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Mafalda, de Quino« Lutter contre les violences à l’école. »

Le chef de l’État a déclaré récemment souhaiter mobiliser les préfets, procureurs généraux, recteurs et inspecteurs d’académie sur ce thème.

Il a notamment précisé le dispositif concernant l’ouverture d’une dizaine d’internats destinés à accueillir les élèves "perturbateurs" à la rentrée prochaine.

"Il n’y a qu’une seule politique possible, a-t-il dit s’agissant des crimes et délits commis dans les établissements scolaires : être intraitable" en promettant de "rétablir l’ordre et réhabiliter l’autorité".

"On n’est pas libre quand on a peur, a-t-il poursuivi, libre d’apprendre, de progresser, de travailler", plaidant pour "une école de la sérénité, du respect, de la confiance".

Très tôt

En 2004 déjà, le Groupement des industries de l’interconnexion, des composants et des sous-ensembles électroniques (GIXEL) publiait à destination du gouvernement un Livre Bleu.

Il y préconisait de conditionner aux "bienfaits" de ces techniques la population, et notamment les enfants et leurs parents, par l’introduction dès l’école maternelle de la biométrie, de la vidéosurveillance et autres technologies de "contrôle".

Il y était écrit que "les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l’école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou leurs représentants s’identifieront pour aller chercher les enfants."

Bigre !

A Laval on en est pas là, mais les établissements d’enseignements privés secondaires font déjà dans le sécuritaire. Ils se sont depuis longtemps dotés de caméras de surveillance.

Question à choix multiples

Pour faire chuter la délinquance ? Créer un climat de suspicion ? Assurer simplement une surveillance électronique ou remplacer physiquement un surveillant ?

Cochez la case !

Disposée par exemple à l’entrée de l’ISCAL, l’Institut Supérieur Catholique à Laval dont les locaux ont été entièrement réaménagés, avec notamment une aide conséquente du Conseil régional des Pays de la Loire, la caméra visualise (mais au fait enregistre-t-elle ?) le passage des élèves.

En fait, elle « surveille » toute personne qui franchit le porche d’entrée en pierre qui débouche sur un jardin aménagé jadis par des religieux.

Un jardin de curé.

Même chose au portail du Lycée d’Avénières où l’Enseignement diocésain de la Mayenne a disposé 2 caméras électroniques de part et d’autres de l’imposant portail.

A quoi servent-ils ces dispositifs qu’on ne peut pas rater ?

A voir les lycéens qui fument avant d’entrer dans l’enceinte de l’établissement ?

A prévenir d’éventuelles intrusions de groupes de « sauvageons » dans l’établissement ? A éliminer la peur dans l’établissement pour « une école plus sereine » ?

En Mayenne ?

Déjà vu

Dans les Hauts de Seine, la mise en place de caméras de surveillance dans les établissements du second degré, notamment les collèges, date de l’entrée dans le siècle nouveau.

Charles Pasqua qui présidait alors le Conseil général, repris ensuite par Nicolas Sarkozy en 2004, avait inauguré en 2001 les toutes premières installations en expliquant qu’elles allaient faire tomber la délinquance.

Trafic de stupéfiants, racket, violences plurielles…Avec force chiffre à l’appui.

On voit ce que cela a donné une décennie plus tard.

En Mayenne dans le service publique de l’Éducation, on semble en comparaison manifestement en retrait par rapport à ces installations.

Mais pour combien de temps ?

Pas de dispositif de surveillance électronique à l’entrée des lycées publics, comme à Ambroise Paré, Rousseau ou bien Réaumur, des lycées dont la gestion est revenue à la Région Pays de la Loire en vertu des lois sur la Décentralisation.

Ni même dans les collèges.

Là, c’est le Conseil général de la Mayenne qui a la compétence en matière de gestion des installations.

Le Département qui s’est contenté pour le moment d’installer ce qu’on appelle des " totems " à l’entrée des collèges. Mais rien de coercitif !

Ce sont des sortes de panneaux qui rappellent simplement que les établissements qui accueillent des élèves de la classe de Sixième à celle de Troisième sont gérés par le Conseil général.

Comme si l’institution « collège », avec toutes ses composantes humaines, équipe enseignante, élèves et programmations éducatives appartenait et dépendait entièrement au Département.

Mais c’est bien connu, communication bien ordonnée commence, c’est certain, par soi même !


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Publié le: 8 mai 2010
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