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Destinés au traitement du cancer, les médicaments innovants sont de plus en plus chers. C’est un constat fait par les malades et ceux qui les côtoient. Le coût du cancer a doublé en 20 ans.

Aux États-Unis, la mortalité à baissé de 16 % en 40 ans selon un article du Journal of the American Medical Association.

- Par Thomas H.

La première boite que j’ai acheté pour commencer mon traitement, elle m’a coûté 2600 euros » raconte en France cette jeune femme malade du cancer du sein qu’elle espère en phase de rémission.

« Je ne vous dis pas la tête que j’ai faite ! Cela m’a fait drôle à la pharmacie. Mais heureusement avec la carte vitale, on est pas obligé d’avancer l’argent. Tout est pris en charge. C’est vraiment un plus énorme. D’ailleurs ce n’aurait pas été possible !

Et puis, il ne manquerait plus que ça après tout : être malade et avoir à financer son traitement ! Non franchement, ce serait pas possible ! » Contrairement à d’autres États, la France a fait le choix de prendre en charge le coût de tous les traitements jugés efficaces. Mais cette position restera-t-elle tenable à l’avenir ?

Graph sur la palissade du chantier de l'Hôpital de Château-Gontier. Palissade qui n'existe plus à présent.Trou de la Sécu - Le déficit de l’assurance maladie, appelé communément « le trou de la Sécu », est régulièrement mis en avant dans la presse généraliste par les pouvoirs publics.

Un communiqué de presse officiel et les agences relayent ! «  Les dépenses de l’assurance maladie progressent de +4,1 % au 1er trimestre 2010 en France », voilà le genre de titre de dépêche réalisée à l’aide d’un communiqué du ministère de la Santé.

Gain pour le gouvernement ? Cela lui permet de pointer que la Sécurité Sociale créée au sortir de la Seconde guerre mondiale est pour reprendre une expression condensée, un «  vieux machin issu d’une idéologie qui n’est plus dans le coup  ».

En cherchant à l’atteindre dans son intégrité, cela permet à certains gouvernement qui aiment faire le jeu de structures non publiques de mieux proposer à terme une alternative.

Economies - Autre titre vu dans la presse ! « 150 médicaments seront moins remboursés en 2010 en France ce qui représentera une économie de 145 millions pour le gouvernement  »

Présenté comme cela, on a tout dit ! Et se comporter en apparence en bon père de famille qui gère bien son budget c’est vendeur, non ? !Il faut bien appuyer les réformes entreprises, ou celles a venir. Et de ce point de vue le recours à la pédagogie de la répétition fonctionne bien !

« Actuellement, la France peut payer. Toutefois, nous avons atteint un niveau de prix des médicaments innovants qu’il serait déraisonnable de dépasser  » précise le président du Comité Économique des Produits de Santé (CEPS) et « si de nouvelles molécules plus efficaces sont découvertes, nous n’accepterons pas une nouvelle escalade des prix » .

Voilà qui a le mérite de la clarté ! Même si cela reste des mots. Pas question donc pour la France de revoir sa position de principe et singer une politique de remboursement semblable à celle développée par des pays tels que le Royaume Uni.

Nos voisins observent les traitements de la maladie du cancer au regard de l’âge du patient. Et foin dnc du principe d’égalité devant la maladie…Trop vieux, pas de prise en charge.

Pourtant une vie n’a pas de prix, n’est-ce pas ? - Du côté de l’industrie pharmaceutique, on montre qu’on a bien compris le message du Comité Économique des Produits de Santé : «  le CESP a déjà attiré l’attention des laboratoires sur les sommes demandées qui sont parfois incompatibles avec les finances de l’assurance maladie » explique le directeur des études économiques et statistiques des Entreprises du médicament (LEEM).

Alors pourquoi des médicaments aussi chers ? «  Les médicaments innovants sont de plus en plus coûteux parce qu’ils sont de plus en plus difficiles à fabriquer et qu’ils s’adressent à des populations de patients de plus en plus petites » admet le Responsable du LEEM. [...] Toutefois, nous finirons par buter sur ce problème  ».

