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Par Gildas Charlès

Et maintenant ?

Emmanuel Macron, Marine Le Pen, voici donc le duel que 45 % des Français, qui se sont exprimés, ont décidé d’avoir. Ce qui donne déjà une majorité d’électeurs plus ou moins insatisfaits, qui devront se positionner au second tour : abstention, vote blanc ou vote pour l’un des deux prétendants.

Si l’expérience de 2002 se répète, il pourrait être aisé de dire que le prochain président de la République sera M. Macron. Mais cette présidentielle ayant déjà offert de nombreuses surprises, il reste possible qu’elle en offre d’autres, et même des mauvaises.

Arrêtons-nous sur les résultats de ce 1er tour. Et plus particulièrement sur ceux des deux candidats des partis dits de gouvernement ; ceux qui ont été à la tête du pays depuis plus de quarante ans.

François Fillon, représentant de la droite et du centre, ou plutôt d’Une droite et d’Un centre, a donc échoué là où il y a encore un an, tous les commentateurs prédisaient une victoire inratable pour sa famille politique.

Il aura pour lui d’avoir malgré tout réussi un score similaire aux anciens candidats de droite et d’éviter le camouflet d’être dépassé par Jean-Luc Mélenchon. Reconnaissons lui aussi l’honneur de sa démarche face à Marine Le Pen, en indiquant voter pour Macron au second tour.

Il semblait pourtant grand le souhait d’alternance des Français, et de cette France qui serait aujourd’hui encore plus à droite qu’il y a cinq ans. Nul besoin d’en appeler à un vol démocratique, les français ont en conscience considéré qu’il n’était pas l’homme de la situation.

Le bilan est rude pour les responsables LR et UDI, qui par leur enfermement ont préféré privilégier un homme au détriment de leur projet ? Que dire de leur attitude incessante à vouloir casser les concurrents, Macron et Mélenchon en tête, plutôt que de mettre en avant leurs propositions ?

Et que dire de ces responsables politiques de droite qui n’osent appeler à voter pour Macron ? En 2002, RPR et UDF surent profiter du front républicain afin d’élire dans les grandes largeurs Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen ; aujourd’hui certains LR et UDI tergiversent, exigent des garanties, des propositions concrètes pour eux et leurs électeurs. Pire, certains laissent entendre qu’une victoire Le Pen serait acceptable !

J’y vois un effet de la « droitisation » de cette famille politique, commencée avec Nicolas Sarkozy en 2007, réussissant à capter le vote FN en s’appropriant certaines de ses idées. En revendiquant même ce fameux « ni, ni » rompant ainsi les digues entre droite républicaine et extrême-droite.

La banalisation, ou la normalisation, des idées du FN par la droite dite classique explique aussi les scores de Marine Le Pen qui a su en jouer, de son côté, par la dédiabolisation de son discours.

Je n’ai pas souvenir que les électeurs de gauche en 2002 eurent ces précautions de vierge effarouchée ou cette « pudeur de gazelle » quand ils durent faire le choix de voter pour M. Chirac. Et pour ce qui est de la reconnaissance, ils attendent encore.

Des électeurs de gauche qui se retrouvent donc pour la 2e fois en quinze ans exclus du second tour de la présidentielle, Benoît Hamon n’ayant su trouver sa voie et une voix pour se faire entendre. Difficile pour le candidat PS de réunir une famille socialiste divisée, et pour nombre de ses membres tentés par l’expérience Macron.

Pris en tenaille sur sa droite par ce dernier, et sur sa gauche par Mélenchon, assumant par défaut ou à son insu le bilan de François Hollande, difficile pour M. Hamon d’exister. Son score est-il représentatif de l’état réel de la gauche de gouvernement ? Les législatives à venir pourront peut-être apporter une réponse.

Il y aurait pu avoir un autre gagnant de cette présidentielle, Jean-Luc Mélenchon ; son très heureux score, presque 20 % des voix, lui permettait de peser. Cette chance, il l’a en partie gâchée, selon moi, ce dimanche soir en s’obstinant à espérer un autre résultat et surtout en ne prenant pas position face à Marine Le Pen. Qu’il est loin, pour lui aussi, le temps où il fallait faire barrage absolu au FN.

Et maintenant ? Pour ma part, le choix est clair : ce sera Emmanuel Macron. Tout doit être fait pour réunir les Français pour qu’au soir du 7 mai, il puisse être le nouveau président. Son score doit être le plus fort possible, comme il le fut pour Chirac en 2002.

Deux raisons à cela. La première, cela marquera encore plus la réussite de la démarche engagée il y a un an avec le mouvement « En Marche ! », qui se voulait pragmatique, « ni droite ni gauche  » ou « et droite et gauche » selon les points de vue.

La seconde raison, pour que l’alternance souhaitée par les Français puissent se faire sur ce renouvellement tant attendu et qui semble poindre. Les législatives, troisième et quatrième tour de la moulinette électorale, offriront peut-être l’occasion de concrétiser cette nouvelle donne politique.


1 commentaire
  • N’oubliez pas non plus qu’il ne doit pas être permis à un parti d’extrême droite d’accéder au pouvoir ! A cause de son idéologie, A cause de son programme, A cause de l’état d’urgence encore actif avec toutes les procédures d’exception devenues, l’air de rien la norme ...

    La France ne doit pas devenir la Hongrie ou la Turquie dans ses pratiques gouvernementales.

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Je vous fiche mon billet #15

Publié le: 26 avril 2017
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