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Par Gildas Charlès

« C’est quoi ce bordel ? »

En leurs temps certains filèrent des métaphores que d’aucuns considéreraient comme grivoises ou peu amènes pour la gente féminine : «  c’est le sentiment que la France c’est un pays à prendre, comme une femme  » : « Elle a envie qu’on la prenne. Ça lui démange dans le bassin  ». [Dans un souci de totale mauvaise foi, au moins une de ces citations est tronquée ; leurs auteurs sont deux anciens premiers ministres, de droite, NDA]

Donc entendons-nous bien, quand je dis « bordel », ce sera dans le sens de capharnaüm, car loin de moi l’idée de vouloir comparer la France à un lupanar ; et il en est ainsi depuis maintenant six mois.

À droite, Les Républicains s’obstinent à se dire être dans l’opposition. Mais pourquoi ? Par simple principe ? Par incapacité à reconnaître qu’un président de la République et son Premier ministre - issu de leurs rangs - vont mener une politique qu’ils auraient eux-mêmes appliquée s’ils avaient été au pouvoir ? Il n’est qu’à lire la tribune récente de Richard Chamaret ici-même dans leglob-journal pour voir que l’idée de « C’est quoi ce bordel ? » fait son chemin. Se montrer pragmatique et critique vis-à-vis de ce qui est mis en place apparaît être la voie attendue par nombre de français.

À droite toujours, que dire de leur candidat favori à leur présidence, qui lors d’un passage récent à Laval, a remis une couche sur « Le Président a un mépris pour nos territoires. », lui qui ne doit sa « provincialité  » qu’à son élection comme député de la Haute-Loire en 2004… Ah qu’ils devaient être heureux les sarkozystes ce soir-là, en entendant celui qui se veut l’héritier de Nicolas Sarkozy. Mais où est le bilan de la défaite de 2012, pire celles de 2017, tant à la présidentielle qu’aux législatives. Ah, oui j’oubliais, ce ne sont pas eux qui ont perdu mais une majorité de français qui a été trompée et n’a pas choisi la bonne politique à mener. Le jugement de Guy Mollet est encore et toujours confirmé par les dirigeants LR, lui qui évoquait « la droite la plus bête du monde ».

Et à gauche ? Quelle gauche d’ailleurs ? Celle du Parti Socialiste semble moribonde, si ce n’est de temps à autre, un râle qui surgit donnant espoir que le socialisme, pardon la social-démocratie, bouge encore. Qui pour porter cette voix ? Benoît Hamon ? A priori, son score à la présidentielle lui donne peu de crédit. François Hollande ? Certains veulent y croire, mieux espérer son retour, puisque son bilan sera enfin reconnu comme positif. La baisse du chômage (enfin, quand la courbe aura décidé d’arrêter son yo-yo, je m’inverse, je m’inverse plus), c’est lui, le retour de la croissance, c’est lui… Ou cette gauche socialiste qui a su naviguer dans le sillage du mouvement En Marche ! mais pas trop près, pour ne pas être taxée d’opportunisme. Ainsi sauvée, elle peut se permettre d’être critique quand les mesures prises ne sont pas assez « de gauche » et s’en prévaloir dans le cas contraire.

Dénoncer une solidarité à l’envers comme l’a fait Guillaume Garot sur leglob-journal, dire que Macron est le président des riches en omettant certaines mesures qui profitent à tous, me semble être partial. Certes mettre en exergue les mesures qui donnent à penser qu’une « France d’en haut » serait privilégiée face à « celle d’en bas  » est utile, car cela devrait obliger ceux qui ont été élus pour accomplir le programme d’Emmanuel Macron à ne pas oublier certaines promesses et espoirs.

Mais ne pas vouloir reconnaître que notre modèle social nécessite aujourd’hui une refonte profonde pour aider mieux ceux qui en ont besoin et surtout lui permettre d’être au service de chacun de façon plus équitable, serait une erreur. Des efforts de la part de TOUS sont nécessaires, s’appuyer sur nos propres responsabilités pour faire bouger les lignes, permettre aux citoyens de réinvestir le champ politique est l’idée qui a mené à ce bouleversement de la vie politique.

L’autre gauche, celle de la France Insoumise qui se proclame haut et fort comme la seule et véritable opposition à Emmanuel Macron, au-delà de ces têtes d’affiches, qui représente-elle ? « LES français, LA majorité silencieuse » Ah, non logiquement selon les principes de l’élection présidentielle, LES français ont choisi Macron. « Oui, mais ils n’étaient pas majoritaires. »

Certes, mais leur minorité a été plus forte que celle des Insoumis, donc se prétendre la voix d’une majorité silencieuse est pour le moins une gageure. Même leur « leader maximo » reconnaîtrait aujourd’hui qu’Emmanuel Macron a les cartes en mains et LES français avec lui.

Pourquoi LES ? Parce qu’aujourd’hui l’essentialisme qu’implique cette expression « LES » permet une vision, simpliste, de la société et ses composantes. LES médias, LES fonctionnaires, LES patrons, LES religieux (je ne voudrais pas stigmatiser telle ou telle religion), LES, LES…Pourquoi ainsi catégoriser et surtout généraliser ? Non ! DES français ont estimé qu’un DES leurs était le mieux disant pour réformer, même dans la douleur, cette France en leur affirmant que cela sera ferait par EUX et pour EUX.


1 commentaire
  • Je vous fiche mon billet #22 13 novembre 13:53, par Fultrix

    " dire que Macron est le président des riches en omettant certaines mesures qui profitent à tous (.../...)" Pour me convaincre, donnez-moi un exemple concret, s’il vous plaît, parce que moi, je ne trouve pas. Merci d’avance

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Je vous fiche mon billet #22

Publié le: 13 novembre 2017
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