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Photo dans la revue d'Ambroise Paré - l'examen d'un malade - Jean-Baptiste Bertrand, in Musée Charles de Bruyères (Remiremont)C’est le n° 97. Plus que trois et ce sera le centième. En attendant sa couverture est toute vêtue de rouge et de blanc. Les couleurs du Japon. Et pour les Fêtes qui arrivent, un joli cadeau. Gros plan sur la dernière livraison de L’Oribus, cette revue de « recherches, découvertes, témoignages, et souvenirs sur le mouvement social en Mayenne » dont le slogan est « Histoire et société en Mayenne ».

- Par Édouard L.

Ambroise Paré est donc à la une de la revue. Paré fait la cover-story comme on dit dans le jargon de la presse. Ambroise Paré qui est né en 1510 au Bourg-Hersent, en Mayenne, près de Laval - en pleine Renaissance - est selon la revue mayennaise L’Oribus qui lui consacre un dossier « incontestablement le lavallois le plus illustre et le plus connu aujourd’hui dans le monde ».

Le père de la chirurgie moderne

C’est ce qu’écrit Jean-Yves Gougeon qui affirme que « les œuvres d’Ambroise Paré, chirurgien (…) ne seront connues dans un Japon refermé sur lui-même que 150 ans plus tard. » après leurs diffusion dans le nord de l’Europe. Car les œuvres fruit des recherches de l’insatiable médecin et chirurgien des champs de batailles ont irriguées toute l’Europe en commençant par les Pays Bas où elles sont apparues en 1592, puis l’Allemagne en 1601, l’Angleterre en 1634 et enfin le Japon en 1706. Très tardivement donc et peut-être par le truchement d’un officier de marine hollandais.

Dans l’article abondamment illustré de croquis, et de reproductions mais aussi de photos contemporaines, on y voit par exemple un « trousse de trépanation dite d’Ambroise Paré ». Le chirurgien humaniste a également mis au point la ligature des artères, - ce qui fut une très grande avancée - qu’il substituera à la cautérisation dans les amputations notamment ; cautérisation qui se faisait parfois avec de l’huile bouillante. De la douleur ajoutée à la douleur.

Le barbier-chirurgien

« La main doit mettre en usage ce que la raison ordonne » disait Ambroise Paré en parlant de chirurgie. Mais cela n’empêchait pas le scientifique plein de raison raisonnable de s’en remettre à Dieu. Il a écrit :« Je le pensai(...) Dieu le guérit ». Dans cette article de L’Oribus, on voit aussi comment la diffusion de la pensée scientifique et médicale du lavallois - avec notamment l’exemple de la « suture sèche » - s’accommode de l’œuvre originale du maître. Vous découvrirez comment la traduction et l’interprétation agissent pour vulgariser.

Treize pages sont donc consacrées à Paré, le chirurgien du roi et des champs de bataille, qui a enrichi son savoir anatomique en observant presque sans relâche malades et cadavres, quand il fut jeune barbier-chirurgien. Le lavallois que les mayennais s’enorgueillissent à idolâtrer - tout comme les japonnais apparemment - fut considéré comme le père de la chirurgie moderne. Normal finalement qu’il fasse la cover-story de L’Oribus.

Jean-Yves Gougeon qui fut adjoint à la culture d’André Pinçon le maire de Laval, nous raconte aussi l’histoire qu’il a vécu de l’intérieur. Celle de cette lanterne traditionnelle en pierre, appelée toro. Elle se trouve depuis 1991 au Jardin de la Perrine à Laval. Cette pièce a été offerte par Le Comité Ambroise Paré du Japon. Un collectif autour de l’illustre lavallois qui compte 400 membres au pays du soleil levant. Le dossier s’appuie - comme à chaque fois - sur une historiographie abondante que l’auteur cite à la fin de son écrit.

Un curé de l’Ancien Régime

La chaire de l'église ou le curé distillait sa parole (c) Photo Michel Ferron

Dans cette dernière livraison de L’Oribus avant la fin de l’année, signalons ce dossier très détaillé également sur le pyromane de Loiron qui a sévi pendant plus d’une année aux alentours de cette bourgade, en incendiant moult fermes. Au delà du fait-divers, ces 25 pages écrites par Christophe Tropeau nous donnent l’occasion d’apprendre un peu plus de la vie rurale en Mayenne - au tournant du siècle - dans les années 1890.

L’Oribus 97 fait aussi un gros plan sur un curé de l’Ancien Régime. Il fut en poste à Bonchamp près de Laval ; Jacques-Alexandre Mesnard du Hallay, c’est son nom, y occupa la cure de 1743 à 1773, bien avant donc la Révolution Française. Sous la plume de Michel Ferron, on y apprend que le curé allait s’investir pour embellir son église et se montrer « défenseur des intérêts de la paroisse  » La chaire (ci-contre) en fer forgé, « joyau de l’édifice », est ainsi essentiellement financée par lui. L’occasion également pour l’auteur de l’article « d’approcher la vie d’un gros bourg rural mayennais » sur la fin du régime moribond.

Signalons enfin, au sommaire, le Poilu de Garango (ville du Burkina Faso jumelée avec Laval) par Françoise Marchand et l’évocation (par Bernard Sonneck) du mayennais de Chemazé Louis Prodhommme qui fut à la tête de la fanfare de la célèbre Garde Républicaine.

L’Oribus N°97 – Novembre 2016


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L’Oribus, revue d’Histoire et société en Mayenne

Publié le: 14 décembre 2016
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