Tenir le plus longtemps possible. Ce serait donc la stratégie des entreprises du médicaments. Le groupe suisse Roche par exemple a connu une croissance de 6 % au premier trimestre 2010 grâce aux anticancéreux.

Et toujours selon Pharmactua.com, le groupe pharmaceutique Français Sanofi Aventis a enregistré une progression de 4.5% de ses ventes mondiales au premier trimestre 2010 pour atteindre 7.4 milliards d’euros.

Le résultat net du groupe a progressé de 3.4 % . Sanofi aurait réussi à bloquer les ventes du générique de l’anticancéreux Eloxatin aux Etats Unis. Quant au suisse Novartis, il a connu une progression de ses ventes mondiales de 25 % au premier trimestre 2010 grâce aux ventes de vaccins contre la grippe H1N1 qui ont apporté 1,1 milliards de dollars sur le trimestre.

Sans grande surprise ! - Selon un sondage réalisé en début d’année 2010, les laboratoires pharmaceutiques sont perçus comme une industrie génératrice de profits.

Il suffit donc de s’intéresser aux chiffres d’affaires de ces multinationales de la santé et tout s’éclaire. En tête dans le palmarès des 15 premiers groupes en termes de profit opérationnel en 2009, l’Américain Pfizer/Wyeth avec 28,6 milliards de dollars.

Deuxième , le Suisse Roche/Genentech avec 15,4 milliards de dollars. Troisième, l’Américain Merck & Co/ Schering Plough avec 12,5 milliards de dollars.

Quatrième groupe, le britannique GlaxoSmithKline avec 11,7 milliards de dollars. Le premier groupe français arrive en huitième position, c’est Sanofi Aventis avec 6,4 milliards de dollars.

Ouf, tout cela fait de l’argent ! Et des emplois ! Sans doute en raison de l’effet grippe H1N1 par exemple et de sa gestion « très précautionneuse » par les pouvoirs publics en France, les laboratoires sont perçus comme exerçant un pouvoir d’influence.

un pouvoir important sur le corps médical, ne serait-ce qu’en terme de persuasion et de prescription. Mais aussi et surtout sur les politiques, pour ce qui est de la pérennité de l’emploi qu’ils représentent.

Sans oublier les médias. Ces derniers ne parlent que très rarement des politiques mises en place par les laboratoires pharmaceutiques. Trop compliqué peut-être à expliquer ? et pas assez vendeur ? Savoir et expertise valoriseraient la fonction du fabricant de médicaments, du laboratoire découvreur de nouvelles molécules.

Savoir et pouvoir - L’industrie pharmaceutique est estimée comme l’acteur principal de la recherche médicale pour un tiers des personnes interrogées.

Aux États-Unis, le coût de la recherche sur le cancer a représenté 100 milliards de dollars depuis que Nixon en 1971 avait décrété « War on cancer » et le coût des soins a atteint 90 milliards de dollars en 20 ans.

La réduction de la mortalité du cancer du poumon liée aux campagnes contre le tabac, mais aussi le dépistage plus précoce ainsi que des anticancéreux plus ciblés comme Avastin ont participé à cette baisse de mortalité dans ce pays en proie à l’obésité et ce qu’on appelle vulgairement « la malbouffe » qui favorise l’apparition des cancers.

Chaque année, quelque 100.000 cas peuvent être attribués au surpoids. - Trop manger ? ou mal manger avec trop de pesticides ? Et de colorants ?

Reprenons les propos de cette femme française qui est malheureusement décédée quelques temps après[…] « heureusement avec la carte vitale, on est pas obligé d’avancer l’agent […] Tout est pris en charge. C’est vraiment un plus énorme. D’ailleurs ce n’aurait pas été possible ! Et puis, il ne manquerait plus que ça […] : être malade et devoir financer son traitement ! Non franchement, ce serait pas possible ! »


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Publié le: 18 mai 2010
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