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Par Gildas Charlès

Politiquement incorrect

Il y a 15 jours, j’ignorais le nom des finalistes de la primaire de la droite et du centre et aujourd’hui, Nicolas Sarkozy a été renvoyé par sa famille politique à son foyer, tout comme Alain Juppé, longtemps favori ; tous deux battus, écrasés même par François Fillon.

Et puis, autre étonnement de cette pré-campagne présidentielle, François Hollande qui annonce qu’il ne briguera pas un deuxième mandat en 2017, une première dans l’histoire de cette Ve République. Voilà la voie ouverte à Manuel Valls, son (ancien) Premier ministre, qui a démissionné pour se lancer dans la campagne de la Primaire à gauche.

Ainsi donc la prochaine présidentielle pourrait voir s’affronter deux anciens Premiers ministres, dont les résultats peuvent - ou doivent ? - être juger à l’aune des présidents qu’ils ont servis, à savoir Nicolas Sarkozy et François Hollande. Oui, les deux mêmes présidents dont les Français n’ont pas voulu pour un 2e tour…

Poser la question de la légitimité de leurs candidatures est-ce politiquement correct ? J’entends par là, que nos hommes politiques ont toujours à cœur de nous rappeler les valeurs de probité, d’exemplarité, et tant d’autres.

Or, s’il est un point sur lequel, ils ne semblent jamais comptables, c’est celui de l’efficacité. Comment pouvons-nous accepter de considérer comme capables ceux qui d’années en années donnent le sentiment d’avoir échoué à redresser la France ? Ils sont souvent accusés d’être déconnectés de la vraie vie, c’est même l’antienne classique pour parler de notre élite politique.

Mais ne serait-ce finalement pas nous, électeurs, les plus déconnectés ? Pourquoi s’obstiner à réélire ceux qui ont ainsi tant échoué ? N’avons-nous plus de sens critique ? Il semble donc plus facile pour nous de critiquer ceux qui tâchent de nous gouverner tant bien que mal, que de nous remettre en cause.

Avoir une parole politique libre

En 1984, Laurent Fabius, alors Premier ministre, avait déclaré « le Front national pose de bonnes questions mais y apporte de mauvaises réponses. »

Trente ans que cette rengaine nous est servie tant par la gauche que la droite. Cela n’a pas empêché le 21 avril 2002, 1er tour de l’élection présidentielle qui avait vu Lionel Jospin finir troisième derrière Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac, ni de voir actuellement Marine Le Pen en tête des sondages pour le 1er tour de la présidentielle.

Trente ans et donc et rien n’a changé ; il était déjà politiquement incorrect de dire que le FN pouvait poser de bonnes questions. Tout comme il a été fait procès à Nicolas Sarkozy d’avoir eu une parole libre, ou libérée, sur divers sujets concernant entre autres la nationalité. Thème repris par François Hollande après les attentats en 2015 et qui a provoqué tant de divisions dans son camp.

Avoir une parole libre, aborder des sujets comme étant identifiés de l’autre camp, semblent donc impossible ? Dans mon dernier billet, je m’interrogeais sur certaines idées par rapport au travail et un commentaire m’a taxé de « fillonisme ».

Sommes-nous à ce point contraints par notre façon de penser la politique - Droite-Gauche - que l’idée même de concertation, d’approche pragmatique puisse être vouée à l’échec ?

Je vais continuer à être naïf, candide me dirait quelqu’un, et à poser ici des questions, des éléments de réflexion, afin que tous, citoyens et en conscience, nous puissions dire ce que nous souhaitons pour les années à venir ; et que les choix qui seront à faire en 2017, le soient sans regret.


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Je vous fiche mon billet #6

Publié le: 8 décembre 2016
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