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Par Gildas Charlès

Politiquement incorrect (2)

Une suite, c’est logique ! car ce fil de billets n’est au final que la continuité de la tribune que leglob-journal me permet de signer dans ses colonnes depuis septembre dernier : avec des réflexions et autres questionnements d’un simple citoyen - je maintiens cette position - et partial aussi ; et j’apporte cette précision, car elle me semble utile.

Hollande ayant sans majesté, mais avec dignité et gravité, annoncé son retrait, ils sont officiellement 7 à briguer l’investiture au sein de la Belle Alliance populaire, ce mouvement fédérateur (?) initié par le Parti socialiste afin de désigner le candidat de la Gauche au cours des primaires de janvier prochain.

Bennhamias, Hamon, Montebourg, Peillon, Pinel, de Rugy, et Valls vous pouvoir rivaliser d’idées afin d’emporter les voix des électeurs qui voudront bien se déplacer les 22 et 29 janvier 2017 pour choisir celui ou celle qui affrontera Fillon au 1er tour de la Présidentielle. Et des idées, ils n’en manquent pas.

Le dernier billet que j’ai commis aurait pu finir ainsi « Et vous, sur quoi souhaiteriez-vous que les débats portent ? » dans la perspective des choix à faire en conscience et sans regret en 2017. Aussi je vous propose donc cette liste, non exhaustive, de quelques thématiques récurrentes, sur lesquelles il me semble possible de s’interroger, sans parti pris idéologique.

*« Non renouvellement d’un emploi de fonctionnaire sur deux »

La France emploierait trop de fonctionnaires, il faudrait donc en diminuer le nombre pour réduite les dépenses de l’État et autres collectivités. Pourquoi pas, mais cela doit s’accompagner d’une réflexion plus profonde sur l’affection des ressources. Ne pas renouveler un poste sur deux doit se concevoir par un renforcement des recrutements dans les secteurs déficitaires ou dits prioritaires (Santé, Éducation entre autres) et un non-renouvellement plus important dans les secteurs dont les compétences peuvent être assurés autrement.

Non cumul total

*« Réduire le nombre d’entités administratives : communes, communautés de communes, départements, régions… »

Un premier pas a déjà été franchi avec les régions, les effets de cette réduction restent encore à mesurer et à montrer. La France dispose d’une multitude de dispositifs au service des citoyens, et aux compétences parfois redondantes. Une simplification s’impose pour retrouver plus d’efficacité : avons-nous besoin d’autant de communes, de départements ? Il faut donc trouver un équilibre entre la proximité avec les citoyens et l’étendue du territoire sur lequel s’exercerait les prérogatives de cette administration.

*« Interdire le cumul dans le temps et dans le nombre les mandats électoraux ».

Cessons de faire de nos élus des professionnels de la politique, de les croire omniscients et omnipotents. L’argument est usé à force d’être répété : députés et sénateurs estiment que leur mandat local leur permet de garder contact avec le terrain. Comme si tout dialogue entre un député et un maire était impossible ? Un élu ne pourra détenir qu’un seul mandat, quelque soit le poste occupé, et ne pourra être renouvelé en continu qu’une fois.

Un vrai statut pour l’élu

*« L’action politique pour être efficace doit pouvoir s’inscrire dans un temps fini et défini ».

C’est le pendant du non-cumul. Prenons l’exemple du mandat présidentiel : revenir au septennat, de plus non-renouvelable, obligera à une action plus efficace dans le temps, car elle sera non soumise aux aléas de la réélection. Aujourd’hui, avec le mandat de cinq ans, le temps efficace est finalement de combien ? Quatre ans ? Six mois de mise en place, et six mois avant l’échéance pour expliquer tout ce qui n’a pu être fait… 2017 n’est pas encore arrivée que certains en sont déjà à envisager 2022 !

*« Définit un statut de l’élu »

Afin d’établir une base commune quelle que soit la fonction occupée (maire, conseiller départemental, député, etc.) tant en terme d’indemnités, de responsabilités en offrant à tous une immunité - et non une impunité- de façon à permettre au plus grand nombre d’avoir l’envie de s’engager. De même, il serait exigé de chaque candidat à une élection de présenter un quitus judiciaire et fiscal prouvant qu’il est parfaitement en règle vis-à-vis de la République.

*« Donner plus de place aux actions citoyennes »

Les élections sont les seules occasions pour les citoyens : un, de choisir quelles actions doivent être menées ; deux, de sanctionner ceux qui n’ont pas agi comme attendu. Sauf que ces choix se font de plus en plus souvent par défaut : vote pour tel candidat non pour ses idées mais pour contrer un autre ; propositions venant du haut (le candidat, le parti, les experts, etc.) sans prise en compte des expériences réussies, celles du bas, le fameux terrain tant vanté mais si mal connu, ou si peu pris en compte.

Et si c’était cela la voie vers ce qu’on appelle «  faire de la politique autrement » ? En attendant, bonnes fêtes de fin d’année à tous.


2 commentaires
  • Je vous fiche mon billet #7 24 décembre 2016 00:19, par marrie de Laval

    "La France emploierait trop de fonctionnaires" = par rapport à quoi ou à qui ? Un excellent article d’alternative économique (de mémoire) expliquait que ceux qui soutiennent cette affirmation oublient de préciser que dans les pays cités en exemple à suivre, ce qui n’est pas fait par l’Etat est "rétrocédé" au secteur privé, pour des prestations plus chères et parfois moins efficaces. Donc, le sevice existe toujours car le besoin ne disparait pas.

    "Réduire le nombre d’entités administratives" = c’est une illusion. Plus une société civile se complexifie, plus elle nécessite une administration complexe. Reste à définir le territoire efficient pour donner une identité et une cohérence à une zone géographique, sans oublier les guichets délocalisés ou les démarches par internet. En plus, il est primordial de savoir, pour évaluer la vitalité de la démocratie, sous quel statut fonctionne l’entité en charge du territoire et des populations : une collectivité publique ou un simple établissement public ? Et n’oublions pas la question des ressources, c’est à dire des impôts locaux, dont disposent les structures.

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    • Je vous fiche mon billet #7 1er janvier 18:54, par Gildas

      Bonjour et Bonne Année Marrie.

      En valeur absolue la France est championne, en valeur relative, elle se place bien au dessus de la moyenne européenne, mais très en dessous des pays nordiques.

      Oui les besoins demeurent, les rétrocéder au privé peut être une solution si les fameux PPP, partenariats public-privé, sont soumis à un meilleur contrôle, et surtout plus de transparence.

      La société se complexifie sans doute mais nous disposons aujourd’hui d’outils qui permettent de contrebalancer cette complexité. Nombre de démarches se font aujourd’hui en ligne, qui source d’économies et/ou de réaffectation de ressources pour plus d’efficience.

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Je vous fiche mon billet #7

Publié le: 23 décembre 2016
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