut l’espérer deviendra réparatrice. Elle devrait déboucher sur une autre parole, attendue celle-ci par les victimes, celle de la Société.

Une parole de la justice qui doit se prononcer le 6 mai prochain devant le Tribunal correctionnel de Laval.

Les hommes de loi trancheront sur le harcèlement moral ( et pas sexuel la justice ne l’a pas retenu) pour lequel le Directeur qui avait rapidement été suspendu de ses fonctions devant la gravité des actes, a été mis en examen pour finalement être appelé à comparaître devant la Justice.

Celle-ci dira au cours de ce procès si les conditions de travail ont été dégradées et ont été susceptibles de porter atteintes aux droits des agents de la Maison de soins pour personnes âgées.

Un délit - Le harcèlement moral, la loi dite de modernisation sociale de janvier 2002, cela n’est pas si vieux, en a fait un délit. Même si les contours en sont mal définis.

Ainsi selon l’Article. L. 122-49 alinéa 1 du code du travail : « Aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale, ou de compromettre son avenir professionnel. ».

Dans le cas contraire, « le fait de harceler (…) sera puni d’un an d’emprisonnement et de 15000 euros d’amende » comme l’énonce l’Article 222-33-2 du Code pénal.

Les agents de la Maison de retraite de Meslay-du-Maine choqués par ce qu’ils subissaient, n’avaient pas souhaité médiatiser cette affaire de « mauvais comportement de leur hiérarchie ».

Ils n’avaient pas désiré s’exprimer bien avant la tenue du procès devant les journalistes qui les avaient sollicités. Non par sensationnalisme de leur part mais bien pour rompre un silence que l’on pourrait à juste titre qualifier de complice. Et puis parler, c’est témoigner !

Le quand dira-t-on ? - Peur d’être mal vu ? Incapacité à verbaliser leurs vécus publiquement, en plus d’être obligés déjà de relater par le menu devant les magistrats et les enquêteurs les agissements du Directeur de la Maison de soins pour personnes âgées ? Sans doute.

Ce sont d’ailleurs souvent le genre de tiraillements psychologiques qui apparaissent dans de telles circonstances. Mais rompre le silence c’est déjà être sur le chemin du mieux-être disent les spécialistes du harcèlement qu’il soit moral ou sexuel.

En France, une enquête réalisée en 2000 par Ipsos révèle que sur les 471 salariés interrogés (constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus), 30% déclarent subir un harcèlement moral au travail.

Pour une grande majorité d’entre eux, les brimades sont multiples, répétées et systématiques. De plus, 37% de ces salariés déclarent avoir été témoins du harcèlement moral d’un de leurs collègues.

Attention donc au recours au harcèlement, qu’il soit employé volontairement ou non, comme méthode incluse dans une culture de management. Comme cela semble avoir été le cas selon le rapport de l’Inspection du Travail produit tout récemment dans le lourd dossier de France Télécom pour étayer l’ouverture d’une information judiciaire !


1 commentaire
  • Harcelage moderne 22 mars 2011 17:39, par savapas

    Le harcèlement, il ne peut se d’écrire si nous ne le subissons pas, même parfois dificile à la personne qui le subit.

    C’est si sournois, si subtile, si perfide, si pervers, basé sur le mensonge ou bien ne pas mentir mais ne jamais dire toute la vérité. Vous n’êtes rien. Quant on vous répond, vous aurez toujours quelque chose de plus fort, ou bien un NON systématique, ou bien un rire nargueur, ou bien un "c’est pour rire’, ou bien un "t’es subtile". Ce n’est jamais de leur faute, il trouve toujours le moyen de retourner la faute contre vous.

    Attention Messieurs les juristes, Messieurs les Avocats, Messieurs les Juges, le coupable sera toujours charmant, aura toujours le sourire et sera vous mentir.

    Mais quand est ce que vous aurez des tests, il doit bien avoir un moyen de les dédecter.

    Ces femmes, elles ont supporté, "elles n’avaient pas le choix" jusqu’à ne pas soutenir leur camarade. Mais elles ont su se souder, se soutenir et à plusieurs nous avons beaucoup plus de force et surtout elles ont su dire stop.

    Voyez vous cette femme, elle a été licencié, déprime pendant 2 ans. Et bien M. le Directeur, lui tout vas bien, rien à se reprocher, de toute façon c’est une faible....

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Harcelage moderne

Publié le: 11 avril 2010
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